Richard Maziade, responsable de la Table des résidences privées pour aînés-Mauricie.

Une mauvaise publicité pour l’ensemble des résidences pour aînés

Trois-Rivières — «La Table des résidences privées pour aînés (RPA)-Mauricie est là pour mettre en valeur les résidences pour personnes âgées et c’est sûr qu’une résidence qui est moins adéquate, ce n’est pas bon pour notre réputation», se désole Richard Maziade, directeur de la résidence Le Jardin, à Trois-Rivières, et responsable de la Table des RPA-Mauricie, dans la foulée de la situation qui prévaut actuellement aux résidences Chemin du Roy, au centre d’une enquête après des allégations de maltraitance envers ses résidents.

«La qualité des services et des soins en RPA est excellente dans la très grande majorité des résidences privées pour aînés», soutient Richard Maziade. Il salue au passage le travail de la ministre Marguerite Blais, responsable des Aînés et des Proches aidants. Il dit croire à sa sincérité et la trouve proactive. Cependant, ajoute-t-il, le souhait qu’elle a émis de ne plus voir de résidences pour aînés fermer leurs portes repose sur la foi qu’elle a dans la certification émise par le Centre intégré universitaire de Santé et Service sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). Or, tout porte à croire que les résidences au centre de la présente problématique ne satisfaisaient pas les critères de la certification, bien qu’elles la détiennent, commente-t-il.

«L’existence d’une RPA certifiée moins adéquate peut être créée par l’iniquité des soins à domicile et l’absence de financement de ces services en RPA par le CIUSSS», avance M. Maziade. Il se questionne sur le fait que les aînés qui reçoivent de l’aide du CIUSSS dans leur maison n’aient plus accès aux mêmes soins lorsqu’ils déménagent en RPA, sans que les RPA ne soient compensées financièrement pour les soins qu’elles assument désormais. «Cette iniquité engendre la hausse des loyers et la fermeture de bonnes RPA, incapables d’arriver financièrement», déplore-t-il.

«Actuellement, il y a beaucoup de personnes âgées semi-autonomes dans leur maison, sans sécurité, avec une nutrition déficiente et une mauvaise prise de médication. Elles ont une à deux visites par jour du CIUSSS, ce qui coûte très cher au réseau public. Ces gens sont en recherche d’une RPA avec soins, mais aucune aide financière ne leur est offerte», maintient M. Maziade.

Au CIUSSS MCQ, on relate avoir récemment tenu des rencontres avec des petites RPA. «On veut voir comment on peut soutenir ces partenaires-là, qui sont essentiels», déclare Guillaume Cliche, agent d’information au CIUSSS MCQ. Il concède par ailleurs que les petites RPA ont la réputation d’offrir une plus-value dans les services et les soins qu’elles assurent, à un coût moindre.

Au cabinet de la ministre Blais, on constate d’abord que le dossier est complexe. «On s’est assuré qu’il y ait une enveloppe dédiée et que l’argent descende directement aux usagers et aux résidents», relate cependant Caroline Dussault, attachée politique de la ministre. Un suivi va être fait, promet-elle.