La Distillerie du quai s’installera sous peu dans l’ancienne caisse populaire Desjardins de Sainte-Angèle-de-Laval, à Bécancour.

Une distillerie dans l’ancienne caisse

Bécancour — Une distillerie verra bientôt le jour dans l’ancienne caisse populaire du secteur Sainte-Angèle-de-Laval, à Bécancour.

Le projet est mené par les mêmes associés qui ont mis sur pied la microbrasserie Ô Quai des Brasseurs, soit Jocelyn et Jean-Claude Parr, Marc Hamel et Steve Garceau, auxquels se sont ajoutés Émile Sauvé, brasseur, et Jean-François Rheault.

«On vise mars ou avril pour l’ouverture, explique M. Rheault. D’ici là, on s’installe, on commence les rénovations dans les prochains jours, puis les équipements vont rentrer.»

La Distillerie du quai souhaite commencer sa production avec du gin, mais ses propriétaires ont déjà d’autres projets en vue. Les propriétaires de la microbrasserie Ô Quai des Brasseurs ayant acheté une encanneuse mobile pour vendre sa bière en canettes, la distillerie compte profiter de cet outil pour vendre un mélange de gin tonic. Les propriétaires de la nouvelle distillerie comptent également se mettre à la production de whisky d’ici quelque temps.

«On a aussi un autre produit en tête pour l’automne ou le temps des Fêtes, mais on veut garder la surprise», ajoute M. Rheault.

Les distilleurs souhaitent également faire de leur commerce un site touristique que les amateurs de spiritueux pourraient visiter. La Distillerie du quai ne sera toutefois pas un bar, mais bien un lieu de dégustation.

L’alambic qu’utilisera la Distillerie du quai est en fabrication à Boise, en Idaho.

«Il va y avoir un grand espace de dégustation, les gens vont pouvoir venir goûter nos produits, précise M. Rheault. On va offrir un forfait pour visiter notre distillerie et les gens pourraient repartir ensuite avec une tasse ou un t-shirt à l’effigie de la distillerie.»

Les entrepreneurs souhaitent également aménager un espace pouvant recevoir des musiciens, dans l’optique de donner quelques spectacles pendant que les visiteurs dégustent les produits de la distillerie.

«On discute avec l’ADISQ, avec le FestiVoix et on est en contact avec quelques artistes déjà», souligne M. Rheault.

La voûte de l’ancienne caisse populaire pourrait également être recyclée pour y faire une activité à saveur historique, soit sur le thème de la prohibition, de l’histoire du gin ou encore sur l’histoire de Sainte-Angèle-de-Laval.

Avant de lancer ses activités, la distillerie doit toutefois attendre de recevoir un permis de la Régie des alcools, des courses et des jeux. Elle attend également son alambic, qui est fabriqué en ce moment à Boise, en Idaho. Ses propriétaires vont également tenter d’entrer dans le réseau de distribution de la Société des alcools du Québec (SAQ), un autre processus qui pourrait prendre un certain temps. En attendant que cette porte soit ouverte, le gin de la Distillerie du quai sera vendu notamment à la microbrasserie voisine.

Profiter de la vague

La Distillerie du quai deviendra la troisième distillerie à ouvrir dans la région en quelques années. Bien que son entreprise fera face à la concurrence des distilleries Mariana, implantée à Louiseville en 2015, et Wabasso, née à Trois-Rivières en 2017, Jean-François Rheault croit qu’il y a encore de la place pour ses partenaires et lui sur le marché des spiritueux québécois.

«L’engouement pour les spiritueux au Québec est grandissant, alors si l’offre augmente alors que la demande augmente aussi, la pointe de tarte ne rétrécit pas, illustre-t-il. On voit l’effet que les microbrasseries ont eu sur la consommation de bière et on veut profiter de la même vague. Et si on peut créer un engouement pour la région avec nos distilleries, c’est positif.»