De gauche à droite, Isabelle Soumis, directrice de l’école secondaire Paul-Le Jeune de Saint-Tite, en compagnie de Serge Damphousse, enseignant et Jessy Fortin, élève, qui ont tous deux accepté de se faire raser.

«Une dose d’énergie incroyable»

SAINT-TITE — Il y a quelques jours, Le Nouvelliste publiait l’histoire de la lutte contre le cancer menée courageusement par la directrice adjointe de l’école secondaire Paul-Le Jeune de Saint-Tite, Marie-Josée Lepage.

Vendredi, cette femme très aimée autant des élèves que du personnel, a reçu une dose absolument incroyable de soutien et d’énergie. Sur l’heure du midi, une quinzaine d’élèves et deux enseignants ont en effet sacrifié leurs cheveux contre de l’argent qui sera remis au département d’oncologie où Mme Lepage se fait soigner. Ensemble, en très peu de temps, ils ont amassé un peu plus de 4000 $.

Serge Damphousse, le prof d’éducation physique de l’école et l’organisateur principal de cet événement, était renversé en voyant ce résultat. Lorsque l’activité a commencé, vendredi midi, un montant de 2000 $ avait été récolté, ce qu’il trouvait déjà extraordinaire. Comme il l’a lui-même rappelé, on n’est pas ici dans le milieu le plus favorisé de la Mauricie. Puis, d’autres élèves sont peu à peu arrivés avec de nouveaux montants. Un total dépassant 4000 $, c’était au-delà de ses espérances, dit-il.

Isabelle Soumis, la directrice de l’école, était en contact constant avec Mme Lepage, durant l’activité, via son téléphone portable. Elle lui a fait parvenir une tonne de photos des élèves, avant et après le rasage.

Pendant que le rasoir dénudait peu à peu les cocos de la quinzaine de volontaires âgés entre 13 et 16 ans, Mme Soumis a fait savoir aux très nombreux élèves présents sur la place d’accueil que Mme Lepage était «émue par leur geste. Vous comprendrez que la perte de cheveux, pour Marie-Josée, ça a été un grand choc, en plus de combattre la maladie. Présentement, elle est chez elle en attente d’autres traitements, mais l’énergie et l’amour que vous lui envoyez, ça lui donne une dose d’énergie incroyable.»

Valérie Roche-Lavoie, enseignante en adaptation scolaire, avait les larmes aux yeux en parlant de sa patronne qui, dit-elle, fait énormément pour les élèves de l’école en plus de les connaître par leur nom, même s’ils sont 500. «À toutes les fins de journées, elle sort et leur dit "bonjour, bonne soirée" et elle les nomme! Elle est très humaine», dit-elle. Se faire raser pour aider financièrement la cause, «c’est un détail», assure-t-elle.

Cette photo de tous les élèves rasés a été prise juste avant que deux de leurs professeurs, Serge Damphousse et Valérie Roche-Lavoie, perdent eux aussi leur chevelure pour la cause.

Rosalie Leduc et Léanne Moreau, deux élèves de 16 ans de 4e secondaire ont amassé à elles seules un total de 600 $, soit 300 $ chacune pour cette cause en à peine trois jours. Elles ont demandé la contribution de leur famille respective et leurs parents ont également fait une collecte dans leur milieu de travail. Dans la famille de ces deux jeunes filles, beaucoup de cas de cancers sont survenus. «Marie-Josée, je l’aime vraiment gros et ça m’a fait de quoi quand j’ai su qu’elle avait la leucémie», indique Rosalie pour expliquer son implication.

«Marie-Josée, c’est une bonne personne», souligne de son côté Léanne qui n’a pas hésité à soumettre sa tête au rasoir. «Des cheveux, ça repousse», plaident les deux jeunes filles en précisant qu’elles aiment toutes deux avoir les cheveux longs.

Léanne essaie de trouver de bons côtés à sa décision. «Plus besoin de les attacher. Ça va coûter moins cher de shampooing», dit-elle en riant.

Et si jamais un petit malin s’avisait de leur faire un commentaire désobligeant, lundi matin, lorsqu’elles arriveront à l’école le crâne dénudé, «c’est juste qu’il n’est pas assez mature», décrète Léanne qui assume de toute évidence pleinement sa décision, une position qu’appuie sa copine à 100 %.

Jessy Fortin, 16 ans, était sans doute la personne qui avait les plus longs cheveux de tous les candidats et candidates au rasage, vendredi. Ils lui tombaient jusqu’au milieu du dos. À lui seul, il a récolté 501 $ en deux semaines.

L’enseignant Serge Damphousse, qui a lui aussi fait raser son épaisse tignasse blonde, a tenu à souligner le geste des élèves, en particulier des filles, en qualifiant leur collaboration de «geste de bravoure important.»

M. Damphousse tenait à ce que les dons ne servent pas à payer des frais administratifs. C’est pourquoi l’école a tenu sa propre activité de collecte de fonds, dit-il.