Sandra Thiffault

Une employée poursuit le syndicat des profs

TROIS-RIVIÈRES — Employée depuis 2007 du syndicat des professeurs et professeures de l’UQTR, Sandra Thiffault poursuit son employeur pour plus de 336 000 $.

La dame, qui avait été embauchée par le syndicat à titre de secrétaire administrative, à ce moment-là, estime que son classement aurait plutôt dû être celui d’une professionnelle, comme en témoigne un rapport qu’elle a fait faire par la présidente du Syndicat des chargés de cours de l’UQTR, Carole Neill, en octobre 2017.

Mme Thiffault a expliqué au Nouvelliste que malgré des demandes répétées au fil des ans, le syndicat n’a jamais donné suite à sa demande de reclassement. Or selon ses propres estimations, Mme Thiffault prétend qu’elle aurait pu bénéficier de 30 000 $ de plus par année par rapport au salaire qu’elle retirait si elle avait été dûment classée dès son embauche.

Mme Thiffault n’étant pas syndiquée, sa requête visant à présenter son dossier au tribunal a dû être déposée à la Cour supérieure et non au Tribunal administratif du travail comme c’est habituellement le cas. Elle réclame 303 349,97 $ de manque à gagner, 20 000 $ en dommages moraux et 10 000 $ en dommage punitifs.

Mme Thiffault estime que le syndicat pour qui elle travaille ne lui a accordé «aucune reconnaissance du corps d’emploi en vertu des exigences à l’embauche». Elle estime que son employeur a agi envers elle avec «iniquité» et «manque de respect, que le poste qu’elle occupe «ne correspond pas à la réalité des tâches et responsabilités qu’il implique» et que son employeur, le syndicat des professeur(e)s, a eu envers elle «des propos dénigrants» qu’elle a perçus comme «de l’intimidation et du harcèlement psychologique». Mme Thiffault ajoute qu’elle s’est sentie aussi «manipulée» par des propos tenus envers elle par le trésorier du Syndicat qui s’était occupé de son dossier, en 2011.

La plaignante indique que des circonstances personnelles et familiales avaient fait en sorte qu’elle n’avait pas pu déposer de plainte avant 2011. L’évaluation qui avait été alors faite par le SPPUQTR n’aurait pas été réalisée dans les règles, entend démontrer la dame au tribunal.

Mme Thiffault a déposé une deuxième demande en décembre 2015. Elle prétend que le SPPUQTR lui aurait alors proposé un classement à titre de technicienne, ce qu’elle accepte. Elle demande toutefois, du même élan, une autorisation écrite afin de procéder à son reclassement salarial.

Le syndicat propose alors de trouver une personne compétente à l’UQTR pour réaliser une évaluation professionnelle afin de déterminer le classement que Mme Thiffault aurait dû recevoir en fonction des critères d’embauche, en 2007.

Or, Mme Thiffault indique que cette évaluation n’a finalement jamais eu lieu. Le 13 décembre 2017, 10 ans plus tard, c’est la présidente du syndicat des chargés de cours qui procédera à l’évaluation de la demanderesse. Son rapport confirme, après examen de la description détaillée de plusieurs titres d’emplois, que le poste occupé par Mme Thiffault relève du groupe du personnel professionnel.

Au moment de son embauche, Mme Thiffault détenait un certificat en administration. Elle cumulait 15 ans d’expérience en secrétariat, 10 ans à titre de technicienne à la comptabilité, quatre ans comme agente de bureau et plus de quatre ans comme gestionnaire d’entreprise.

Elle a ensuite obtenu un baccalauréat dans le même domaine, en 2011, puis une maîtrise. «Je conclus que madame Thiffault occupe un poste équivalent à un poste d’agent de rémunération et qu’en conséquence, elle devrait être reclassée conformément aux conventions collectives en vigueur au statut de personnel professionnel», indique le rapport.

Le Nouvelliste a contacté le président du syndicat des professeurs et professeures de l’UQTR, Ismaïl Biskri. Ce dernier a préféré ne pas commenter ce dossier, pour l’instant, par respect, donc, pour le processus juridique et le tribunal.