Manon Trudel, originaire de Sainte-Thècle, a été infectée par le Coronavirus sur le Diamond Princess.
Manon Trudel, originaire de Sainte-Thècle, a été infectée par le Coronavirus sur le Diamond Princess.

Une dame originaire de Sainte-Thècle infectée par le Coronavirus

TROIS-RIVIÈRES — Confinée pendant 17 jours à bord du Diamond Princess, ce navire de croisière mis en quarantaine au large des côtes du Japon en raison de plusieurs cas de Coronavirus parmi ses passagers, Manon Trudel, une dame originaire de Sainte-Thècle, a elle aussi récemment reçu le diagnostic qu’elle redoutait: elle est atteinte du fameux virus Covid-19.

C’est sa sœur, Flavie Trudel, qui a confirmé la triste nouvelle sur Facebook, mercredi. Cette dernière soutient que sa sœur, qui est maintenant prise en charge par les autorités médicales japonaises, s’attendait à ce qu’on lui confirme qu’elle avait contracté le virus. Son conjoint avait en effet déjà obtenu la confirmation qu’il était infecté. À ce jour, 20 % des personnes qui se trouvaient à bord du bateau sont touchées.

Discutant régulièrement avec elle via la plateforme FaceTime, elle n’est pas en mesure de dire si le virus commence à affecter sa santé, contrairement à son conjoint. Ce dernier est d’ailleurs traité pour une double pneumonie. Par contre, elle confirme que le moral de son aînée est présentement à son plus bas.

Manon Trudel

«Elle a les yeux enflés. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle pleure beaucoup ou en raison du virus. Mais je ne suis pas médecin», raconte-t-elle avant de rappeler que le Cornavirus a été étiqueté comme étant asymptomatique par les autorités de la santé.

Par ailleurs, Flavie Trudel indique que sa sœur et son conjoint qualifient d’«intenables» les conditions de quarantaine qu’ils ont vécu sur le navire. Ayant opté pour une cabine sans hublot lorsqu’ils ont initialement planifié leur voyage, ils y ont été confinés presque 24 heures sur 24 avant d’en sortir le 21 février dernier.

«C’était comme une prison. Quand elle sortait de sa cabine, d’où elle avait le droit de sortir seulement quelques minutes une fois par jour, ma sœur constatait que toutes les cabines étaient désertes. Son conjoint et elle étaient les seuls dans ce secteur du bateau. C’était certain que ça allait venir», raconte sa sœur.

La situation ne s’est d’ailleurs pas vraiment améliorée lorsqu’ils ont été évacués du bateau. Selon le récit de sa sœur, il est toujours difficile d’avoir l’heure juste et les autorités japonaises semblent dépassées par les événements.

«Après avoir été transporté dans le même hôpital que ma sœur, son conjoint a été transféré dans un autre afin d’obtenir des soins qu’il ne pouvait pas recevoir à cet endroit. Mais ils ne l’ont pas dit à Manon. C’est terrible. À un moment donné, elle pensait même qu’il était mort. C’est moi qui ai trouvé le lendemain où il était rendu. [...] Maintenant au moins, on leur a fourni des téléphones cellulaires et ils peuvent se parler. De toute façon, ils ne pourraient pas se voir car ils sont en quarantaine» poursuit-elle.

Dénoncer la situation

Malgré ce confinement forcé et la situation difficile dans laquelle ils étaient, Manon Trudel et son conjoint n’ont pas hésité à prendre la parole pour alerter les médias et les autorités politiques afin de sauver les gens de la contamination, ou tout de moins le nombre de cas. Ils ont en effet donné des entrevues en français et en anglais dans différents médias suisses, belges, américains, français et bien sûr canadiens.

«Manon et Julien sont incroyables! Ils pensent toujours aux autres[...] D’ailleurs, il y a encore des Canadiens sur le bateau, dont une qui travaille, dans des conditions effroyables», mentionne Flavie Trudel, sur un ton empreint d’admiration pour sa sœur et son beau-frère.

Par ailleurs, la cadette de celle qui n’a aucune idée du moment où elle pourra rentrer au pays, déplore la lenteur dont le Canada fait preuve dans le dossier.

«Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, l’a seulement appelée aujourd’hui quand elle avait le Coronavirus. Il aurait pu le faire avant», insiste-t-elle.