De nombreux citoyens ont signé la pétition de Shawinigan citoyens avertis, mardi soir.

Une mobilisation qui revigore

SHAWINIGAN — Karine Bussière était loin de se douter que le simple questionnement de son compte de taxes avec les voisins de son quartier, au début janvier, entraînerait une mobilisation de l’ampleur de celle vécue mardi soir à l’Auberge Gouverneur. Très sollicitée au cours des dernières semaines par des citoyens en colère, elle s’attend maintenant à des gestes concrets du conseil municipal.

«Les Shawiniganais se sont unis», sourit Mme Bussière. «Je suis partie d’une petite affaire pour en arriver là. Je suis contente du travail accompli.»

La résidente du Domaine du Havre espère maintenant que des solutions seront proposées au cours des prochains mois pour soulager le portefeuille des contribuables.

«Il faut laisser les élus réfléchir», suggère-t-elle. «Je m’attends à ce qu’ils nous proposent des solutions dans les mois à venir. Ça peut être la possibilité de payer nos taxes en quatre paiements, moins d’intérêts sur les arrérages, étaler les augmentations (d’évaluation) sur trois ans...»

«Je comprends le maire de vouloir investir et je crois qu’il faut le faire, mais il faut aussi regarder les dépenses», insiste Mme Bussière. «Je ne suis pas dans l’administration quotidienne, mais je suis certaine qu’on peut toujours améliorer la situation.»

Cette soirée a également contribué à sortir le mouvement Shawinigan citoyens avertis des boules à mites. Très discret au cours des derniers mois, il est réapparu avec une pétition demandant l’intervention du gouvernement du Québec dans la gestion de Shawinigan. La porte-parole, Catherine Durocher, estime sommairement à près de 200 le nombre de citoyens qui ont signé cette déclaration. Elle veut demander à la députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, d’appuyer la présentation de cette pétition à l’Assemblée nationale.

«J’étais fière du monde de Shawinigan!», lance Mme Durocher. «Souvent, les gens chialent dans leur maison, en prenant leur café, mais ils ne s’expriment pas publiquement.»

«J’ai vu des gens choqués. L’exercice n’était pas mauvais, mais le maire a beaucoup dit que des gens ne comprenaient pas bien. Des citoyens en ont été insultés. Ce n’est pas qu’ils ne comprennent pas le calcul. Ils ne comprennent pas que leur évaluation puisse être si différente d’une année à l’autre.»

Mme Durocher propose de suivre attentivement les dépenses au cours des prochains mois, au-delà des services normaux qu’une municipalité doit assumer. Elle s’attardera particulièrement au projet de la marina et à sa gestion, pour laquelle la Ville vient de publier un avis d’appel d’intérêt jusqu’au 15 février.