Le glissement de terrain survenu à Mont-Carmel est important.

Une bonne frousse à Mont-Carmel

Notre-Dame-du-Mont-Carmel — La fin de soirée de lundi a été mouvementée pour cinq citoyens du chemin Saint-Louis à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Ces personnes ont été évacuées par les autorités après qu’un glissement de terrain ait entraîné une impressionnante masse de terre dans le fond de la rivière Cachée.

Les cinq personnes habitent trois maisons de ce chemin. Le glissement de 100 pieds de long, 30 pieds de large et 30 pieds de profondeur a emporté une portion de terrain de l’une des maisons, découvrant une partie de ses fondations et sa fosse septique. Une section de la propriété est dans le vide.

«Le glissement a dénudé le solage d’un chalet», confirme Sébastien Doire, directeur régional de la Sécurité civile, qui reconnaît que la situation avait le potentiel de donner une bonne frousse aux résidents touchés.

La pluie qui s’est abattue sur la région au cours des derniers jours a vraisemblablement contribué à cet affaissement. Personne n’a été blessé à la suite de l’affaissement qui n’a causé aucun dommage matériel.

Le propriétaire des trois résidences et du terrain sur lequel elles sont construites, Gino Campanozzi, a été alerté par l’une de ses locataires en soirée lundi. Il s’est donc rapidement rendu sur place et a constaté l’ampleur des dégâts et la gravité de la situation.

«Elle m’a dit qu’elle avait entendu un bruit et des arbres tomber dans le bois. Comme je n’habite pas loin, je m’y suis rendu pour voir c’était quoi, en me disant que c’était peut-être une niaiserie. Mais ce n’était pas une niaiserie», raconte-t-il.

Personne ne se trouvait à l’intérieur de la construction qui a été la plus touchée lorsque le glissement s’est produit. M. Campanozzi, ainsi que ses locataires, devront cependant faire leur deuil de cette petite résidence, qui a, comme les deux autres, été construite en 1993.

«Nos assurances ne couvrent pas ça. Ça sera donc une perte pour moi si jamais je ne suis pas couvert par les programmes d’aide aux sinistrés», indique le propriétaire.

Pour ce qui est des cinq personnes évacuées, elles ont été prises en charge par la Croix-Rouge et ne savent pas quand elles pourront réintégrer leur logis, ou récupérer leurs biens en ce qui concerne ceux de la maison qui est en partie dans le vide.

Des experts en mouvements de sol sont d’ailleurs arrivés mardi matin afin d’analyser le secteur. Selon leurs premières constatations, les lieux sont toujours propices à d’autres affaissements.

«Il y a un risque que ça s’agrandisse, car la paroi est très abrupte et il y a la présence d’eau dans le haut du talus. Et on annonce de la pluie», ajoute M. Doire, en précisant que cet agrandissement du trou pourrait se faire en direction de la maison dont les fondations sont dégarnies ou dans une autre direction.

Le glissement de terrain de Mont-Carmel est le sixième à survenir en Mauricie depuis le début du printemps.

D’autre part, la Sécurité civile continue de surveiller les cours d’eau de la région. Les prévisions météo font état de quelque 30 mm de pluie d’ici vendredi.

«On va rester alerte, souligne M. Doire. La rivière Mékinac est très haute. C’est un secteur qui nous préoccupe et on va voir comment ça va aller dans les prochains jours. La quantité d’eau annoncée est importante, mais ça va dépendre des déplacements des systèmes et aussi de la fonte des neiges.»

La rivière Croche, dans le secteur de La Tuque, subit une hausse de son niveau d’eau, tout comme le fleuve Saint-Laurent.

La crue des eaux a entraîné la fermeture d’un tronçon du rang Saint-Joseph à Saint-Paulin. Dans la même localité, le chemin des Cèdres est partiellement inondé, de même que le chemin du lac Bergeron.

La rue des Hirondelles à Bécancour est inondée par l’eau provenant du fleuve Saint-Laurent.

Du côté de Maskinongé, quelque 70 maisons de la route Langue-de-Terre sont entourées d’eau. La situation est semblable pour une vingtaine de résidences du chemin Montréal, voisin de Langue-de-Terre.

Avec la collaboration de Mathieu Lamothe