La rue Courteau, entre Trois-Rivières et Saint-Maurice, est fermée à la circulation.

Une fermeture de rue qui fait mal à Saint-Maurice

La fermeture complète d'une portion de la rue Courteau, aux limites de Saint-Maurice et Trois-Rivières, commence à inquiéter sérieusement certains commerçants qui ont vu leur chiffre d'affaires baisser de façon dramatique depuis le début des travaux, il y a un peu plus d'une semaine.
Yves Loranger et Chantal Lamothe, propriétaires du Dépanneur Courteau, ont vu leur chiffre d'affaires chuter de près de 80 %.
L'inquiétude est d'autant plus grande que la fermeture, selon la municipalité de Saint-Maurice, pourrait durer encore de deux à trois mois.
C'est qu'un ponceau à cet endroit s'est affaissé et doit être remplacé le plus rapidement possible, il en va de la sécurité des automobilistes qui passent à cet endroit, soutient le maire Gérard Bruneau.
En attendant, un détour de 13 kilomètres est proposé par la rue Thibeau. La Municipalité est en attente de savoir si elle pourra bénéficier d'une aide financière de Québec pour financer ces travaux. Une fois que cette réponse aura été obtenue, il faudra encore de 5 à 6 semaines pour commander le tuyau, qui doit être fabriqué sur mesure. 
Un délai qui est totalement inacceptable pour plusieurs commerçants, dont Yves Loranger et Chantal Lamothe, propriétaires du Dépanneur Courteau. En une semaine, le commerce a vu son chiffre d'affaires baisser de plus de 80 %.
«C'est dramatique pour nous. Il va falloir qu'il se passe quelque chose avant la Saint-Jean-Baptiste parce que nous allons mettre la clé dans la porte», constate M. Loranger, très inquiet. Le commerce, qui propose aussi le service de casse-croûte, pourrait effectivement devoir fermer pour l'été, et les propriétaires se demandent bien si les clients seraient prêts à revenir après cette interruption.
Juste cette fin de semaine, le casse-croûte a servi seulement neuf repas durant la journée, alors qu'il en sert en moyenne 40 à 50 par jour lors de journées d'achalandage normal.
«On a moins de revenus, mais les prix fixes, eux, ne diminuent pas. On a des taxes à payer, l'électricité, nos employés aussi. On est en train de réorganiser l'horaire pour ne pas faire rentrer les employés pour rien», fait remarquer Chantal Lamothe.
Même son de cloche pour Patrick Paquin, propriétaire de Pneus Camo, situé du côté de Saint-Maurice, qui a vu son chiffre d'affaires baisser de plus de 20 %.
«J'ai une partie de ma clientèle qui repose sur les gens qui passent par ici. Chaque jour, il passe environ 150 véhicules à l'heure ici, et aux heures de pointe, ça peut grimper à 250 véhicules. Mais depuis une semaine, on pourrait s'asseoir sur le bord de la rue et se faire bronzer, il n'y a pas un chat. C'est dramatique, ça va mettre en péril mon commerce et plusieurs autres aussi», constate-t-il, ajoutant que l'arrivée tardive du printemps a retardé la saison des pneus d'été, et qu'il devrait actuellement être débordé de travail mais que c'est loin d'être le cas.
Pour le propriétaire de l'entreprise de multi-travaux B2 Services Plus, Steve Bigué, ce nouveau détour veut dire des dépenses supplémentaires, étant donné que plus de 85 % de sa clientèle se trouve de l'autre côté de la route barrée, à Trois-Rivières.
«C'est pas loin de 100 $ d'essence de plus par semaine que je dois dépenser juste pour pouvoir répondre à ma clientèle», se désole-t-il. Par ailleurs, cette situation est aussi vécue par de nombreux résidents qui doivent maintenant faire un détour de 13 kilomètres pour aller travailler ou reconduire les enfants à la garderie, qui n'était pourtant qu'à quelques centaines de mètres de la maison.
Solution temporaire
Mardi matin, le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, expliquait que la route pourrait être fermée pour une période de deux à trois mois. Or, en après-midi, après les témoignages entendus des commerçants, il a indiqué plancher sur une solution temporaire pour amoindrir les impacts de cette fermeture.
«On a demandé à une firme d'évaluer la possibilité de faire de la circulation en alternance. Ce serait uniquement pour les petits véhicules et il ne pourrait pas y avoir de trafic lourd, mais au moins ça serait moins pire pour les résidents et les commerçants. Ce sont des délais très longs, on comprend les commerçants et on va faire ce qu'on peut pour les aider», ajoute M. Bruneau, qui espère obtenir une réponse sur la faisabilité de ce scénario d'ici les prochaines heures.
De son côté, le député Pierre Michel Auger indique avoir fait des appels afin de voir si l'aide pouvait être octroyée le plus vite possible à Saint-Maurice.
«C'est un dossier de compétence municipale, ce n'est pas une route gérée par le ministère des Transports. Mais nous travaillons pour voir si l'on peut aider rapidement la municipalité», a-t-il indiqué, soulignant mardi être en attente d'un retour d'appel de la part du ministère dans la journée.