Emmanuel Gauthier a été foudroyé par la malaria en Tanzanie. Il a dû être transféré d’urgence dans un hôpital du Kenya

Une famille inquiète

Trois-Rivières — Les proches d’un Trifluvien globe-trotteur hospitalisé d’urgence en Afrique après avoir contracté la malaria font tout ce qu’ils peuvent pour lui venir en aide.

Dans un état comateux dans un hôpital en Tanzanie, Emmanuel Gauthier a été déplacé vendredi dans un hôpital du Kenya où les soins sont plus adéquats. Sans assurance, ses proches ont déjà dû débourser près de 12 000 $ et les frais médicaux continuent de s’accumuler. 

La famille d’Emmanuel Gauthier, en voyage en Afrique depuis décembre dernier, a été mise au courant de l’état de santé du jeune homme jeudi. Des membres du personnel de l’hôpital où se trouvait le Québécois en Tanzanie ont utilisé son téléphone cellulaire pour appeler son frère. 

«J’ai eu aussi un appel de l’ambassade du Canada qui avait été mise au courant de l’état de santé de mon frère par l’hôpital où il était», affirme en entrevue Vincent Gauthier, le frère du globe-trotteur de 32 ans.

Cet hôpital, destiné aux plus démunis, n’était pas du tout outillé pour traiter Emmanuel Gauthier. Un transfert vers un plus gros hôpital était donc impératif, car son état de santé se détériorait très rapidement. 

«Il était dans le coma et dans un état critique pour sa vie», précise Vincent Gauthier.

Emmanuel Gauthier est foudroyé par la malaria. Les premiers symptômes se seraient manifestés mercredi et son état de santé s’est rapidement détérioré. Alors qu’il était dans le coma, ses reins et son foie étaient très mal en point. 

«C’est foudroyant», confiait son frère en milieu d’après-midi, quelques minutes après avoir eu des nouvelles de l’état de santé de son frère. «Un de ses amis l’a aperçu prendre l’avion pour l’amener dans un hôpital du Kenya. Apparemment, il a pu embarquer seul dans l’avion avec beaucoup d’aide. C’est très difficile d’avoir des nouvelles de l’Afrique, mais ça irait un peu mieux. C’est encourageant.»

Si jamais l’état de santé d’Emmanuel Gauthier se détériore encore et que sa vie se retrouve à nouveau en danger, il devra être transféré dans un hôpital européen ou canadien. Le coût d’une telle opération pourrait toutefois atteindre les 150 000 $ selon les proches du jeune homme habitué des voyages. 

Afin de payer un éventuel transfert vers la France ou un rapatriement au Canada, des proches d’Emmanuel Gauthier ont mis sur pied une campagne de sociofinancement sur Facebook appelée Rapatrie Emmanuel au Canada. Déjà vendredi soir, plus de 19 000 $ avaient été amassés. Cet élan de générosité surprenait énormément les proches du jeune homme. 

L’état de santé du globe-trotteur trifluvien étant incertain, ses proches ne savent pas si un transfert d’urgence vers le Canada ou l’Europe est immédiatement nécessaire. «Pour l’instant, son état doit se stabiliser. Par la suite, on va suivre les recommandations des médecins», note son frère, Vincent Gauthier. «Les recommandations étaient qu’il change d’hôpital au plus vite.»

De plus, une personne de l’ambassade canadienne en Tanzanie suivrait la situation de près. La famille d’Emmanuel Gauthier est d’ailleurs en communication avec elle. 

Emmanuel Gauthier est un grand voyageur. Depuis qu’il a 18 ans, il parcourt le monde plusieurs mois par année. Il s’était envolé pour la découverte du continent africain en décembre dernier. «La majorité de l’année, il est parti en voyage. Durant les trois dernières années, il était en Suède et en Norvège», précise son frère.  

Le globe-trotteur de Trois-Rivières a entrepris un voyage en Afrique en décembre dernier. On le voit ici devant les pyramides de Gizeh en Égypte.

Robert Aubin dénonce l’absence de services 

Inquiets de l’état de santé de leur fils, les parents d’Emmanuel Gauthier ont communiqué jeudi avec le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin. Ils espéraient ainsi obtenir de l’aide pour pouvoir avoir des nouvelles de leur fils, mais aussi pouvoir lui venir en aide. 

Bien qu’il accompagne la famille d’Emmanuel Gauthier dans ces moments difficiles, Robert Aubin est toutefois révolté par son impuissance. 

«C’est la première fois qu’on fait face à une telle situation. Et ça nous a fait découvrir à quel point on est démuni comme bureau de député pour agir dans ces cas», soutient le député fédéral de Trois-Rivières. 

Dans la grande majorité des ministères, les députés ont des accès facilités aux fonctionnaires. Cela permet à un député de venir en aide à un citoyen lors de situations exceptionnelles. Toutefois, cette disposition n’existe pas pour le ministère des Affaires étrangères. 

«Nous avons appris que ça n’existe pas de ligne dédiée», souligne le député qui souhaite dénoncer cette situation à Ottawa. «J’ai découvert que dans ce type de cas, je suis un citoyen comme tout le monde qui doit appeler la ligne 1-800 et faire le 2 pour me faire dire que mon appel est important.»

Le député estime que cette situation est incompréhensible. «Lorsqu’un citoyen est malade à l’étranger, c’est là qu’il a besoin des services consulaires», ajoute Robert Aubin.