Joëlle Carle, du groupe Facebook Zéro déchet Mauricie et Centre-du-Québec, et Steven Roy Cullen, directeur général de La Gazette de la Mauricie.

Une carte interactive recense les commerces zéro déchet de la région

TROIS-RIVIÈRES — Une cinquantaine de marchés d’aliments en vrac, autant de lieux pour acheter des vêtements et items de seconde main, 22 magasins de produits de soins personnels en vrac et 12 magasins de produits d’entretien ménager en vrac: les commerces qui offrent des options zéro déchet à leurs clients ne manquent pas dans la région. C’est du moins ce que tend à montrer une carte interactive produite par la Gazette de la Mauricie, en collaboration avec le groupe Facebook Zéro déchet Mauricie et Centre-du-Québec.

«On a commencé à répertorier les endroits qui offrent l’option zéro déchet, explique Joëlle Carle, l’une des administratrices du groupe créé il y a quatre ans. J’ai voulu faire une carte, mais c’était trop compliqué de faire ça toute seule, alors j’ai simplement continué à monter le fichier.» Puis, l’hiver dernier, le groupe a décidé de partager ces données avec la Gazette de la Mauricie. Le périodique a alors conçu et publié dans ses pages une carte montrant les commerces recensés, puis en a fait une version en ligne, interactive. 

«On voulait que les gens puissent eux-mêmes la mettre à jour, ajouter des commerces, puisqu’on ne prétendait pas que c’était exhaustif, explique Steven Roy Cullen, directeur général de la Gazette de la Mauricie. Depuis, il y a eu beaucoup de partage sur les réseaux sociaux. On est très fiers de la visibilité que cette carte a eue.»

La carte permet d’ailleurs de constater que les commerces qui offrent cette option à leurs clients ne se trouvent pas uniquement en milieu urbain, bien qu’ils y sont en plus grand nombre, surtout à Trois-Rivières: de Saint-Célestin à Sainte-Thècle et de Maskinongé à Sainte-Anne-de-la-Pérade, plusieurs villages en hébergent au moins un. 

12 M$ pour les rebuts

Depuis sa création, la carte a été consultée près de 6000 fois. Elle a récemment été mise à jour par l’équipe de la Gazette de la Mauricie et a trouvé un écho sur la page Facebook de la Ville de Trois-Rivières, qui a partagé le lien y donnant accès. 

«Quand on voit ce genre d’initiative, c’est normal qu’on la partage, explique Guillaume Cholette-Janson, agent de communication à la Ville de Trois-Rivières. La Villa encourage ce genre d’action (zéro déchet), parce qu’on y croit.»

M. Cholette-Janson rappelle d’ailleurs que la Ville prévoit dépenser en 2019 plus de 6,3 millions $ pour la collecte, le transport et l’enfouissement des ordures ménagères, ainsi que 4,3 millions $ pour la collecte, le transport et le tri des matières recyclables. «En tout, si l’on ne compte pas uniquement la collecte domestique, la Ville devrait dépenser entre 11 et 12 millions $ pour s’occuper des déchets et des matières recyclables», conclut-il. 

Mode de vie en croissance

Alors que la lutte contre les changements climatiques prend de plus en plus d’importance dans l’opinion publique, comme en atteste un sondage réalisé le mois dernier par Recherche Mainstreet, l’intérêt envers l’option zéro déchet a lui aussi grandi depuis quelques années, selon Joëlle Carle. 

«En 2017-2018, on était entre 300 et 500 membres, alors qu’aujourd’hui, on est plus de 4000, se réjouit-elle. Il y a vraiment une grande différence en quatre ans. Chaque année, autour de Noël, on reçoit jusqu’à 50 demandes d’adhésion, probablement parce que les gens réalisent à quel point on consomme et on jette beaucoup pendant cette période de l’année.»

Tout comme la demande, l’offre est elle aussi en hausse, constate Steven Roy Cullen. Quant à savoir si cette mouvance peut se transformer en un changement de culture radical, il reste sceptique. 

«On voit que les gens sont de plus en plus préoccupés par l’environnement et les changements climatiques, et il y a des changements dans la population. Mais au niveau politique, je ne suis pas sûr qu’on soit là», indique celui qui a d’ailleurs été candidat pour Québec solidaire aux élections provinciales de l’automne dernier. 

Pour consulter la carte interactive: http://bit.ly/2yrlhu5.