L'enseignante d'anglais Gina Lavine revient tout juste d'un séjour en Israël, où elle a participé à un séminaire sur l'Holocauste à Jérusalem.

Une enseignante trifluvienne formée en Israël

L'enseignante d'anglais au Collège Laflèche Gina Lavine vient tout juste de rentrer d'un stage de trois semaines en Israël, où elle a pu approfondir ses connaissances sur l'Holocauste et rencontrer des survivants grâce à une bourse de la Riva and Thomas O. Hecht Scholarship Program.
Accompagnée de trois autres Québécois récipiendaires de cette bourse, elle s'est rendue à Jérusalem pour se joindre à un séminaire international de 140 heures au mémorial et centre de recherche sur l'Holocauste Yad Vashem.
Cette expérience lui a permis d'en apprendre davantage auprès de spécialistes en la matière, d'avoir accès aux nombreux artefacts et documents originaux conservés dans le centre et d'entendre les témoignages de survivants.
«J'ai pleuré tous les jours quand j'étais là-bas, c'est quelque chose qui a changé ma vie. Depuis que je suis revenue, j'aime tout le monde et j'ai beaucoup de gratitude pour le fait d'être ici aujourd'hui», confie Mme Lavine, pour qui l'expérience était particulièrement chargée d'émotions, étant elle-même juive.
Avec 39 autres pédagogues de partout à travers le monde, elle a assisté à des conférences portant sur des thèmes comme l'histoire de l'antisémitisme, le nazisme et les différentes étapes ayant mené à la «solution finale». Bien qu'elle était déjà assez renseignée sur le sujet, elle a été étonnée de constater l'étendue du mouvement en Europe.
Elle a aussi pu étudier la question d'un point de vue plus humain. «Grâce aux témoignages des personnes qu'on a rencontrées, j'ai pu réaliser le sentiment d'être discriminé dès la naissance et de ne plus être considéré comme un être humain.»
Cette immersion émotionnelle a connu son apogée lors d'une rencontre en petits groupes avec des rescapés de camps de concentration, où elle a été profondément choquée du traitement qui leur a été infligé avant et pendant la guerre.
Elle a aussi été particulièrement marquée par un couple ayant survécu à la Shoah puisque leurs noms figuraient sur la célèbre liste d'Oskar Schindler. Elle s'est d'ailleurs recueillie en leur compagnie sur la tombe de M. Schindler, enterré à Jérusalem à titre de Juste parmi les nations.
Gina Lavine tenait à participer à cette formation pour pouvoir transmettre davantage d'informations sur l'Holocauste à ses étudiants du programme international.
La bourse de la Riva and Thomas O. Hecht Scholarship Program lui a finalement été octroyée au bout de deux ans, lui permettant ainsi d'être la première enseignante du collégial à vivre l'expérience.
La mission de l'organisme est d'améliorer la formation des enseignants québécois concernant l'Holocauste pour combattre l'antisémitisme et le racisme en général, étant donné que ce génocide n'est pas formellement inclus dans le programme d'éducation du MELS.
Mme Lavine a d'ailleurs pu le constater au cours de sa carrière. «Il y a plusieurs années, j'ai enseigné dans une école où j'ai vu des croix gammées sur des casiers. Quand je suis allée voir le directeur de l'école pour lui en parler, il m'a répondu que les jeunes ne savaient tout simplement pas ce que c'était.»
Pour respecter les engagements liés à la bourse, elle doit maintenant transmettre les connaissances qu'elle a acquises par le biais de conférences dans les écoles et les organismes intéressés à en apprendre davantage sur ce chapitre de l'Histoire. Elle compte informer les gens en insistant sur les huit étapes menant au génocide.
«L'Holocauste s'est fait graduellement, en plusieurs étapes. C'est pour cela qu'il faut mettre fin à l'intolérance et faire cesser la discrimination dès qu'elle se manifeste, même lorsque c'est par des enfants dans une cour d'école, pour que des événements comme celui-là ne se reproduisent plus.»