Le barbier de Gentilly, Jean-Marc Paris, en est à ses derniers coups de peigne.
Le barbier de Gentilly, Jean-Marc Paris, en est à ses derniers coups de peigne.

Une dernière coupe après 57 ans pour Jean-Marc Paris

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
BÉCANCOUR — «J’ai aimé mon métier et faire ce que je faisais. Ça me fait de quoi». Voilà comment se sent le barbier de Gentilly, Jean-Marc Paris, alors qu’il s’apprête cette semaine à serrer ses ciseaux après une carrière de 57 ans. Car pour l’homme de 75 ans, l’heure de la retraite a sonné.

Pourtant, dans sa jeunesse, il avait aussi songé à «aller dans l’aviation». «J’ai décidé ça comme ça. Je regardais ça. J’allais me faire couper les cheveux et je trouvais ça le fun. Pourquoi je ne ferais pas ça?», s’était-il dit.

Le p’tit gars de Sainte-Cécile-de-Lévrard a alors pris la direction de Montréal pour aller y acquérir pendant trois ans ses cartes de compétences. «J’ai travaillé un an et demi à Ville Saint-Laurent. Ensuite, je suis venu travailler à Gentilly, mais ça n’a pas marché. Alors, je suis allé sept ans à Sainte-Gertrude avant de revenir à Gentilly en 1972», se plaît à raconter M. Paris.

Pendant longtemps, son salon offrait des coupes pour hommes, femmes et enfants. Et durant 26 ans, des coiffeuses auront travaillé pour lui. Or, depuis une dizaine d’années, le barbier était «tout seul dans mon bloc». «Je l’ai appris pour dames, mais je n’ai pas aimé ça», a-t-il avoué.

Celui-ci affirme avoir bâti «une très belle petite business à Gentilly». Et si le cliché veut que le barbier soit le confident de ses clients, c’est plutôt lui qui alimentait la conversation. «Moi, j’en ai conté plus qu’eux autres m’en ont conté», admet M. Paris.

Mercredi sera donc la dernière journée officielle de sa vie professionnelle, même s’il entend «aller faire un petit tour vendredi». «Mes clients qui viennent me voir sont contents. Quand j’ai signé que je vendais mon bloc, j’ai eu de la peine, pas pour la bâtisse, mais pour ma job. Je ne sais pas si je vais être complètement retraité», conclut celui qui demeure à Saint-Grégoire après avoir vendu sa maison de Saint-Pierre-les-Becquets.