Le projet s’installera dans le nouveau parc industriel de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Une autre usine de cannabis dans la région

NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL — Après Louiseville et Bécancour, c’est au tour de la Municipalité de Notre-Dame-du-Mont-Carmel d’accueillir une usine de cannabis. La Municipalité a vendu un terrain de son parc industriel, en juillet, où sera construite, d’ici 12 à 18 mois, une usine de microculture de cannabis à des fins médicales et thérapeutiques sous le contrôle de Santé Canada.

La Municipalité a accepté la transaction en juillet par voie de résolution. L’acquéreur, Joël Leboeuf, a payé le terrain 0,10 $ le pied carré. Peu de détails ont filtré sur le projet, notamment sur l’ampleur de l’usine, mais le projet sera créateur d’emplois, indique le maire, Luc Dostaler. Comme ailleurs, la Municipalité a dû créer un zonage spécial pour accueillir cette entreprise très encadrée par la législation fédérale.

La microculture du cannabis est une catégorie de licence particulière accordée par le gouvernement du Canada pour la culture du cannabis.

Elle autorise la participation de petits cultivateurs à l’industrie du cannabis légal et autorise les mêmes activités qu’une licence de culture standard, mais à plus petite échelle.

Rappelons qu’à Bécancour, la serre de cannabis à usage médical de l’entreprise Flora Agritech est déjà construite et prête à recevoir les plantes et l’autorisation du fédéral.

Les normes en matière de production de cannabis légal obligent en effet à construire l’édifice avant l’émission de l’autorisation officielle de produire. C’est pourquoi le promoteur de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a aussi un plan B (entreposage et locaux) pour son édifice, précise le maire Dostaler.

Du côté de Bécancour, «selon l’indication qu’on a, tout est complété. Notre équipe a même fait une visite il y a quelques jours et c’est impressionnant comme bâtiment», raconte le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard.

Ce genre de projet, dit-il, se fait étape par étape. «Il y a des inspections continues de la part du fédéral. Ils sont prêts à recevoir l’autorisation de faire de la production et ils l’attendent d’une semaine à l’autre. Il n’y a pas de ratés, c’est à quelques semaines près ce qui était prévu. Et là, ils sont en attente du permis et les plantes devraient arriver», poursuit-il tout en faisant savoir «qu’il y a une cohorte actuellement à l’École d’agriculture de Nicolet pour former les gens pour travailler éventuellement là».

Comprenant quatre phases, pour un total de 120 millions de dollars, le projet de Bécancour créera à terme une centaine d’emplois dans la région. À elle seule, cette première phase, qui représente un investissement de 40 millions de dollars, permettra de créer une cinquantaine d’emplois.

Luc Dostaler, maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Il n’a pas été possible de savoir quelles seront les retombées en termes d’emplois du côté du projet de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Rappelons qu’en Mauricie, IsocanMed opère une usine de production de cannabis destiné à l’usage thérapeutique depuis environ un an, à Louiseville. L’entreprise prévoyait agrandir ses installations en 2019, mais a finalement reporté ce projet.

Du côté de Trois-Rivières, une entreprise envisageait également de lancer une usine de production de cannabis thérapeutique, dans le parc industriel des Carrefours. Une option d’achat avait été accordée à la compagnie en 2016 et avait été prolongée jusqu’au 15 février 2019. Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, qui gère les parcs industriels de la Ville, indique toutefois que le promoteur a depuis renoncé à démarrer son projet à Trois-Rivières.

IDE a été approché depuis par d’autres entrepreneurs pour des projets de production de cannabis. L’organisme indique cependant que leurs projets ne se sont pas réalisés, du moins, pas à Trois-Rivières et ne plus avoir de contacts avec eux.

Parc industriel en ébullition

Ce n’est pas la seule bonne nouvelle pour la municipalité de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Son nouveau parc industriel qui, il y a quelques mois à peine, «battait de l’aile», indique le maire, accueillera également deux autres entreprises en plus de l’usine de cannabis.

L’une d’elles est S.T. Carrosseries inc. de Saint-Maurice qui aménagera un nouvel atelier de peinture et créera, au départ, une dizaine d’emplois. L’autre est un incubateur industriel composé de locaux de diverses dimensions.

Le maire Dostaler ajoute que le parc industriel accueillera également un tout nouvel écocentre en collaboration avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie. Les écocentres permettent aux citoyens d’aller porter diverses matières recyclables qui ne peuvent être déposées dans le bac bleu comme du bois, certains matériaux de construction et autres.

Finalement, Notre-Dame-du-Mont-Carmel déménage également son garage municipal dans son parc industriel. Rappelons que l’hiver dernier, l’accumulation fréquente et extrêmement lourde de précipitations de pluie, de neige, de grésil et de verglas avait fait s’effondrer la toiture du garage municipal. Heureusement, aucun travailleur ne se trouvait à l’intérieur à ce moment-là.

Le maire Dostaler se réjouit des nouvelles entreprises qui viennent s’installer chez lui. Le manque de travail sur le territoire de la municipalité «était une faiblesse chez nous», dit-il. Obtenir ces nouvelles entreprises aidera grandement à faire vivre des commerces essentiels comme le dépanneur la pharmacie, par exemple, conclut-il.

(Avec la collaboration de Mathieu Max-Gessler et de Marc Rochette.)