Guillaume Vermette a pris une bière - virtuellement - avec Patch Adams, l’un de ses grands amis, dans le cadre de sa série Prendre une bière avec un clown humanitaire, sur Facebook.
Guillaume Vermette a pris une bière - virtuellement - avec Patch Adams, l’un de ses grands amis, dans le cadre de sa série Prendre une bière avec un clown humanitaire, sur Facebook.

Une bière avec un clown humanitaire [VIDÉO]

TROIS-RIVIÈRES — Il est plutôt compliqué de prendre une bière avec un ami, un collègue ou une connaissance, en temps de pandémie. Cela n’empêche toutefois pas le clown humanitaire Guillaume Vermette de le faire, mais de manière virtuelle. Celui qui est bien connu au Québec pour son travail dans les camps de réfugiés et les orphelinats autour de la planète invite chaque semaine une personnalité publique à en boire «une frette» avec lui (à distance, confinement oblige).

C’est pour briser un peu son propre isolement que Guillaume Vermette a lancé cette initiative. «Je m’ennuie des gens, confie-t-il. Je suis quelqu’un de proximité, j’ai l’habitude de faire plein de conférences, d’inspirer des gens et de rencontrer des personnes inspirantes. Je me suis dit que je pourrais faire des conférences virtuelles, j’ai essayé sur Zoom, mais ce n’est pas pareil. Quand je fais ça, j’aime regarder les gens dans le blanc des yeux. Alors je me suis dit: et si je le faisais avec une autre personne?»

Le clown humanitaire souhaite également faire connaître le travail humanitaire de personnalités publiques, une dimension d’elles parfois méconnue du public. Ce n’était toutefois pas le cas avec son premier invité: le célèbre Patch Adam, docteur et clown humanitaire, que Guillaume Vermette côtoie régulièrement depuis des années.

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«Dans un sens, c’est un des invités les moins intéressants – pour moi – parce que je connais déjà bien son implication. Mais pour les autres invités, ce sont des gens que je connais très peu et j’espère en apprendre sur leur travail humanitaire», explique-t-il.

Cette première vidéo a toutefois intéressé bien des internautes: en direct ou en différé, elle avait été regardée par plus de 36 000 personnes, vendredi.

Le second invité de Guillaume Vermette, ce vendredi 29 mai, était l’auteur et metteur en scène Serge Denoncourt, originaire de Shawinigan. Outre les nombreuses productions théâtrales et télévisuelles auxquelles il a contribué, il a mis sur pied une comédie musicale impliquant une vingtaine de jeunes Roms, une minorité ethnique et culturelle présente dans de nombreux pays, surtout en Europe, de la Serbie. Ce projet a été financé par un organisme non gouvernemental britannique qui œuvre à améliorer le sort des Roms.

Parmi les autres invités de Guillaume Vermette, on compte la chanteuse Judi Richard, conjointe de l’humoriste Yvon Deschamps. «C’est une femme qui s’est impliquée dans tellement de causes! Elle me fascine, surtout pour son implication pour les droits des femmes. D’elle-même, elle a suivi l’organisme OXFAM dans plusieurs initiatives à travers la planète», explique-t-il. Sa visite est prévue pour le 5 juin.

Il recevra aussi l’humoriste et globe-trotter Bruno Blanchet, qui s’est également impliqué pour tenter d’améliorer le quotidien des communautés qui l’ont accueilli lors de ses voyages. «C’est un nomade, un globe-trotter et un genre de clown, un peu comme moi. Je pense qu’il a lui aussi un amour de la rencontre et de l’être humain», se réjouit d’avance Guillaume.

«Je suis complètement déconnecté de la télévision et du vedettariat. Ce qui m’intéresse, c’est de parler avec tous ces gens qui portent des causes et font des projets humanitaires, de leur demander: pourquoi tu fais ça? Qu’est-ce que ça t’apporte? Je veux montrer des modèles aux gens, les inspirer», explique le clown humanitaire.

Ces rencontres virtuelles hebdomadaires se déroulent sur la page Facebook de Guillaume Vermette et se poursuivront jusqu’à la fin juillet. Le clown humanitaire verra par la suite s’il dispose toujours d’assez de temps pour les réaliser, selon comment se déroule le déconfinement au Québec et dans le monde.

«Je suis un clown essentiel»

Ce n’est pas parce qu’il est confiné à Trois-Rivières, dans le quartier Sainte-Cécile, que Guillaume Vermette reste les bras croisés. Récemment, il a rejoint les rangs de l’organisme trifluvien Point de rue, une alternative au projet de cirque social qu’il comptait lancer en partenariat avec l’organisme, mais qui est remis aux calendes grecques en raison de la pandémie. Ce travail, qui l’occupe une bonne vingtaine d’heures par semaine, correspond tout à fait à celui qu’il fait habituellement autour du monde.

Avec son unicycle et ses accessoires, Guillaume Vermette s’est transformé en travailleur de rue et sillonne les rues du quartier Sainte-Cécile, à Trois-Rivières, où il demeure.

«Vu qu’on a tout avantage à être authentique dans ce métier, je le fais en clown. Ça aide beaucoup à gagner la confiance et à établir le contact. Je suis comme un clown de ruelle, un clown essentiel», s’amuse-t-il.

Outre cette nouvelle corde à son arc, la Caravane philanthrope qu’il a mise sur pied il y a un peu plus de deux mois. Outre des clowns – dont Jérôme Blanchet, de Trois-Rivières, qui vit avec une surdité profonde – des musiciens ont rejoint les rangs de la Caravane pour égayer à leur façon le quotidien des résidents de l’organisme Le Havre et de résidences pour personnes âgées. Des clowns offrent également des spectacles gratuits, par webcams, pour les anniversaires d’enfants. Un contact qui fait apparemment le plus grand bien à ces derniers.

Les artistes impliqués sont payés, avec les fonds dont disposait la Caravane philanthrope pour ses projets internationaux. Une façon de permettre aux artistes, qui subissent les conséquences de la pandémie, surtout du confinement, de continuer à rayonner.

«C’est triste de voir le milieu de la culture drastiquement et violemment affecté. En même temps, c’est intéressant de voir que c’est une période où les clowns, les artistes de cirque et les amuseurs publics ont beaucoup d’opportunités de s’impliquer. Ça montre que les clowns sont importants dans la société. Après tout, c’est ce qu’on fait, briser l’isolement», estime Guillaume Vermette.