De nombreux sous-sols des rues Philibert-Dumas et Cyprien-Ducharme ont été endommagés par l’eau, à la fin avril. La Ville de Shawinigan vient de présenter aux sinistrés le résultat de leur analyse de cet événement inhabituel.

Une conduite obstruée à l’origine des dégâts

SHAWINIGAN — Les résidents du secteur Shawinigan-Sud touchés par de mystérieuses infiltrations d’eau à la fin avril ont finalement connu la cause de leur malheur, lors d’une assemblée d’information convoquée mardi soir à la salle communautaire Théodoric-Lagacé. Selon l’analyse réalisée par la division Génie du Service de l’aménagement du territoire de la Ville, l’obstruction d’une conduite d’égout pluvial a provoqué tout ce branle-bas.

Rappelons qu’à ce moment, une quarantaine de sous-sols de résidences, principalement sur la rue Philibert-Dumas et l’avenue Cyprien-Ducharme, ont été inondés. Les premiers signaux étaient apparus le 27 avril, mais c’est vraiment dans la nuit du 29 au 30 que l’alarme a été donnée. Les résidents du secteur se perdaient en conjectures pour expliquer ce phénomène, puisqu’ils n’avaient jamais vécu pareille déveine printanière auparavant.

La Ville de Shawinigan a donc longuement travaillé sur le terrain pour trouver la cause de ces soudaines infiltrations. Or, pour une raison encore nébuleuse, une grille fixée à l’entrée d’une conduite de sortie du bassin de rétention 1 s’est décrochée, puisqu’elle a été retrouvée beaucoup plus loin, dans l’égout pluvial.

«Il semble qu’elle n’aurait pas été installée selon les normes du fabricant», avance le directeur général de la Ville, Gaétan Béchard.

Avec cette voie libre, des débris d’arbres, de matériaux de construction et d’emballages de plastique se sont accumulés au fil des semaines, provoquant un bouchon qui a fini par embourber le réseau pluvial. L’évacuation des drains français résidentiels ne pouvait plus ainsi s’effectuer convenablement, entraînant des infiltrations d’eau et des refoulements d’égout.

Évidemment, ces débris ont été retirés et la Ville veillera à ce que la grille soit réinstallée selon les règles de l’art. François St-Onge, directeur des communications, explique que d’autres vérifications doivent être effectuées pour savoir si une négligence explique le décrochement de cet équipement.

«On va envisager tout ce qu’on peut comme moyen pour aller au bout de cette histoire», assure-t-il. «Il n’y a pas de recours engagé encore, mais on n’exclut rien. Est-ce la faute de quelqu’un, est-ce la force de la nature? Il peut arriver des accidents, mais on se pose des questions. En terme de sécurité pour nos citoyens, on veut s’assurer que cette grille sera réinstallée comme il faut, tout comme les autres qui sont installées ailleurs.»

Quant à la provenance de toutes les matières qui ont obstrué la conduite, M. St-Onge convient qu’un appel à la vigilance s’impose.

«Si on ne veut pas que ça reproduise, il faut essayer de savoir comment ça se fait que ça s’est retrouvé là», indique-t-il. «C’est sûr que ça venait des alentours. On est au cœur d’un quartier en développement. Il y a eu de la construction, du défrichage, toutes sortes d’activités autour. Peut-être que les gens n’ont pas été aussi vigilants qu’ils auraient dû l’être, n’étant pas conscients des conséquences que ça pouvait avoir. Nous avons un travail de sensibilisation à faire.»

Rassurant
À tout le moins, cette analyse a permis de rassurer la Ville en ce qui concerne les aménagements de captation des eaux de ruissellement de ce développement domiciliaire. Certains citoyens croyaient que le problème venait de cette source.

«Nous savons que la mise en charge du réseau pluvial n’a pas été provoquée par les précipitations du 29 et du 30 avril», mentionne M. Béchard. «Notre réseau pluvial a la capacité nécessaire pour répondre à la demande.»

Cette conception avait été approuvée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. La Ville souligne également que l’intervention du Service des travaux publics avait permis la baisse du niveau d’eau et la détection du bouchon qui obstruait la conduite d’entrée du bassin de rétention 1.

À titre préventif, le Service de l’aménagement du territoire procédera à l’installation d’une vanne murale en amont de ce bassin, afin de permettre aux équipes d’entretien d’intervenir plus rapidement pour abaisser son niveau d’eau pour ainsi faciliter l’inspection des conduites d’égout pluvial.

Guy Arseneault, conseiller du district Val-Mauricie, croit que les citoyens sont repartis satisfaits de cette rencontre.

«J’avais demandé qu’on trouve la solution et que ça ne se reproduise plus», commente-t-il. «Nous avons demandé des inspections régulières pour éviter qu’un autre événement semblable se reproduise. Nous avons donné aux gens la conclusion de l’étude et la majorité d’entre eux étaient satisfaits de ce qu’ils ont entendu.»