Le conseiller municipal du district du Carmel, Pierre Montreuil, estime que la fermeture du lieu de culte est le scénario le plus réaliste.

Une cure de jeunesse de 3 M$ s’impose pour l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses

TROIS-RIVIÈRES — Le scénario de la fermeture définitive de l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses semble de plus en plus être celui qui se concrétisera. Selon les estimations d’un entrepreneur, les coûts des travaux nécessaires afin de permettre sa réouverture ainsi que sa pérennité se chiffrent à trois millions de dollars.

C’est d’ailleurs pour connaître l’opinion des paroissiens sur le sort qu’ils veulent réserver à ce lieu de culte, fermé depuis maintenant un an et demi en raison d’importants problèmes de moisissure et d’infiltration d’eau sur le toit, que les membres du conseil de la fabrique de la paroisse Du-Bon-Pasteur, qui gère une dizaine d’églises trifluviennes, les avaient conviés à une assemblée publique, mardi soir, à l’église Saint-Laurent. Aux 600 000 $ qui permettraient de refaire complètement le toit de l’imposant bâtiment qui trône à l’intersection de la rue Saint-François-Xavier et du boulevard du Saint-Maurice, plusieurs centaines de milliers de dollars devraient également être investis pour effectuer d’autres travaux, dont le remplacement des fenêtres, moins urgents mais qui pourraient rapidement le devenir selon les marguilliers. Pour cette raison, un scénario dans le cadre duquel les travaux seraient échelonnés sur une longue période n’est pas envisageable selon eux. Par contre, ces derniers ont assuré aux paroissiens que le presbytère restera ouvert et que les célébrations dominicales continueront à être célébrées à la chapelle Saint-Antoine du monastère des Franciscains, où elles le sont depuis le début de la fermeture temporaire. Les membres de la communauté religieuse ont en effet indiqué qu’ils ne voyaient pas d’inconvénient à continuer à accueillir les fidèles, et ce, tant et aussi longtemps qu’ils occuperont l’endroit.

À la lumière des interventions de la vingtaine de personnes qui se sont présentées au micro afin d’exposer leur point de vue, les paroissiens ne voient vraiment pas d’un bon œil de consacrer autant d’argent afin de sauver cette église, et ce, aussi belle soit-elle. Inaugurée en 1914, elle est dotée en effet de hautes tours-clochers qui lui donnent une allure majestueuse.

La facture des travaux qui permettraient de sauver et d’assurer la pérennité de l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses s’élève à trois millions de dollars.

«Je suis triste. Je sais que c’est une belle église et qu’il y a un bel orgue, mais je ne crois pas que l’on peut continuer comme ça, d’autant plus que le presbytère restera ouvert et que les frères [Franciscains] seront toujours là», a notamment déclaré le conseiller municipal du district du Carmel, Pierre Montreuil, qui a œuvré pendant plusieurs années dans différentes organisations reliées au Diocèse de Trois-Rivières, notamment comme marguillier au sein de la défunte paroisse Saint-Sacrement.

Exercice apprécié

Le tollé qu’avait causé, l’automne dernier, la volonté de la fabrique de vendre l’église Saint-Jean-de-Brébeuf au Centre culturel islamique de la Mauricie pour la somme de 500 000 $ a vraisemblablement incité les marguilliers à tenir une telle rencontre publique avant de pousser davantage le processus de la vente ou de la démolition de l’église située dans le district Marie-de-l’Incarnation, ou d’une des autres qui se retrouvent sous sa juridiction depuis la création de cette grande paroisse unifiée il y a deux ans. Plusieurs personnes ayant pris la parole ont d’ailleurs salué cette initiative.

On se rappellera qu’une centaine de paroissiens avaient pris part à une autre assemblée en octobre dernier et au cours de laquelle ils avaient été nombreux à s’opposer vivement à cette transaction. Des propos qualifiés d’offensants par plusieurs, dont l’évêque du Diocèse de Trois-Rivières, Mgr Luc Bouchard, avaient été prononcés lors du houleux rassemblement. Question de calmer le jeu et les esprits, Mgr Bouchard avait d’ailleurs décidé de suspendre la vente qui avait été acceptée unanimement par les marguilliers.

Le sujet de l’avenir de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf était par ailleurs quasi tabou lors de la rencontre de mardi. Le premier intervenant ayant pris la parole a bien tenté de faire part de son opinion à propos de la possible vente à des adeptes de la religion musulmane, mais il a été rapidement interrompu et invité à se rasseoir. Quant au sort qui sera réservé à l’église du boulevard des Forges, les marguilliers ont simplement indiqué qu’ils suivaient les recommandations de Mgr Bouchard et qu’ils avaient mis ce dossier de côté. Ils ont cependant reconnu que d’autres promoteurs s’étaient montrés intéressés, en prenant bien soin de spécifier qu’ils n’étaient pas reliés à des communautés religieuses. Par ailleurs, il semble qu’un autre bâtiment du parc immobilier de la paroisse, soit l’église Saint-Sacrement, intéresse un promoteur, à un point tel qu’il a déjà contacté le conseiller Pierre Montreuil pour lui faire part de son projet.

Conserver l’orgue

Dans l’éventualité où l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses est vendue et change de vocation où qu’elle disparaisse sous le pic des démolisseurs, le conseil de fabrique fera tout ce qui est en son pouvoir pour récupérer l’orgue qui s’y trouve. Il semble cependant qu’il sera difficile de lui trouver un nouveau domicile dans une autre église de Trois-Rivières en raison de sa taille. Une dame présente dans l’assistance mardi soir et qui dit avoir joué sur cet orgue dans les années 1970 a évoqué l’idée de le déménager à la salle J.-Antonio-Thompson. Selon elle, il s’agirait d’un beau clin d’œil au fait que M. Thompson lui-même a joué sur cet instrument pendant de nombreuses années. Bien qu’il ait clairement indiqué qu’il doutait de la faisabilité de ce projet, le conseiller Montreuil a tout de même assuré à la dame qu’il en parlerait aux ingénieurs responsables des importants travaux de rénovation qui seront effectués prochainement à l’intérieur de la salle de spectacle du centre-ville.