Sur la photo: Joanne Blais, de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, Stéphan Béland, du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, Loraine Dugas, du Conseil central du Cœur du Québec-CSN, Catherine Gendron, du Mouvement action-chômage de Trois-Rivières ainsi que Pierre Blanchet, du Mouvement d’action solidaire des sans-emploi des Chenaux.

Une campagne pour dénoncer les injustices

TROIS-RIVIÈRES — Alors que le taux de chômage est à un niveau historiquement bas dans la région et qu’une pénurie de main-d’œuvre frappe plusieurs secteurs d’activités, il existe encore des injustices dans le monde du travail. Selon plusieurs organismes, les femmes sont notamment toujours désavantagées relativement aux prestations auxquelles elles ont droit dans le cadre de l’actuel régime d’assurance-emploi.

Afin de dénoncer ces mesures qui désavantagent les femmes par rapport aux hommes, le Mouvement action-chômage de Trois-Rivières, le Mouvement d’action solidaire des Sans-Emploi des Chenaux, la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, le Conseil Central du Cœur du Québec-CSN et le Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges font front commun et lancent une campagne ayant comme thème De travailleuses à chômeuses, même injustice, même combat!

«Les travailleuses occupent davantage d’emplois à temps partiel et sous-rémunérés et, pour cette raison, elles sont plus souvent inadmissibles aux prestations car elles n’arrivent pas à se qualifier étant donné le nombre élevé d’heures requises. Si elles réussissent à se qualifier, ces femmes reçoivent généralement des prestations moins longtemps car la durée de la période de prestations dépend du nombre d’heures accumulées», déplore Joanne Blais, directrice de la TCMFM.

Par ailleurs, le régime actuel ne permet pas aux femmes retournant au travail après un congé de maternité et qui apprennent que leur poste a été aboli ou qu’elles le perdent peu de temps après de recevoir des prestations de chômage. En plus de décrier le caractère inadmissible de cette réalité, les organismes derrière la campagne déplorent que certains employeurs aient tendance à y recourir à se départir d’une employée.

le monde de l’éducation pas épargné

Par ailleurs, il semble que des femmes œuvrant dans le monde de l’enseignement et ayant reçu des prestations en vertu du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) se retrouvent parfois sans revenu à la fin de l’année scolaire.

«Plusieurs enseignantes à statut précaire se retrouvent sans contrat, donc sans le sou. Elles n’ont pas réussi à accumuler assez d’heures pour ‘‘se qualifier’’ pour recevoir des prestations de chômage car elles étaient en congé parental une partie de l’année. Il faut se rappeler que ces dernières ne savent pas quand elles auront un nouveau un contrat, sans parler qu’il peut s’agir d’un contrat à temps partiel», observe Stéphan Béland, vice-président du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges.

Afin de mettre fin à ces injustices, les organismes revendiquent une modification qui aurait pour effet d’établir un nombre d’heures unique pour se qualifier, qui devrait se chiffrer à 350 heures selon eux. De plus, ils croient que le RQAP devrait être ajouté aux motifs qui permettent de prolonger la période de référence.

Une pétition et une campagne de lettres d’appui ont donc été lancées afin de sensibiliser les élus à cette réalité.