C’est grâce aux démarches de Denise Gauthier, accompagnée de Murielle Bergeron Millette, que le calvaire qui se situe sur la rue Notre-Dame Sud à Louiseville a été sauvé de la démolition pour être restauré.

Une femme de 79 ans sauve un calvaire de la démolition

LOUISEVILLE — Denise Gauthier a toujours eu un profond attachement envers le calvaire qui est situé sur la rue Notre-Dame Sud à Louiseville. Pour la femme de 79 ans, il était inconcevable que ce monument soit démoli à cause de sa dégradation. Déterminée, elle s’est investie corps et âme dans la sauvegarde de ce bien patrimonial. Après avoir multiplié les appels, les rencontres et les annonces, elle peut enfin crier victoire.

Depuis maintenant un an, Denise Gauthier travaille sans relâche sur son projet personnel, qui consiste à assurer la restauration du calvaire. Elle a toujours persévéré dans l’espoir de préserver ce monument, empreint de souvenirs de jeunesse. «Pour moi, c’est important de s’engager et d’aller jusqu’au bout et surtout de ne pas se décourager. On ne sait jamais ce qui peut nous arriver», soutient-elle, les yeux brillants.

Les démarches ont débuté en 2018 lorsque la femme de 79 ans marchait devant l’église de Louiseville. «À ce moment précis, j’ai eu un appel. Ça m’est venu comme ça. Je me suis dit que je devais aller à l’hôtel de ville pour rencontrer le maire au sujet du calvaire», s’exclame l’instigatrice du projet.

Ainsi, Denise Gauthier désirait sauver le monument catholique qui se trouvait dans un état lamentable. Elle devait trouver une solution rapide puisque les propriétaires désiraient retirer le monument pour des raisons de sécurité.

Le maire Yvon Deshaies a alors demandé à Denise Gauthier de faire un historique du calvaire afin de justifier l’intérêt de le conserver. La bénévole a donc ratissé plusieurs sources afin de retracer l’origine de ce bien patrimonial, qui date de 1886. Entre autres, elle s’est rendue jusqu’au diocèse de Trois-Rivières pour compléter sa recherche.

Fière de présenter son document, elle est retournée présenter le fruit de ses recherches au maire. Cependant, ce dernier lui a annoncé qu’il était impossible pour la Municipalité de financer la restauration du monument puisqu’il se trouvait sur un terrain privé.

Diane Gauthier devait trouver un autre moyen de financement afin de couvrir les dépenses reliées à la réfection du calvaire. Le défi était de taille, car elle devait amasser une somme de 13 400 $ pour réaliser les travaux.

La femme de 79 ans a multiplié les appels dans l’objectif de dénicher un bon Samaritain. «J’ai appelé partout pour avoir de l’argent comme Patrimoine Canada, le Conseil religieux du Québec et Patrimoine Québec, mais rien n’a fonctionné», avoue-t-elle. Denise Gauthier n’a pas abandonné pour autant, c’est pourquoi elle s’est tournée vers la communauté pour trouver de l’aide.

Son amie Murielle Bergeron Millette s’est joint à elle pour l’assister dans ses démarches. «Mon rôle, c’était de l’accompagner. Au départ, on pensait avoir de l’argent, mais on n’en a pas eu beaucoup. On avait ouvert un compte à la caisse pour récolter les dons», se souvient-elle.

Le sculpteur Claude Des Rosiers a réparé et peinturé le Christ afin de lui redonner son éclat d’autrefois.

Comme dernier recours, Diane Gauthier avait lancé un cri du cœur dans l’Écho de Maskinongé, mais seulement 1200 $ avaient été amassés. «On était loin de notre calvaire», concède l’instigatrice.

Les deux complices ont dû se rendre à l’évidence. «J’ai décidé de tout arrêter. Il manquait beaucoup d’argent. J’ai été à la caisse en après-midi pour fermer le compte. Quand je suis revenue à la maison, je me suis fait un café. Je ne pouvais pas m’empêcher de pleurer», se remémore Denise Gauthier.

Un revirement de situation a complètement changé la donne. Après le souper, elle a reçu un téléphone de la part d’un donateur anonyme. Ce dernier était prêt à payer toutes les dépenses relatives à la réfection du calvaire. Denise Gauthier était ébahie, croyant au canular.

Le généreux donateur était sérieux dans ses démarches. Il a profité de l’occasion pour demander à Denise Gauthier s’il était possible de réparer le seigneur sur la croix et d’apposer une plaque commémorative en avant du monument. Remise de ses émotions, Denise Gauthier était maintenant aux anges.

Les travaux se sont déroulés lors de la semaine du 4 août. «Au début, on voulait enlever la croix et le Christ pour que ce soit plus facile à restaurer, mais le calvaire était trop vieux, ils auraient pu le briser. Donc, ils ont travaillé aux alentours», explique Mme Millette.

Le calvaire a été rafraîchi de A à Z. L’entreprise Les Constructions Ferron s’est chargée de refaire l’édicule, tout en conservant le toit d’origine. Quant à l’entreprise BFR électrique, elle s’est occupée d’éclairer le calvaire afin qu’il soit illuminé en soirée, comme c’était le cas à l’époque.

Le sculpteur de Charette Claude Des Rosiers s’est chargé de revamper la statue du Christ, une tâche qui requiert de la patience et de la minutie. «J’ai décapé la statue. J’ai réparé le plâtre qui était brisé. Par la suite, j’ai peinturé. J’ai fait plusieurs couches parce que j’ai superposé plusieurs couleurs», énumère l’artiste. Un total de 40 heures a été nécessaire pour effectuer le travail.

«À la base, je suis sculpteur sur pierre et je peins aussi. Je suis demandé à réparer beaucoup de statues. Je fais ce qu’on me demande. Par exemple, j’ai fait le calvaire à Saint-Élie-de-Caxton», indique-t-il.

Une cérémonie sera organisée le 14 septembre à 13 h 30 afin de bénir le calvaire en compagnie de Monseigneur Luc Bouchard, évêque de Trois-Rivières. Toute la population est invitée à participer au grand dévoilement.

Denise Gauthier a préparé une documentation complète sur le calvaire. Ainsi, elle a conservé une photo du monument avant les travaux.

«Je ne pensais jamais que ça serait aussi beau que ça. Chaque fois, je reste surprise de sa beauté. Je suis fière de ce que j’ai accompli. Murielle et moi on a travaillé fort», conclut Denise Gauthier, la larme à l’œil.