Le maire de Shawinigan, Michel Angers, était fier d’annoncer une entente avec ses pompiers, mardi matin.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers, était fier d’annoncer une entente avec ses pompiers, mardi matin.

Une négociation sur pause pour les cols bleus de Shawinigan

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Maintenant que le délicat dossier des pompiers est réglé à l’hôtel de ville de Shawinigan, l’attention se portera sur les négociations avec les cols bleus en terme de relations de travail. Leur convention collective est échue depuis le 31 décembre et la crise sanitaire a imposé une pause au processus.

Le Syndicat des cols bleus de la nouvelle Ville de Shawinigan a élu un nouveau président le... 11 mars. Jean Duchesne a ainsi remplacé Jean-Yves Déziel. Depuis son arrivée, il a notamment exprimé sa déception à la Ville lorsqu’elle a annoncé ses mises à pied, le 26 mars. Dans son communiqué, elle relevait qu’elle n’était pas parvenue à une entente avec les représentants des cols bleus.

«Nous avions aussi fait beaucoup d’efforts, mais ce n’était pas comme ce que la Ville voulait», mentionne M. Duchesne, qui représente 125 membres. «Des ententes ont été prises. À la suite de ça, j’ai écrit des lettres et ça s’est arrangé.»

Par exemple, les cols bleus ont accepté de remodeler leurs horaires pour le travail et le dîner, pour éviter l’arrivée ou le départ massif d’employés. Les mesures de distanciation sont évidemment appliquées. M. Duchesne observe que le coronavirus a semé de l’anxiété chez ses membres de plus de 60 ans. «Mais on finit par s’adapter», constate-t-il.

En ce qui concerne les négociations, elles sont tombées au point mort en raison de la COVID-19. «Il n’y a rien qui se passe», témoigne M. Duchesne. «C’était bien parti. On réglait des points normatifs. Nous avons décidé de tout arrêter parce que de toute manière, on n’était pas capable de se voir.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, prenait le temps de savourer la nouvelle paix syndicale avec les pompiers, mardi, avant de s’aventurer sur le terrain des cols bleus.

«On y travaille», commente-t-il. «Nous avons pris le gros morceau, celui de l’association des pompiers et nous l’avons réglé de la bonne façon. Espérons que ça va donner des idées à tout le monde, autant du côté patronal que syndical. Mieux vaut une entente négociée qu’une entente imposée.»

M. Angers a profité de l’occasion pour remercier les pompiers de ne pas avoir adopté des moyens de pression qui auraient perturbé le climat social.

«C’est tout à leur honneur», se réjouit-il. «Ça fait partie des façons de faire qui nous permettent d’arriver avec des ententes.»

M. Duchesne considère que l’enjeu principal de cette négociation consistera à maintenir les conditions de travail. «Avec cette histoire de COVID, je ne sais pas trop comment ça va aller.»

Rappelons que la nouvelle convention collective qui unit la Ville et l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan s’étendra jusqu’en 2025, avec des hausses de salaire annuelles de 2 %.

«Ça n’a pas toujours été rose, leur négociation», partage M. Duchesne. «Je suis content pour eux que ce soit réglé. Il était temps!»

Du côté des cols blancs, les quelque 140 salariés sont régis par leur convention collective jusqu’au 31 décembre 2021. Enfin, l’entente avec le personnel-cadre et non syndiqué est aussi échue depuis le 31 décembre 2019.