Une coroner recommande une meilleure évaluation du risque suicidaire

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La coroner Renée Leboeuf a récemment émis des recommandations au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec afin de revoir les méthodes d’analyse du risque suicidaire chez les patients qui consultent, après que deux usagers se soient enlevés la vie à trois semaines d’intervalle au printemps 2019.

Le premier cas est survenu le 30 avril 2019, lorsqu’un homme de 57 ans de la région a été retrouvé sans vie dans son véhicule qui se trouvait dans le stationnement de l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie. L’homme souffrait de dépression depuis plusieurs années et s’était rendu à deux reprises à l’urgence du centre hospitalier afin d’obtenir de l’aide.

D’abord le 1er avril 2019, puis le 11 avril 2019, son cas n’aura pas été jugé urgent. Il était en attente d’un rendez-vous pour voir un psychiatre, mais étant donné que son état n’était pas urgent, aucune date n’avait encore été fixée.

La coroner note par ailleurs que son historique familial présentait plusieurs troubles de santé mentale. Le 30 avril, il s’est enlevé la vie dans sa voiture dans le stationnement du centre hospitalier, après avoir laissé plusieurs lettres pour ses proches.

Selon la coroner, il y a lieu de «revoir les méthodes d’évaluation du risque suicidaire mises en place lors de la prise en charge en psychiatrie des patients présentant des risques de suicide et les délais entre les interventions», indique-t-elle, rappelant que l’homme avait fait «plusieurs démarches positives pour obtenir de l’aide», mais sans succès.

Puis, trois semaines plus tard, un homme de 55 ans a pour sa part été retrouvé sans vie chez lui, alors qu’il venait d’obtenir un congé de deux jours du département de psychiatrie du CHAUR de Trois-Rivières. L’homme qui présentait des troubles anxieux et des symptômes de dépression depuis 2018 avait fait plusieurs tentatives de suicide par le passé. Quelques semaines avant son décès, il avait été admis en psychiatrie à Trois-Rivières, et avait accepté de subir un traitement par électrochocs pour améliorer sa condition.

Le 18 mai, il a obtenu un congé et devait revenir au département de psychiatrie le 20 mai. Or, il ne s’est pas présenté ce soir-là. Sa soeur, alertée par l’hôpital, a contacté les policiers qui se sont rendus à son domicile où il a été retrouvé sans vie.

La coroner a recommandé de «revoir les méthodes d’évaluation du risque suicidaire mises en place en psychiatrie chez les patients présentant des risques de suicide lors de l’octroi d’un congé dans un contexte d’internement».

Au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, on indique avoir déjà mis en place des mesures pour améliorer les procédés. «Quand le décès d’un usager survient, automatiquement nous déclenchons une enquête interne afin de comprendre ce qui s’est passé. Nous étions donc déjà en action et nous avons partagé les mesures mises en place, qui coïncident avec les recommandations du rapport de la coroner», explique Guillaume Cliche, responsable des communications au CIUSSS-MCQ.

Selon lui, la formation du personnel a été améliorée afin d’être bien au fait des processus et du guide d’évaluation des risques suicidaires.

L’enjeu principal reposait surtout sur le taux de roulement du personnel lors de l’évaluation, souligne Guillaume Cliche. Or, depuis, une infirmière a été dédiée à s’assurer que le personnel soit formé adéquatement et ce, dans tous les établissements où les personnes présentant un risque suicidaire peuvent être susceptibles de demander de l’aide ou d’être évaluées.

Si vous ou un de vos proches vivez de la détresse: 1-866-APPELLE.