Après avoir traversé la vitre, la capsule a poursuivi son envolée pour s'échouer plus loin sur le pavé.

Une capsule de CO2 pour vélo explose dans sa voiture

Une femme de la Mauricie a eu bien chaud la semaine dernière lorsqu'une capsule de CO2 servant à gonfler des pneus de vélo a explosé dans son véhicule. D'une force étonnante, l'explosion de la douille pressurisée a traversé le pare-brise de l'automobile pour se retrouver sur la chaussée.
Objet bien connu des cyclistes, la capsule de CO<sub>2</sub> a été complètement éventrée par l'explosion.
Le 19 juillet dernier, après une journée de vélo dans le parc national de la Mauricie, Josée Normandin se rendait dans une boutique de sports afin d'y faire effectuer une réparation sur son vélo. À la demande des employés, Mme Normandin a retiré la selle et, par conséquent, son sac de selle dans lequel se trouvaient trois capsules de CO2.
Ces capsules, qui remplacent la traditionnelle pompe, sont fréquemment utilisées par les cyclistes lorsqu'une crevaison survient. Or, il semble que ces objets peuvent s'avérer extrêmement dangereux lorsqu'ils sont exposés au soleil.
C'est ainsi que le lendemain matin vers 11 h, Josée Normandin a déplacé le sac de selle contenant les douilles pour le mettre sur le dessus du tableau de bord de son véhicule. Vers 13 h, accompagnée de son fils de 12 ans, elle devait utiliser son véhicule lorsqu'elle a remarqué que son pare-brise était troué et fissuré. Le sac de selle éventré, il ne restait que deux des trois capsules de CO2 à l'intérieur du VUS. À la demande de sa mère, le fils avait ramassé ce qu'elle croyait être un détritus plus loin dans le stationnement.
La capsule était sur le tableau de bord lors de la détonation. Les dégâts au pare-brise sont sans équivoque.
Le sac de selle qui contenait les bonbonnes est méconnaissable après l'incident.
Mme Normandin fut prise de panique lorsque son fils lui a remis ce qui s'est avéré être la capsule complètement détruite. «Je l'ai prise et j'ai vu l'écriteau ''CO2'' dessus. J'ai repensé au sac de selle tout éventré et je me suis dit ''ayoye, j'ai une bonbonne qui a explosé''. Il en restait encore deux dans l'auto. Là, j'ai pris panique», raconte-t-elle avant d'ajouter: «Je ne savais pas comment les retirer de mon auto. Je ne savais pas si les deux autres étaient sur le point d'exploser».
«Le monsieur qui est venu réparer mon pare-brise m'a dit que ça prenait une force 4G pour faire un trou comme la bonbonne a fait. Qu'est-ce qui se serait passé si j'avais été dans l'auto avec mon fils? On ne sait pas ce qui aurait pu arriver, je suis sous le choc», ajoute celle qui a dû contacter ses assurances.
Après l'incident, Mme Normandin a mis en ligne des photos de son véhicule et de la bonbonne qui sont tout de suite devenues virales. «Je me suis fait écrire par un ingénieur en aéronautique qui m'a dit qu'un incident comme celui-là n'est pas normal. Que c'est probablement un problème de conception et qu'il faut contacter la compagnie», relate-t-elle.
Cette suggestion est judicieuse puisque l'inspection des bonbonnes rescapées par la Trifluvienne n'a pas permis d'en apprendre beaucoup sur les risques liés à leur usage. «Il n'y a qu'une seule mention en petit. La fiche signalétique ne mentionne pas que ça peut exploser ni prendre feu. C'était mon premier vélo de route. On m'a suggéré d'acheter une trousse de réparation alors je me suis procuré les bonbonnes. Personne ne m'a expliqué comment ça marchait. Ce n'était pas une nécessité pour moi de les sortir du véhicule», souligne Mme Normandin.
Pour Vasco Fraga, du magasin Brunelle Sports, c'est la première fois qu'il entend parler d'un tel incident. «Au nombre qu'on vend, on ne le mentionne pas à chaque fois. Par contre, on offre des formations sur la manipulation de l'équipement», indique-t-il.
Si aucune enquête n'a été réalisée, tout indique que la chaleur est responsable de l'explosion. 
«C'est rare que ça arrive. Ça prend une bonne chaleur. La bonbonne a probablement été laissée exposée directement au soleil et, comme la vitre amplifie la chaleur, la bonbonne a explosé», ajoute M. Fraga. 
Ne voulant pas revivre l'épisode deux fois, Mme Normandin a entreposé les deux autres douilles dans son garage, sur son congélateur. «Elles sont dans mon garage. Je ne sais pas quoi faire avec. Je les enterre? Même au magasin ils ne savent pas comment s'en débarrasser», dit-elle en riant.
Alors que l'incident aurait pu être beaucoup plus grave, la Trifluvienne n'a pas encore décidé si elle allait entreprendre des démarches juridiques. «Ce que je souhaite avant tout, c'est prévenir. Je veux prévenir les gens des risques liés à ces bonbonnes. Je ne sais pas si je vais les poursuivre, mais je veux les aviser», termine-t-elle.