Luc Pellerin, maire de Saint-Stanislas.
Luc Pellerin, maire de Saint-Stanislas.

Une beauté en quête d’une cure de rajeunissement

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Saint-Stanislas — On y trouve deux rivières, la Batiscan et la rivière des Envies. Des montagnes se dessinent à l’horizon lorsqu’on approche du village. Plusieurs bâtiments patrimoniaux lui confèrent un charme unique. Malgré son paysage attrayant, Saint-Stanislas a besoin d’une cure de rajeunissement pour mettre en valeur tous ses attraits et attirer de nouvelles familles. Depuis 2011, elle a perdu une vingtaine d’habitants et plus de la moitié des résidents ont entre 45 et 74 ans. Les plus de 60 ans comptent pour 32 % de la population.

La SADC de la Vallée de la Batiscan a donc approché les autorités municipales pour voir comment on pourrait améliorer les choses. La Société de développement de Saint-Stanislas a tout de suite emboîté le pas et quelques réunions ont été tenues avec la population pour faire le point et trouver de bonnes idées. L’organisme Rues Principales a également été invité à dresser un plan de développement.

Le maire, Luc Pellerin, est visiblement très enthousiaste face aux perspectives de développement de sa municipalité qui se dessinent à la suite de ces interventions. «Il faudra attirer de jeunes familles», constate-t-il. «En partant, il nous faut Internet haute vitesse», dit-il. L’expression de son visage rappelle qu’il s’agit toujours d’un enjeu complexe et difficile dans la MRC des Chenaux toutefois.

Le taux de chômage à Saint-Stanislas voisine les 18 %. Le revenu individuel des citoyens est inférieur à celui de la MRC des Chenaux où la municipalité se situe.

Plus de la moitié du parc immobilier date d’avant 1960 et près de 10 % de tous les bâtiments nécessitent des réparations majeures comme en témoignent certaines maisons dans le coeur villageois.

Luc Pellerin songe à diverses stratégies pour essayer d’améliorer la situation. Fleurir le coeur du village, dès l’été prochain, est un premier moyen peu coûteux qui pourrait inciter les gens à embellir chacun leur demeure. Quelques bénévoles habiles en menuiserie pourraient peut-être lever la main pour refaire à moindre coût des galeries affaissées, illustre-t-il. Toutes les idées seront explorées.

«L’argent, c’est le nerf de la guerre», fait-il valoir.

L’argent n’est toutefois pas le seul frein au développement. Il y également toutes les contraintes imposées par les réglementations et les ministères. L’aménagement d’un endroit pour donner accès à la rivière aux kayakistes, par exemple, serait soumis à de telles contraintes, croit le maire.

Malgré tout, la municipalité croit en son potentiel. Les chutes à Goulet, Prince et Cossette offrent des points de vue spectaculaires. Le patrimoine, avec ses bâtiments d’inspirations italienne et victorienne et ses moulins, n’attend qu’à être valorisé pour faire le délice des touristes.

L’endroit est favorisé par la présence de sentiers de motoneige et de VTT. On y trouve également une église dont l’acoustique permettrait la tenue de concerts. Le village compte plusieurs commerces de proximité (épicerie, pharmacie, poste d’essence, soins de santé) de même que de bonnes infrastructures de loisirs, sans compter des nombreuses érablières.

L’analyse qui fut faite en collaboration avec des citoyens et l’organisme Rues Principales, au cours de l’année 2019, démontre qu’il y a beaucoup à faire.

On a notamment besoin d’une activité identitaire. On parle de faire revivre le personnage historique de la célèbre Émilie Bordeleau. On rêve d’un ambassadeur du style Fred Pellerin. «Moi, je suis un Pellerin», fait valoir le maire en riant, bien conscient que rien ne vaut l’original pour donner une saveur unique à un patelin.

Saint-Stanislas sait qu’elle doit aussi mettre les pieds dans le XXIe siècle. La population veut des aménagements cyclables, des vélos en prêt libre-service, plus d’arbres et moins d’îlots de chaleur, des bornes électriques, des résidences pour les personnes non autonomes, plus de services médicaux et un accès amélioré au Wi-Fi, notamment près des parcs. Elle veut aussi plaire aux plus jeunes en aménageant un planchodrome, par exemple, de même que des infrastructures sportives pour le soccer, le basket, le ski de fond.

Et, pourquoi pas, un incubateur artistique, un centre d’interprétation de l’agriculture et de quoi tirer avantage de la manne qu’offre le Festival western de Saint-Tite en aménageant un camping et des navettes.

Les idées ne manquent pas et ce n’est pas en un seul mandat, fait valoir le maire, que tout cela verra le jour. À lui seul, l’éclairage du nouveau terrain de balle coûtera 300 000 $, illustre-t-il pour faire valoir l’ampleur des investissements qu’il faudrait faire.

Une vraie cure de rajeunissement de Saint-Stanislas, croit le maire, passera par les initiatives d’entreprises.

Il passera également par l’implication des bénévoles et des nouvelles familles qui viendront éventuellement prendre racine dans ce petit coin de pays enchanteur.