La résidence pour aînés Le St-Laurent, du secteur Sainte-Marthe-du-Cap, fermera ses portes le 30 septembre prochain. Ce sont 49 résidents qui devront être relocalisés.

Une autre résidence pour aînés doit fermer à Trois-Rivières

Trois-Rivières — La vague de fermeture de résidences pour aînés frappe à nouveau la région. La résidence Le St-Laurent, du secteur Sainte-Marthe-du-Cap, fermera ses portes le 30 septembre prochain, forçant la relocalisation de près de 50 personnes âgées.

La résidence Le St-Laurent fait partie du réseau des résidences Ophélia, qui compte cinq établissements, soit deux à Trois-Rivières et trois à Victoriaville. Celle qui va fermer était la plus importante en terme de capacité, avec 108 places, mais affichait un taux d’inoccupation de plus de 50 %, indique Jean-Claude Bujold, président des résidences Ophélia. Celui-ci tient par ailleurs à préciser que les autres résidences du réseau vont bien et qu’aucune autre n’est menacée de fermeture.

C’est la pénurie de main-d’œuvre et l’incapacité de rentabiliser les opérations, compte tenu de la lourdeur de la clientèle, qui ont acculé l’établissement au pied du mur, soutient M. Bujold. Il explique avoir perdu 13 résidents entre janvier et février de cette année — certains ont été transférés en CHSLD, d’autres sont décédés —, rendant toute perspective de rentabilité illusoire.

Ophélia avait investi 100 000 $ dans la résidence de Sainte-Marthe-du-Cap, en 2017, pour revamper les installations. Or, indique M. Bujold, l’épisode de la perte de clientèle de janvier dernier était le troisième du genre en six ans. C’était plus que ce que la résidence pouvait supporter, se désole-t-il.

Le processus de relocalisation est enclenché avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). Chaque famille s’est vu assigner un travailleur social. «On a fait ça dans les règles de l’art, on n’a pas fait ça en sauvage», maintient M. Bujold, «on ne fait pas ça de gaieté de cœur», ajoute-t-il.

En procédant comme elle le fait, la résidence St-Laurent agit conformément à la Loi sur les services de santé et services sociaux qui stipule que «l’exploitant d’une résidence privée pour aînés qui désire cesser ses activités, même à l’égard d’une partie seulement de la résidence, doit donner un préavis d’au moins six mois de son intention à l’agence concernée».

Or, cette règle des six mois de préavis devrait être revue, selon le Regroupement québécois des résidences pour aînés. S’il convient qu’il importe de se soucier de la relocalisation des résidents, Yves Desjardins, président directeur général du regroupement, indique que la règle place les résidences en difficulté dans une situation intenable. «Quand tu fermes, c’est que les gens ont épuisé toutes leurs ressources. Ils ne disent pas “je prévois que je vais avoir des difficultés dans six mois”, c’est qu’ils sont vraiment à bout», illustre-t-il.

Une autre difficulté, souligne M. Desjardins, tient au fait qu’à partir du moment où les travailleurs sont avisés d’une fermeture prévisible, ils se mettent logiquement en recherche d’emploi. Il devient ardu de maintenir les effectifs nécessaires jusqu’au jour de la fermeture. D’autant que c’est souvent la pénurie de main-d’œuvre qui pousse les résidences vers la fermeture dans un premier temps.

S’il ne se fait pas d’illusions sur une refonte de la loi, M. Desjardins en appelle à plus de souplesse dans son application. Il estime qu’un juste milieu peut être trouvé entre l’intérêt des résidents et les impératifs auxquels font face les propriétaires en difficulté. En début d’année, Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés, mettait à l’amende une résidence de la région de Québec, le Royaume des aînés, pour ne pas avoir respecté le délai prescrit. Celle-ci avait fermé de façon précipitée.

Au CIUSSS MCQ, on indique comprendre la problématique que vivent les résidences privées pour aînés et que tout est fait pour relocaliser rapidement les résidents, en tenant évidemment compte de leurs souhaits et de leurs besoins.

Le rôle du CIUSSS en est un d’accompagnement pour la clientèle qui désire se prévaloir d’une telle ressource. À la résidence Le St-Laurent, c’est la majorité des résidents qui a requis le service, indique Geneviève Jauron, conseillère en communication au CIUSSS MCQ.

Six intervenants et une cheffe de service étaient présents cette semaine à la résidence de Sainte-Marthe-du-Cap lorsque les résidents ont été avisés de la fermeture prochaine, fait valoir Mme Jauron. Il faut compter de deux à trois semaines avant que chaque cas soit évalué et que les démarches de recherche de nouveaux lieux d’hébergement soient entamées, explique-t-elle.

La fermeture de la résidence de Sainte-Marthe-du-Cap vient s’ajouter aux 56 résidences pour aînés de la région qui ont fermé leurs portes au cours des cinq dernières années.

M. Bujold indique ne pas savoir ce qui adviendra du bâtiment, une fois la clientèle relocalisée. «Essayez de trouver quelqu’un qui va vouloir acheter quelque chose qui est vide», laisse-t-il tomber. S’il est en étude de marché pour trouver une solution, il insiste pour dire que sa préoccupation actuelle va vers sa clientèle. Ce sont 38 personnes qui travaillent actuellement à la résidence St-Laurent. Le propriétaire dit souhaiter que ceux-ci assurent une présence jusqu’à la fermeture.