Des chercheurs du gouvernement fédéral se sont joints au groupe Oceana Canada pour utiliser un robot submersible d'une valeur de 6 millions $, appelé ROPOS, qui est allé explorer les confins du golfe, et qui a parfois diffusé en direct, en haute définition, ses trouvailles spectaculaires.

Une expédition procure des images inédites du golfe du Saint-Laurent

Une expédition scientifique dans le golfe du Saint-Laurent permet de découvrir des images inédites de son environnement marin distinct et précieux.
Des chercheurs du gouvernement fédéral se sont joints au groupe Oceana Canada pour utiliser un robot submersible d'une valeur de 6 millions $, appelé ROPOS, qui est allé explorer les confins du golfe, et qui a parfois diffusé en direct, en haute définition, ses trouvailles spectaculaires.
Le directeur scientifique d'Oceana, Robert Rangeley, souligne que le cours d'eau n'a jamais été étudié à l'aide de la technologie actuelle.
Il est même rare que des caméras se soient aventurées dans le golfe, a-t-il ajouté, lundi, en entrevue depuis Chéticamp, en Nouvelle-Écosse, où l'expédition qui mobilise deux bateaux partira pour la deuxième semaine de recherche.
Alexandra Cousteau, la petite-fille du célèbre réalisateur et explorateur Jacques Cousteau, fait partie de l'aventure. Mme Cousteau, qui est conseillère d'Oceana, un groupe de conservation international établi à Washington, dit être emballée à l'idée de participer à une expérience inédite.
Mme Cousteau rappelle que les études précédentes sur ce cours d'eau reposaient sur des échantillons de planchers océaniques qui s'étaient brisés et qui étaient remontés à la surface.
«Ce que (les scientifiques) ont à la surface est brisé. Ils n'ont aucune idée de comment les espèces interagissent entre elles. Nous avons pu voir comment tout ce secteur fonctionne», a-t-elle expliqué.
Le ROPOS a capté des images de plusieurs jeunes sébastes qui cherchent un abri dans un immense paysage de plumes de mer - une espèce de corail qui ressemble aux vieilles plumes pour écrire.
Le sébaste, aussi appelé perche de l'océan, est une espèce commerciale de valeur dont la population est en déclin depuis quelques années. Mais la vidéo suggère que l'espèce pourrait être de retour, comme certains pêcheurs dans le golfe l'avaient déjà annoncé.
«Si c'est là que les jeunes sébastes trouvent un abri, alors nous devons protéger cela. Je crois que c'est une chose sur laquelle tout le monde peut s'entendre», a déclaré Mme Cousteau.
M. Rangeley, un scientifique qui travaillait auparavant pour le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada) et le gouvernement fédéral, dit que lui et ses collègues ont aussi aperçu des requins-taupes, des baleines noires, des morues, des éponges colorées, ainsi que de grands bancs de lançons, un poisson ressemblant au hareng qui est essentiel pour l'alimentation des baleines et des oiseaux marins.
«Nous avons vu des bancs massifs. Nous pouvions difficilement voir à travers la lentille du ROPOS», a témoigné le biologiste marin.
À un certain point, les caméras ont filmé un fou de Bassan - un gros oiseau reconnu pour ses prouesses lorsqu'il pêche - qui plongeait dans l'eau pour attraper un lançon.
«Nous mesurons aussi des choses. Nous ne faisons pas juste prendre de belles photos, c'est un effort scientifique à plusieurs facettes», a expliqué M. Rangeley, ajoutant que les scientifiques prélevaient des échantillons pour des analyses génétiques et chimiques.
La recherche dans ce secteur est importante parce que le Canada a les plus longues côtes du monde, qui s'étalent sur trois océans. Le gouvernement fédéral s'est engagé à conserver 10 pour cent du secteur marin d'ici 2020.
L'expédition a commencé la semaine dernière sur l'île d'Anticosti et s'est dirigée vers l'est de la péninsule gaspésienne. Les bateaux iront cette semaine près de la côte ouest de l'île du cap Breton.