Olivier Pagé est entouré sur la photo de Rémi et Mario Massicotte.

Une journée de rêve pour Olivier

Saint-Prosper — C’est un jeune homme tout sourire qui est arrivé à la ferme la Bisonnière de Saint-Prosper dimanche matin après une belle randonnée de motoneige. Olivier Pagé, atteint de paralysie cérébrale, a eu droit à une véritable journée de rêve et de liberté en compagnie d’une soixantaine de motoneigistes réunis pour l’occasion.

À son arrivée après une bonne randonnée entre Trois-Rivières et Saint-Prosper, Olivier Pagé affichait en effet le large sourire d’un homme heureux. Il confiait qu’il s’était bien amusé et qu’il avait adoré sa randonnée de motoneige. «J’ai vécu une journée mémorable», nous a écrit Olivier Pagé en fin de journée, plus à l’aise de s’exprimer par écrit que par la parole.

Cette journée de rêve était inespérée pour ce jeune homme de 29 ans. En décembre dernier, Le Nouvelliste publiait une chronique d’Isabelle Légaré où Olivier Pagé témoignait du poids de la solitude. Il s’était d’ailleurs tourné vers les réseaux sociaux pour trouver l’amitié et l’amour. 

Mario Massicotte, un agriculteur et conseiller municipal à Saint-Maurice, a été très ému lorsqu’il a lu le témoignage d’Olivier Pagé. Lui et son fils Rémi, qui a presque le même âge qu’Olivier, ont décidé de lui organiser une journée de rêve où ils pourront également amasser des fonds pour l’Association de la paralysie cérébrale. 

«J’ai été ému et j’ai voulu aller plus loin. J’ai senti le cri du cœur d’Olivier et ça m’a frappé», avoue M. Massicotte. 

L’organisation de cette journée nécessitait des fonds. Lors de l’achat de sa nouvelle motoneige à Motosport 4 saisons, Mario Massicotte s’est entendu avec le commerce pour faire baisser le prix d’achat de son engin et ainsi pouvoir, avec l’entreprise, allouer des fonds à cette journée de rêve.   

«C’était aussi pour amener de l’argent pour l’Association de la paralysie cérébrale. On a juste à se mettre une heure dans la peau d’Olivier et personne ne va vouloir changer de place avec lui. On croit qu’on a de gros problèmes, mais lorsqu’on regarde les problèmes d’Olivier, ils sont pas mal plus petits», souligne M. Massicotte. «Olivier nous donne à tous une leçon de vie.»

En effet, la paralysie cérébrale est une maladie cruelle qui atteint notamment les fonctions motrices et du langage d’une personne. Cela ne change toutefois pas les capacités intellectuelles de la personne. Voilà pourquoi les personnes atteintes de paralysie cérébrale se disent prisonnières de leur corps.   

Olivier et Rémi ont partagé la même motoneige, pour le plus grand plaisir des deux jeunes hommes qui se disaient ravis de l’expérience. Du même âge, ils ont développé une belle relation. Olivier Pagé avoue que de se faire de nouveaux amis était très important. 

«On a eu beaucoup de fun ensemble, c’était le but», souligne Rémi Massicotte, le chauffeur désigné de cette journée de rêve. 

Michèle Pagé était très fière de son fils après la randonnée. Celle qui lui offre au quotidien un soutien indéfectible a laissé son garçon partir seul en randonnée avec le groupe de motoneigistes du Club de motoneige de Champlain. 

«Ce n’est que du bonheur pour moi et que d’émotions», confie-t-elle. «Ce que nous ne voyons pas c’est aussi l’avant, la préparation de cette journée. L’émotion d’Olivier de faire ça avec Rémi, c’est vraiment quelque chose pour lui. Les deux se sont écrit par Internet pour préparer tout ça. C’est vraiment quelque chose de particulier que des gens avec de grands cœurs qui n’ont pas côtoyé de personnes handicapées peuvent faire quelque chose comme ça. C’est assez extraordinaire.»

Âgé de 29 ans, Olivier Pagé est un jeune homme tout à fait normal qui a envie de liberté. Partir en motoneige sans sa mère lui a offert ce sentiment d’autonomie recherché par tous les jeunes. «À travers le handicap, il y a un être assez exceptionnel. Il a toute sa tête, mais pas son corps», précise Michèle Pagé. «Je suis toujours dans sa vie. Ce qui est important c’est d’avoir des personnes significatives dans sa vie comme Rémi et de rencontrer des gars qui ont le même âge. C’est difficile quand tu n’as pas de communication. Alors il est toujours seul. La solitude c’est difficile.»

Michèle Pagé était donc extrêmement heureuse de voir son fils voler de ses propres ailes. «Ça n’enlève rien à maman et elle comprend très bien», disait-elle en riant.  

Le cortège d’une quarantaine de motoneiges a été aidé par plusieurs services de sécurité incendie et de police. En effet, des pompiers de Saint-Narcisse ainsi que de Saint-Stanislas de même que des policiers de la Sûreté du Québec et de Trois-Rivières ont soit bloqué des rues ou escorté le groupe pour assurer la sécurité. Les organisateurs de l’événement se disaient très reconnaissants.