La conseillère du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin, obtiendrait l’appui du maire si elle faisait le saut à la mairie dans une élection partielle.

Une dauphine pour le maire Lévesque?

TROIS-RIVIÈRES — Si le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque passe de la parole aux actes et fait le saut en politique fédérale avec les conservateurs pour les élections de 2019, il semble déjà savoir à qui il donnera son appui lors d’une éventuelle élection partielle à la mairie. Tout semble indiquer que la dauphine du maire serait la conseillère municipale du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin.

Dans une entrevue accordée dans le cadre de l’émission Trip à Trois-Rivières, diffusée sur le web et animée par Alain Gaudet, ce Trifluvien atteint de l’amyotrophie spinale type III, Yves Lévesque indique avoir déjà identifié quelqu’un autour de la table du conseil qui pourrait le remplacer s’il est élu aux élections fédérales. «C’est quelqu’un que j’aime bien, qui se démarque, qui apprend rapidement. Elle est capable d’avoir un jugement, elle a ce qu’il faut et est capable d’assimiler rapidement les dossiers et mobiliser les gens pour atteindre les résultats», a-t-il indiqué, sans nommer la personne. Il n’a pas non plus voulu confirmer son identité au Nouvelliste et a indiqué qu’il le ferait en temps et lieu.

Toutefois, de nombreuses sources confirment que cette éventuelle dauphine est Valérie Renaud-Martin. La principale intéressée, pour sa part, indique qu’il est encore trop tôt pour elle pour confirmer qu’elle aurait ou non un intérêt pour la mairie.

«Pour le moment, on parle juste de possibilité d’une campagne d’Yves Lévesque au fédéral. C’est dans plus d’un an et demi. Je ne me pose pas trop la question et il est vraiment trop tôt pour me prononcer. En ce moment, j’adore ce que je fais et j’apprends beaucoup. C’est flatteur d’entendre de tels propos. Mais c’est précoce pour me prononcer et ça me pousse à la réflexion. D’ici octobre 2019, il peut se passer beaucoup de choses», a-t-elle indiqué au Nouvelliste.

Le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque ne cache pas son intention de faire le saut au fédéral en 2019.

Réactions
La rumeur circulait depuis un certain temps, mais cette confirmation de la part d’Yves Lévesque d’une «dauphine» en cas de victoire au fédéral, fait évidemment beaucoup réagir au conseil municipal. Le conseiller municipal Claude Ferron parle d’une «distraction non nécessaire» qui pourrait miner l’ambiance de travail au conseil. «Il est maintenant clair que le maire a la tête à Ottawa. Est-ce que ça remet en question son leadership? Je ne sais pas, mais c’est à mon avis trop tôt pour commencer à penser à placer son monde», croit-il.

Un avis partagé par Pierre-Luc Fortin. «Je ne veux pas de deux ou trois campagnes en même temps. Nous ne sommes pas en campagne électorale à la mairie à ce que je sache. Présentement, nous avons une Ville à gérer, et autant le maire que les conseillers ont un travail à faire», croit M. Fortin.

François Bélisle, quant à lui, se questionne sur les problèmes éthiques soulevés par une déclaration aussi hâtive de ses intérêts. «Le maire confirme déjà être en campagne contre un gouvernement au pouvoir. À mon avis, ça pose problème. Nous sommes à un an et demi des élections et on doit continuer à défendre les intérêts de la Ville sur toutes les tribunes», estime François Bélisle.

Sabrina Roy croit de son côté que si le maire continue à bien remplir ses fonctions, elle n’y voit pas de problème, mais que son appui à une candidate pourrait créer des tensions si d’autres conseillers songeaient aussi à se présenter lors d’une élection partielle. Dany Carpentier se dit pour sa part étonné «que le maire connaisse autant Valérie pour lui donner cette opportunité», elle qui, comme lui, est conseillère municipale seulement depuis six mois.

Daniel Cournoyer croit qu’il est précipité de discuter de la candidature d’Yves Lévesque pour 2019, mais encouragerait la candidature de Mme Renaud-Martin. «C’est une dame que j’apprécie. Elle a une vision, une intelligence, un discours enlevant. Si c’est le cas, j’adorerais travailler avec elle à la mairie», indique-t-il.

Maryse Bellemare indique n’y voir aucun problème, mais souhaite que le conseil se concentre sur le travail à faire dans la prochaine année et demie. Denis Roy est quant à lui un peu plus incisif. «Que la personne qui songe à quitter identifie déjà quelqu’un qui poursuivra son œuvre ne me fait ni chaud ni froid. Pour moi, le statu quo n’est simplement pas une option», lance-t-il.