«Une bonne transaction pour les deux parties»

Trois-Rivières — L’annonce de la transaction entre la microbrasserie Le Trou du diable et le brasseur mondial Molson Coors aura fait couler beaucoup d’encre, jeudi. Les réactions ne se sont d’ailleurs pas fait attendre dans la région. Philippe Wouters, le chroniqueur bière de Groupe Capitales Médias et éditeur du magazine spécialisé Bière et plaisir, qui a appris la nouvelle en primeur jeudi matin, semble voir cette transaction d’un bon œil pour la région.

«C’est une bonne nouvelle pour Le Trou du Diable de Shawinigan puisque d’une part, ils étaient déjà à leur maximum de capacité au niveau du brassage. Ils se devaient donc d’investir pour réussir à développer leur offre encore plus loin. Ils avaient des ambitions internationales, donc cette transaction va leur enlever beaucoup de pression», avoue-t-il.

Il estime par ailleurs que l’entreprise Molson Coors sortira elle aussi grande gagnante de cette transaction.

«Il leur manquait un produit qui était très tendance actuellement, autre que la bière en fût. Donc c’est certain que cette transaction est bien pour leur réputation.»

Si cette transaction est bénéfique pour les deux acteurs, le chroniqueur croit toutefois que c’est dans le domaine des microbrasseries indépendantes et des compétiteurs de Molson que la tension se fera sentir.

«Premièrement Labatt va regarder cette transaction avec intérêt puisque leur compétiteur vient de se prémunir de nouveaux produits très convoités. Deuxièmement,les microbrasseries indépendantes viennent de perdre un acteur important de leur milieu. Elles vont donc devoir partager les tablettes avec un produit de qualité similaire au leur, mais de marque Molson, qui est un très gros joueur pour eux», soutient-il.

L’avenir des «grosses brasseries»

Alors que l’attrait des microbrasseries pour les brasseurs mondiaux semble être à son plus fort, Philippe Wouters serait toutefois étonné de voir des transactions similaires prochainement.

«Je crois, oui, que les grosses brasseries tentent d’aller chercher de plus en plus des bières de microbrasseries pour leur intérêt, mais je pense que ça va prendre un certain temps avant que d’autres microbrasseries québécoises ne soient rachetées, car plusieurs transactions du genre ont déjà été effectuées. Elles vont donc devoir analyser les résultats et les conséquences de telles transactions avant de poursuivre dans le même sens.»