La vente de l'église Saint-Eugène du secteur Cap-de-la-Madeleine est maintenant confirmée. Selon l'abbé François Hamel, une réunion aura lieu le 16 septembre prochain afin d'officialiser le contrat de vente.
La vente de l'église Saint-Eugène du secteur Cap-de-la-Madeleine est maintenant confirmée. Selon l'abbé François Hamel, une réunion aura lieu le 16 septembre prochain afin d'officialiser le contrat de vente.

Une autre église à vendre

Laurie Noreau
Le Nouvelliste
L'église Saint-Eugène se prépare à subir le même sort que plusieurs autres églises de la région alors que la paroisse s'est résolue à mettre la propriété en vente faute de fidèles.
<p>L'abbé Hamel à l'intérieur de l'église qui sera mise en vente, faute de fidèles.</p>
À l'instar des trois églises de la paroisse Immaculée-Conception, à savoir Saint-François-d'Assise, Saint-Philippe et Sainte-Cécile, et plus récemment l'église Sainte-Marie-Madeleine, l'église Saint-Eugène du secteur Cap-de-la-Madeleine devra vraisemblablement mettre la clé dans la porte. Une réunion est prévue le 16 septembre prochain afin de déterminer à quel agent immobilier sera confié la vente. Le contrat devrait être officialisé à ce moment-là.
«La demande est vraiment venue des paroissiens. Je n'avais pas prévu qu'on en vienne là, mais je dois être à l'écoute des gens de la paroisse», concède l'abbé François Hamel qui oeuvre également au sein des paroisses Saint-Odilon et Sainte-Famille. Depuis décembre dernier, les discussions sont entamées avec les paroissiens concernant l'avenir de l'église Saint-Eugène.
Au début du mois de décembre 2013, une assemblée de paroissiens s'était conclue par une demande de la vente de l'église, du terrain et du presbytère. En janvier, le conseil de Fabrique a entériné cette décision. La demande a par la suite été envoyée à l'évêque qui a donné son accord au processus, explique-t-il. Puisque la vente n'a pas encore été officialisée, aucun acheteur ne s'est manifesté jusqu'ici.
Un bâtiment conforme
Les plans du bâtiment ont été vérifiés et aucune trace d'amiante n'a été décelée. De plus, le toit plat pourra faciliter le changement de fonction de l'église. «On nous a assuré que les bases sont très solides et qu'il serait possible d'ajouter des étages additionnels sans problème. L'acheteur n'aura pas de surprises», assure M. Hamel. Le certificat de localisation a été émis et l'abbé était en attente du rapport d'évaluation agréée qui devrait être disponible sous peu.
Quant aux biens sacrés de l'église Saint-Eugène, un inventaire a déjà été fait il y a quelques années. Le Comité d'aménagement des églises, d'art sacré et de patrimoine religieux, qui relève du diocèse de Trois-Rivières, s'occupera éventuellement de la vente et de la récupération des objets de l'église.
«On n'en est pas encore rendu là, car c'est vraiment dans les dernières étapes de la vente que le comité va décider ce qu'il va faire des objets. Certains seront probablement déplacés dans les deux autres paroisses adjacentes, à savoir Sainte-Famille et Saint-Odilon. D'autres seront offerts aux autres églises. Pour le reste, on s'assurera que ce soit consigné dans des lieux adéquats», avance Jasmine Johnson, directrice du service des communications du diocèse de Trois-Rivières.
«On n'est pas pressé»
L'abbé est relativement serein face à cette vente éventuelle malgré un réel attachement pour ce bâtiment. «Je savais qu'on ne pouvait pas continuer comme ça. À la messe, on attirait environ 40 personnes pour une église qui peut en contenir plus de 600.» M. Hamel compte prendre tout le temps qu'il faut pour conclure la vente. Par respect pour les paroissiens, il souhaite que tout soit fait dans les règles de l'art. «On n'est pas pressé», assure-t-il.
L'abbé Hamel, qui dessert également les paroisses de Saint-Odilon et Sainte-Famille, se veut rassurant quant à l'avenir de ces églises. «Les paroissiens n'ont pas demandé la vente de ces deux églises. Tout va bien de ce côté-là», soutient-il. Il dément le fait que les trois paroisses aient «fusionné» contrairement à ce qui a été répandu. «Elle ne se sont pas regroupées. Elles sont restées autonomes les unes des autres. Elles se partagent seulement le même pasteur», précise-t-il.
Pour l'instant, les fidèles de la paroisse de Saint-Eugène portent bien leur nom puisqu'ils n'ont pas déserté les lieux, eux qui répondent présent à chacune des messes qui y sont présentées.
Malgré la vente de cette église qui s'ajoute à une liste qui s'allonge, l'abbé Hamel garde confiance en l'avenir de la religion catholique au Québec. Déjà, il constate des adaptations de la part du clergé qui augurent bien pour la suite des choses. «L'église s'adapte au vécu des gens. Au fil des années, il se peut que l'approche soit différente, que la forme change, mais le fond restera toujours le même», estime-t-il.
L'église Saint-Eugène fut érigée en 1949. À l'époque, son territoire était détaché de ceux des paroisses Sainte-Famille et Saint-Odilon.