Simon Bournival

Une messe le 25 décembre pour les paroisses Saint-Frère-André et Saint-Christophe

LOUISEVILLE — Le manque de prêtres et leur âge avancé ont failli avoir raison des messes du 25 décembre dans la MRC de Maskinongé. Mais après certaines requêtes, les catholiques des secteurs de Louiseville et de Saint-Alexis-des-Monts auront finalement l’occasion de participer à une célébration eucharistique le jour de Noël.

L’équipe pastorale paroissiale des paroisses Saint-Frère-André et Saint-Christophe a réajusté son tir après avoir prévu que les messes de Noël seraient limitées au 24 décembre dans chacune des communautés.

«Le but était de mettre l’équipe de prêtres au travail le 24 au soir, car il y a beaucoup de monde qui vient à ces célébrations. Il y a une messe avec un prêtre, une eucharistie complète. Et la plupart des prêtres font deux messes. Mais avec les prêtres qui vieillissent, l’équipe pastorale voulait leur accorder un repos (pour le 25 décembre). On a entendu les gens qui avaient de l’insatisfaction de ne pas avoir de messe officielle le 25 décembre. On le fera, mais par paroisse, soit une à Louiseville pour la paroisse Saint-Frère-André et une à Saint-Alexis pour la paroisse Saint-Christophe», annonce Simon Bournival, animateur diocésain au diocèse de Trois-Rivières.

M. Bournival précise que les communautés peuvent tenir des célébrations de la parole avec communion le jour de Noël. Avec le tournant missionnaire entrepris au début de 2018, il faut privilégier différentes façons de se réunir pour ce genre d’activité religieuse.

Le tournant missionnaire du diocèse de Trois-Rivières a fait naître 13 paroisses qui englobent plusieurs communautés. Ces paroisses sont desservies par 39 prêtres, dont les 10 prêtres modérateurs qui gèrent les 13 paroisses. L’âge moyen de ces 39 prêtres est de 75 ans.

Le tournant missionnaire ne fait pas que des heureux: des personnes sont insatisfaites de voir que des messes sont maintenant offertes en moins grand nombre.

«Le tournant amène des changements. C’est la réalité de l’ensemble du Québec devant la baisse de la fréquentation des célébrations. On ne peut plus faire les choses comme avant. On tente d’offrir le même service avec une réalité qui est le manque de prêtres. Le changement crée des insatisfactions et des déceptions, mais il faut s’adapter à de nouvelles réalités», déclare M. Bournival.

S’il y a une profession qui est en pénurie, c’est bien celle de prêtre. La relève se fait rare et la capacité de payer des paroisses a des limites, elles qui sont aussi confrontées à entretenir des bâtisses avec moins de revenus qu’il y a quelques années. Selon Mélanie Charron, coordonnatrice de la pastorale d’ensemble au diocèse de Trois-Rivières, l’embauche d’un prêtre représente pour une paroisse un montant variant entre 40 000 $ et 50 000 $ (incluant le salaire annuel variant entre 25 000 $ et 30 000 $, la charge de l’employeur, les allocations de transport et de logement, etc.).

«Avec le tournant missionnaire, on doit avoir des infrastructures, mais aussi des ressources humaines. Pour les besoins canoniques, on a des prêtres actifs en quantité suffisante. C’est plus difficile quand vient le temps des célébrations eucharistiques. On en souhaite davantage, mais la capacité de payer n’est pas là. On regarde l’avenir des églises pour être sûr d’avoir les ressources humaines suffisantes», explique-t-elle.

Devant le manque de relève locale, les diocèses se tournent vers l’international pour recruter des prêtres. Le diocèse de Trois-Rivières a accueilli en septembre deux prêtres du Congo. Ceux-ci seront bientôt mis à contribution pour les célébrations eucharistiques. Mais auparavant, ils doivent suivre une formation et s’acclimater à une société différente à bien des égards.