Chantal Héroux et Raymonde Cossette, les propriétaires de la Miniferme du Boisé de Saint-Tite, avec la vache Maggie.
Chantal Héroux et Raymonde Cossette, les propriétaires de la Miniferme du Boisé de Saint-Tite, avec la vache Maggie.

Une maison de retraite pour animaux

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
SAINT-TITE — À la retraite de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe, la vache à hublot Maggie coule maintenant des jours paisibles à Saint-Tite. Le ruminant habite maintenant à la Miniferme du Boisé, un endroit de repos pour plusieurs animaux.

«Nous accueillons des animaux à la retraite ou qui nous sont confiés par un refuge qui ont été notamment négligés», explique Raymonde Cossette, la copropriétaire des lieux avec sa conjointe Chantal Héroux.

Parmi les pensionnaires de l’endroit, on retrouve depuis peu la vache à hublot Maggie, âgée de 17 ans. Cette vache laitière fistulée retraitée de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe a une canule fermée par un clapet ce qui donne accès à un de ses estomacs. Cette ouverture sur le côté de la vache permet aux vétérinaires d’avoir accès au rumen de l’animal et ainsi pouvoir notamment extraire des bactéries de son système digestif pour soigner d’autres vaches malades.

«Dans sa vie, elle a contribué à sauver environ 500 vies de vaches, chèvres ou alpagas», souligne Raymonde Cossette, pleine d’admiration pour sa nouvelle pensionnaire.

«Quand il y a des animaux malades, les vétérinaires vont aller chercher le jus bactérien pour le donner directement par intubation orale à l’autre animal.»

La vache Maggie a un hublot sur le corps qui permettait aux vétérinaires et chercheurs de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe d’avoir accès au rumen de l’animal. Ayant ainsi accès à un des estomacs de la vache, les vétérinaires peuvent extraire des bactéries du ruminant pouvant contribuer à soigner des congénères malades.

Après des années passées au service de la médecine vétérinaire, Maggie peut finir ses jours à Saint-Tite entourée de plusieurs autres animaux. «Elle est très très affectueuse», confie Mme Cossette, qui précise que Maggie n’est pas seule. «On a accueilli avec elle Lulubelle, son inséparable amie.»

La Miniferme du Boisé est partenaire du Refuge de Galahad, un organisme qui veille à la défense des droits des animaux. Installée à Saint-Tite depuis sept ans déjà, la Miniferme du Boisé compte maintenant 400 animaux. Avant de s’établir sur le chemin du Haut du Lac Sud à Saint-Tite, cette ferme se trouvait dans le secteur Saint-Georges-de-Champlain à Shawinigan. Mais en raison de la construction d’un parc industriel, la ferme avait été expropriée.

«Nous avons construit un petit village western à l’intérieur de la ferme. Les animaux ont des bâtiments westerns, alors c’est bien l’fun», mentionne Raymonde Cossette.

Si la ferme compte près de 400 bêtes, ses propriétaires aimeraient bien en accueillir davantage. D’ailleurs, les animaux cherchant des refuges sont très nombreux. «Mais on ne peut malheureusement pas tous les accueillir. On aimerait bien ça, mais il y a des coûts qui sont rattachés à l’accueil des animaux», avoue Mme Cossette. «On a commencé en achetant des poussins dans une ferme de Pâques et là on a 400 têtes. Et lorsque nous avons déménagé à Saint-Tite, nous avions 11 jeunes en famille d’accueil à la maison.»

Une ferme touristique

Pour réussir à mener sa mission à bien, la Miniferme du Boisé accueille des visiteurs petits et grands. Ceux-ci peuvent découvrir des espèces animales et en apprendre beaucoup sur elles. En plus des vaches, on retrouve sur place des chevaux, des alpagas, des chèvres, des moutons des lapins ainsi que plusieurs volatiles.

«Nous n’avons pas de subvention. Nous sommes vraiment une ferme touristique. On accueille donc des groupes scolaires, des familles, des fêtes d’enfants ou encore des camps de jour. Les sous vont directement dans les ventres des animaux», note Raymonde Cossette.