La Bâtisse industrielle sera utilisée comme clinique massive de dépistage de la COVID-19. 
La Bâtisse industrielle sera utilisée comme clinique massive de dépistage de la COVID-19. 

Une clinique de dépistage à la Bâtisse industrielle

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Trois clubs sportifs seront bientôt sans domicile, alors qu’une clinique de dépistage massive à la COVID-19 s’installera à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières, au parc de l’Exposition.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) confirmait mercredi après-midi avoir choisi la Bâtisse industrielle comme site pour sa clinique de dépistage du nouveau coronavirus.

«Le lieu de la clinique massive de dépistage a été identifié. Sauf qu’il reste encore beaucoup d’éléments à attacher avant d’annoncer l’ouverture», explique Guillaume Cliche, agent d’information du CIUSSS MCQ.

«Il faut installer le volet informatique avec l’installation de fils dans le bâtiment. On doit déployer des ressources sur les lieux, déterminer la méthode pour la prise de rendez-vous et aménager les lieux d’attente pour les personnes.»

Les pongistes du club de tennis de table Ping-O-Max ainsi que les trampolinistes du club Intercité arrivaient à peine dans de nouvelles installations que déjà, on leur demande de remplir les boîtes.

Les archers du Sagittaire (tir à l’arc), dont l’arrivée était prévue pour la mi-octobre, retarderont eux aussi ce déménagement temporaire, devenu nécessaire en raison des rénovations au Complexe sportif Alphonse-Desjardins.

Entraîneur du Ping-O-Max, Martin Marcotte a su mercredi matin qu’il devait quitter les lieux... en soirée. Pour combien de temps? Impossible de le prévoir. Le défi de recrutement s’avérait déjà complexe en temps de pandémie, voilà que les précieuses heures d’entraînement seront perdues.

«Je m’y attendais, on sait que ce n’est pas évident de placer les cliniques dans des stationnements de centres commerciaux, qu’ils veulent des endroits plus vastes.»

Les travaux dans les zones affectées par la pyrrhotite régleront un gros problème dans les gymnases du CSAD, mais le Ping-O-Max ne s’attendait pas à voir son plan B s’évaporer si vite. Les jeunes pongistes ne s’entraînaient à la Bâtisse industrielle que depuis le 14 septembre.

Plusieurs clubs sportifs devront trouver un autre local.

«On ne croit pas pouvoir réintégrer le CSAD avant décembre ou janvier.»

Ils se retrouvent donc sans endroit où établir leurs quartiers. Le club compte une quarantaine de membres: ils étaient deux fois plus avant le début de la pandémie.

«C’est un arrêt temporaire qui fait mal. Ça fait beaucoup de déménagements et d’incertitude! C’est triste pour nos jeunes, surtout les plus talentueux. Certains d’entre eux évoluent pour les équipes du Québec. D’un autre côté, difficile d’en vouloir à qui que ce soit. On comprend la situation et je sais que la Ville de Trois-Rivières travaille à essayer de nous accommoder», ajoute Martin Marcotte.

«Ce n’est pas drôle»

Au rez-de-chaussée de la Bâtisse industrielle, France Bouffard avait réussi à placer quatre de ses neuf trampolines de compétitions, après avoir été forcée de quitter l’église Sainte-Cécile, conséquence d’infiltrations d’eau.

«On ignore où on s’en va, ce n’est pas drôle», soupire l’entraîneure, qui a propulsé cinq de ses athlètes jusqu’aux Championnats mondiaux juniors en plus de 20 ans.

«Le volet récréatif au club Intercité, il est arrêté depuis le mois de mars. C’est notre vache à lait, donc il n’y a pas d’eau au moulin en ce moment.»

Le directeur général de Sports Québec, Alain Deschamps, a d’ailleurs alerté le gouvernement québécois cette semaine face à l’urgence de la situation pour plusieurs fédérations et leurs clubs locaux.

«On ne peut pas fonctionner uniquement avec nos athlètes du secteur compétitif, avise France Bouffard. Notre Sport-études a pu commencer à s’entraîner le 23 septembre et le volet civil, le 28 septembre. Nous n’aurons eu que quelques jours à la Bâtisse industrielle avant de devoir partir!»

Cinq des neuf toiles d’Intercité sont restées à l’église Sainte-Cécile, qui appartient à la Corporation Spect-Arts. Quand le club pourra-t-il enfin les utiliser? «Avec les infiltrations d’eau, l’endroit est jugé trop dangereux. On espère pouvoir revenir à l’église, où nous étions bien installés, plus tard cet automne. Il faudra sans doute attendre que les travaux avec la toiture soient terminés.»

Martin Marcotte, l’entraîneur du Ping-O-Max.

Intercité espérait fêter son 25e anniversaire en septembre dernier. Le club fait plutôt face à d’immenses défis. «Tout le monde s’achetait des trampolines de jardin cet été. J’étais tellement contente, je me disais que nous avions une future clientèle, que c’était encourageant. Ça change vite...»

Avec la collaboration de Gabriel Delisle