Tout autant que le député Pierre Giguère, des membres de l’association libérale du comté de Saint-Maurice ont durement encaissé le choc la semaine dernière, lorsque le chef, Philippe Couillard, a confirmé le choix de Julie Boulet comme candidate lors de la prochaine élection.

Une fusion prévue le 1er mars

Shawinigan — Le Parti libéral du Québec devrait confirmer, le 1er mars, la fusion des associations des comtés de Saint-Maurice et de Laviolette en une seule entité, pour ainsi respecter la nouvelle carte électorale en vigueur lors de l’élection du 1er octobre. Difficile, pour le moment, de savoir qui prendra le leadership de cette association, puisque les deux présidents sortants ont décidé de passer à autre chose.

Dans Laviolette, Jean Montemiglio a déjà présenté sa démission, en raison d’ennuis de santé. Personne n’a pris sa place étant donné la fusion prochaine. Du côté de Saint-Maurice, Guy Lemieux terminera son mandat, mais il n’est pas intéressé à poursuivre son implication dans la nouvelle association. Les dernières semaines ont laissé des traces.

Tout autant que le député Pierre Giguère, des membres de l’association libérale du comté de Saint-Maurice ont durement encaissé le choc la semaine dernière, lorsque le chef, Philippe Couillard, a confirmé le choix de Julie Boulet comme candidate lors de la prochaine élection. La pilule finira bien par passer, mais au-delà de la décision, M. Lemieux garde un goût amer du processus de sélection.

«Ça a manqué d’élégance», laisse-t-il tomber. «Mais est-ce qu’il y a de l’amertume? Non. Sur le coup, il y a une déception, on ne peut pas s’en cacher. Nous sommes déçus parce qu’on croyait en notre groupe, on avait du plaisir à travailler ensemble. Fort probablement que des gens vont en profiter pour prendre un pas de recul, mais d’autres vont continuer.»

«On nous avait annoncé que la décision serait connue avant la fin décembre», explique M. Lemieux. «Ça a traîné un peu. C’était dérangeant, on se demandait quand ça se ferait. L’autre affaire, c’est qu’on pensait, honnêtement, qu’ils viendraient nous voir, qu’ils nous consulteraient un peu. Je ne sais pas comment ça se passait historiquement. Ça n’arrive pas souvent qu’un comté disparaît! Est-ce qu’il y a une méthode?»

M. Lemieux reconnaît que si Pierre Giguère avait été choisi, il aurait sans doute poursuivi son implication dans la nouvelle association si le député sortant le lui avait demandé. Dans le contexte actuel, il préfère se retirer, surtout qu’avec la refonte de la carte électorale régionale, Saint-Boniface, où il habite, passe dans le comté de Maskinongé. Il ne dit pas non à donner un coup de main à ces militants si on le sollicite.

Pour le moment, la priorité consiste à fermer les livres de l’association, d’ici la fin du mois. «On va organiser une dernière rencontre pour clore la démarche, remercier tout le monde pour leur implication», mentionne M. Lemieux. «Ça a été agréable; l’exécutif de Saint-Maurice était dynamique, enthousiaste. Ça a toujours été très sympathique. Il n’y avait pas de grosse tête là-dedans.»

Unis?
Julie Boulet a remporté toutes ses élections depuis la première fois qu’elle s’est présentée pour siéger à l’Assemblée nationale, en 2001. Ses majorités ont varié entre 3116 et 7416 voix au cours de ces six couronnements. Laviolette était devenue une forteresse libérale pratiquement imprenable pour toute opposition, mais la montée de la Coalition avenir Québec dans les sondages constituera une nouvelle menace pour elle. Surtout, Mme Boulet perdra ses précieux appuis de la MRC de Mékinac, dont la plus grande partie basculera dans le comté de Champlain lors de la prochaine élection.

Dans ce contexte, la ministre régionale devra compter sur le soutien des libéraux de Saint-Maurice pour obtenir un septième mandat. Le nouvel exécutif réussira-t-il à panser les plaies?

«Un bon nombre de militants vont rester dans la trajectoire libérale», croit M. Lemieux. «Personnellement, j’ai toujours eu une bonne relation avec elle. Je ne peux que lui souhaiter bonne chance, mais c’est sûr qu’il y aura un ou deux militants qui auront la gueule sure! Globalement, je n’en vois pas tant qui seraient à ce point agressifs (envers elle). La décision du chef a été prise avec des considérants qui lui appartiennent. De notre côté, nous avions le nez collé sur la réalité de Pierre, sur ses efforts et sur la réaction des gens qui l’apprécient beaucoup, parce que c’est un gars de terrain.»

M. Giguère se donne toujours quelques semaines de réflexion avant d’annoncer ses intentions pour l’automne. Il doit rencontrer son chef ces jours-ci et il a promis de compléter son mandat. Il pourrait tout de même se présenter comme candidat indépendant, accepter un poste dans la fonction publique ou encore, rentrer dans ses terres du rang Saint-Mathieu en attendant son tour dans quatre ans... ou moins, si jamais les Québécois élisaient un gouvernement minoritaire le soir du 1er octobre.