Le projet a été présenté par Marie-Hélène Davidson, enseignante au Centre d'éducation des adultes et par Kim Trottier, intervenante au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

Une friperie pour s'épanouir

Une toute nouvelle friperie vient de voir le jour. Elle se niche au coeur des locaux du Centre d'éducation des adultes de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, à Trois-Rivières et les employés-élèves sont des personnes vivant avec une déficience intellectuelle, un problème de santé mentale ou un trouble d'adaptation sociale.
Le grand public est invité à donner des vêtements pour bébés, enfants ou adultes, jouets et articles usagés et à venir faire des achats sur place, sur les heures d'ouverture de l'école. Cette nouvelle ressource sera ouverte en fonction des journées du calendrier scolaire, d'août à juin.
Les élèves ont été recrutés pour ce projet entrepreneurial via le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec parmi toute la clientèle ayant des besoins particuliers sur le territoire.
Ils seront accompagnés par une enseignante et une intervenante du CIUSSS qui répondront à leurs besoins très particuliers, indique Marie Hamel, directrice du Centre d'éducation des adultes. «C'est une collaboration essentielle à la réussite de ce projet-là», fait-elle valoir.
Presque toutes ces personnes pourront travailler dans la nouvelle boutique Le Rebond à raison de 20 heures par semaine. Certaines y seront à temps partiel. «Elles vont travailler leur autonomie», explique Mme Hamel. Cette activité récurrente leur permettra aussi d'avoir une vie plus active et de bouger, dit-elle.
Les personnes qui travailleront à la boutique Le Rebond étaient dans une zone grise par rapport aux services existants, se retrouvaient isolées et avaient un réseau social faible ou tout simplement inexistant.
La friperie permettra à ces gens d'avoir des occasions d'évoluer au meilleur de leurs capacités. 
Grâce au modèle coopératif sur lequel est basée la friperie, les élèves pourront faire divers apprentissages et même développer des qualités entrepreneuriales. Grâce à cette participation, ils se sentiront utiles dans leur milieu.
«On était à la recherche d'une solution pour contrer l'isolement que ces gens vivaient», indique l'enseignante Marie-Hélène Davidson.
«Les ressources communautaires de la région ne pouvaient pas nécessairement répondre à tous les besoins que nous avions identifiés. Donc, ces gens-là qui vivent souvent seuls en appartement, qui n'ont pas de diagnostic, qui ont un réseau social faible ou inexistant, sont vulnérables, mais ont quand même l'intérêt et le goût d'être intégrés socialement. C'est là qu'on a eu l'idée de créer le projet Rebond», raconte Mme Davidson.
Au départ, un groupe avait été créé pour déjeuner une fois par semaine. «Les gens venaient socialiser. On parlait des saines habitudes de vie», raconte Kim Trottier, intervenante au CIUSSS-MCQ.
De fil en aiguille, les choses se sont transformées en cours de cuisine, puis en cuisine collective, en groupe de vie active, le tout assaisonné d'activités thématiques tout au long de l'année en collaboration avec l'Association des parents d'enfants handicapés.
Il s'est même développé un partenariat avec les Olympiques spéciaux puisqu'une équipe de hockey intérieur s'est formée.
Malgré cela, tous les besoins n'étaient pas encore comblés.
Le Groupe Le Rebond a finalement démarré en 2014 avec une quinzaine d'élèves. Parmi les habiletés auxquelles les élèves ont été initiés, on compte l'usage d'ordinateurs et de tablettes électroniques.
Le projet entrepreneurial de friperie est venu par la suite et visait les personnes qui pouvaient possiblement intégrer le milieu du travail.
«Dans la société, c'est très valorisé, le rôle de travailleur», rappelle Mme Trottier. À la boutique, «ils développent une foule d'habiletés en plus de cultiver les précieuses qualités entrepreneuriales», dit-elle.
Le partenariat avec le CIUSSS permet de transférer les apprentissages au travail dans d'autres sphères de la vie.
«En tant qu'enseignante, on peut vous affirmer que la déficience intellectuelle, le trouble du spectre de l'autisme et les troubles d'adaptation ne sont pas un frein à l'intégration ni à la capacité d'être heureux», fait-elle valoir.
Maurice Hébert, un usager, trouve que sa participation lui a «ouvert des horizons. Avant j'étais plutôt renfermé à la maison», confie cet homme âgé qui a appris à se servir d'Internet et d'une tablette électronique grâce au projet.