Une fondation pour aider les jeunes Atikamekws

Trois-Rivières — Les trois communautés atikamekws connaissent un véritable baby-boom. On y dénombre plus de 1000 enfants âgés de 0 à 5 ans et ils n’ont pas tous accès à des places en Centre de la petite enfance (CPE). Afin de répondre aux besoins de ces enfants qui peuvent grandir dans des milieux où les problèmes sociaux sont nombreux, une toute nouvelle fondation a été créée.

La Fondation Nikanik nit ici matcan, Je marche vers mon avenir en français, se destine à l’aide des enfants atikamekws âgés de 0-5 ans vivant dans les communautés de Wemotaci, Manawan, Opitciwan on encore à l’extérieur. L’objectif principal est de permettre aux enfants d’atteindre leurs rêves et de s’épanouir, malgré les problèmes sociaux et économiques présents dans les communautés. Ces problèmes ne sont d’ailleurs pas étrangers aux milieux défavorisés du Québec. 

Quelques statistiques démontrent toute la pertinence de cette fondation. Pas moins de 80 % des parents ont des problèmes d’alphabétisation, la moitié des enfants vivent dans un ménage dont le revenu se situe entre 10 000 $ et 29 000 $ par année et le tiers des enfants vivent dans des logements surpeuplés. 

«Les conditions de vie des communautés atikamekws sont difficiles. Les enfants en bas âge sont les principaux affectés par les problèmes sociaux», mentionne Martial Awashish, le président de la fondation.

Le projet de cette fondation est né de la concertation des trois directrices des CPE des communautés, soit Kathy Black, Suzanne Chilton et Paula St-Pierre. «On veut que les enfants s’épanouissent et qu’ils ne partent pas avec -1 dans la vie», a affirmé Suzanne Chilton, la directrice générale du CPE Six saisons de Wemotaci. 

«On va aider les enfants des communautés, pas juste ceux qui viennent en CPE. Parce qu’il y en a beaucoup qui ne viennent pas en CPE (près du deux tiers des enfants) et qui ont des besoins majeurs», ajoute pour sa part Paula St-Pierre, directrice générale du CPE d’Opitciwan. 

La fondation vise les objectifs suivants: nourrir et vêtir les enfants, dépister les problèmes de développement, fournir du matériel éducatif en langue atikamekw et former les parents et les familles d’accueil. «Nous misons sur la langue atikamekw, la langue la plus parlée dans les nations autochtones du Canada», précise Kathy Black, directrice générale du CPE Kokom Tcitcatci de Manawan. 

L’apprentissage de la langue et de la culture atikamekw sera en effet mis de l’avant par la fondation. Un livre imagé pour enfant en langue atikamekw a été créé et des ateliers sur la culture de cette nation seront organisés. De plus, du répit sera offert à des parents qui en auront besoin. 

La ministre des Affaires autochtones du Québec, Sylvie D’Amour, était à Trois-Rivières pour le lancement de la fondation. Elle a réitéré l’importance que son gouvernement accorde à la jeunesse. Est-ce que son ministère pourrait toutefois soutenir financièrement cette fondation? 

«Je dois faire l’analyse du dossier, mais à la lueur de ce que j’ai entendu, ça me donne aussi la chance de voir d’un autre oeil ce dossier, de le voir avec un œil plus humain», a mentionné la ministre à la suite d’une question du Nouvelliste qui estime que le modèle initié par les atikamekws puisse inspirer les autres nations autochtones. «Si ça cadre dans les programmes actuels, c’est certain que le gouvernement va être au rendez-vous.»

La Fondation Nikanik nit ici matcan, Je marche vers mon avenir, accueille les dons du public, comme celui des entreprises. Lors du lancement de la fondation jeudi, la scierie d’Opitciwan, exploitée par Produits forestiers Résolu, a annoncé une contribution de 25 000 $. La direction de l’entreprise invite les autres corporations à contribuer à la fondation. 

Les chefs des trois communautés atikamewks étaient présents lors du lancement de la fondation, de même que le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, ainsi que le chef de l’assemblée des premières nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard. Ils ont tous salué cette initiative qui s’occupera des dirigeants de demain. La Fondation Nikanik nit ici matcan, Je marche vers mon avenir se veut toutefois apolitique. Elle fonctionne indépendamment des conseils de bande des différentes communautés. Il est possible de faire un don à la fondation en visitant son site Internet au www.jemarcheversmonavenir.org.