Le professeur de relations de travail à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Jean-Claude Bernatchez.

Une fermeture à l’horizon?

TROIS-RIVIÈRES — Est-ce que le refus de la dernière offre patronale pourrait entraîner la fermeture de l’aluminerie? Le professeur de relations de travail à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Jean-Claude Bernatchez, estime que ce scénario est maintenant possible.

«Si Alcoa maintient sa position malgré le refus de leur offre par les travailleurs, la perspective d’une fermeture d’usine pointe à l’horizon. [...] Cela dit, 80 % de l’entreprise est présentement fermée (600 cuves sur 720). Donc, nous ne sommes pas loin d’une fermeture, qui pourrait aussi être temporaire», analyse M. Bernatchez, qui croit bien que cette option ne serait pas mise rapidement de l’avant.

«Mais Alcoa laissera probablement le temps courir pour quelques mois. Si Alcoa revalorise son offre, il est possible que l’entreprise opte pour un vote sur le contrôle du Tribunal administratif du travail.»

Le spécialiste affirme de plus que le protocole de retour au travail a été un irritant majeur pour les syndiqués. «Le protocole de retour au travail étalait, du moins dans l’esprit des lockoutés, indûment leur retour en emploi et laissait planer implicitement un doute quant à leur retour effectif», note-t-il.

Jean-Claude Bernatchez explique aussi que malgré le conflit chez ABI, les surplus d’Alcoa étaient à la hausse en 2018. «Alcoa déclare un surplus de 43 millions $ en 2018 alors que l’entreprise avait encaissé un déficit en 2017 de 196 millions $. Le chiffre d’affaires d’Alcoa a augmenté de 15 % en 2018», précise-t-il.

«En clair, le lock-out de Bécancour ne semble pas affecter négativement les résultats financiers d’Alcoa. Par contre, les lockoutés sont de plus en plus endettés tenant compte qu’ils devront rembourser l’essentiel du soutien financier qu’ils reçoivent de leur syndicat.»