Voici à quoi pourrait ressembler l'horloge astronomique, rêvée par l'ébéniste Luc Laramée.

Une horloge astronomique hors de l'ordinaire

Un projet inusité d'horloge astronomique, mis de l'avant par l'ébéniste Luc Laramée, intéresse le Cégep de Trois-Rivières qui a débuté une collaboration avec l'artiste pour sa réalisation.
M. Laramée confie avoir vu la première fois son horloge astronomique dans un rêve il y a 4 ans et que depuis, cette vision ne l'a plus quitté au point que pour s'en délivrer, il ne voit d'autres façons que de la concrétiser. «D'une simplicité étonnante, je ressentais à l'imaginer toute la richesse de son enseignement.»
Philosophe à ses heures et initié aux valeurs amérindiennes, Luc Laramée a imaginé une horloge en forme de table circulaire montrant la terre tournant autour du soleil... en temps réel! L'idée, explique-t-il, est d'élever sa conscience par rapport à la place que chacun occupe dans l'univers... ce qui ne peut que relativiser toutes entreprises humaines.
L'horloge cosmique indiquera donc les heures, bien sûr, les dates, les mois, les saisons «mais surtout, insiste M. Laramée, elle nous révélera l'endroit où nous nous trouvons dans l'espace ainsi que la vitesse à laquelle nous nous déplaçons.»
Si tout le monde comprend bien le principe du système solaire, peu de gens prennent le temps de vraiment conceptualiser leur propre place dans cet univers, croit-il.
L'horloge astronomique devrait permettre de le faire en montrant, entre autres, que le soleil ne se lève ni ne se couche vraiment, que la nuit n'est pas une absence de lumière (puisque le soleil ne disparaît pas) mais simplement une zone d'ombre temporaire, le temps que le vaisseau fasse un demi tour.
Enfin, l'horloge démontrera que les terriens parcourent une distance inimaginable autour du soleil en seulement 365 jours.
La prise de conscience de ces faits devrait permettre aux visiteurs de l'horloge de mieux évaluer l'importance et le pouvoir qu'ils pensent avoir. «Nous ne sommes pas au centre de l'univers et tout ne tourne pas autour de nous», insiste M. Laramée.
Du côté du Cégep de Trois-Rivières, Lucie Comeau, directrice des études, confirme l'intérêt de cet établissement d'enseignement à réaliser ce projet original et d'une grande beauté.
«C'est un dossier qui avance. Le Cégep interviendrait au niveau de la conception du mécanisme, ce qui impliquerait plusieurs départements. J'en ai parlé et ils se sont montrés intéressés. On parle ici d'étudiants en techniques de troisième année, en génie mécanique et génie électrique, supervisés par deux enseignants et accompagnés d'un physicien pour les calculs. Il s'agit d'Éric Allan, l'astronome bien connu qui s'occupe de l'observatoire de Champlain. C'est notre équipe. Si on se rend jusqu'au bout de la réalisation, ce pourrait être un beau projet étudiant.»
Cela dit, Mme Comeau reste prudente quant au résultat final de ces négociations puisque le Cégep n'a aucun contrôle sur plusieurs éléments de ce dossier.
«Des enseignants ont déjà présenté des choses à M. Laramée mais ils sont confrontés à des défis techniques qui impliquent d'autres démarches du concepteur. Mais nous restons intéressés parce que c'est un projet de la région et qu'il pourra servir à développer des compétences en Mauricie. Les cégeps sont là pour ça.»
Entre autres problèmes à régler, M. Laramée veut utiliser un globe terrestre de conception nouvelle, d'une valeur de 45 000 $, une sphère appelée Magic Planet Digital Video Globe, qui viendra influencer la technique utilisée pour concevoir la table de l'horloge astronomique. Un voyage en Californie est prévu pour aller voir et qui sait, ramener le globe en question.
Maintenant, où prendra place la fameuse horloge astronomique une fois terminée? M. Laramée reste vague: le Cosmodôme, le Planétarium ou un observatoire. Tout dépendra des offres.