La non-signature de son contrat d’embauche a été la goutte qui a fait déborder le vase dans le camp de Jean-François Marcouiller. Ce dernier avait déjà en tête de quitter ses fonctions en raison de sa relation avec le maire de la municipalité, Robert Gauthier.
La non-signature de son contrat d’embauche a été la goutte qui a fait déborder le vase dans le camp de Jean-François Marcouiller. Ce dernier avait déjà en tête de quitter ses fonctions en raison de sa relation avec le maire de la municipalité, Robert Gauthier.

Une autre démission à Saint-Élie-de-Caxton

SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — Un nouveau nom s’ajoute à la liste des démissionnaires récents parmi les autorités municipales de Saint-Élie-de-Caxton. Après plus d’un an à occuper le poste de directeur aux travaux publics, Jean-François Marcouiller quitte ses fonctions.

Celui qui vient tout juste de démissionner avait été engagé le 22 février 2019. Selon des règles établies, six mois après cette date, il aurait dû passer une entrevue afin d’officialiser la signature de son contrat d’embauche, si ses qualifications étaient satisfaisantes pour la Municipalité.

Or, près d’un an et demi plus tard, il n’avait toujours pas signé le document malgré de nombreuses requêtes auprès des autorités municipales de Saint-Élie-de-Caxton. Il a donc acheminé un courriel au maire, Robert Gauthier, pour lui signifier son mécontentement et lui poser un ultimatum. Soit on lui faisait signer son contrat, soit on lui demandait de quitter son emploi.

«Ne sachant pas pourquoi on ne veut pas signer mon contrat d’embauche, je me vois dans l’obligation de quitter mon emploi afin que mes compétences soient reconnues à leur pleine valeur. [...] Le 2 juillet 2020, le maire m’a rencontré pour parler du courriel envoyé le 29 juin. Il m’a clairement signifié que trois des six conseillères voulaient que la municipalité mette fin à mon emploi. Cela m’a bien fait comprendre que mon travail n’était pas apprécié», peut-on lire dans la lettre de démission de Jean-François Marcouiller, dont Le Nouvelliste a pu obtenir copie.

Par ailleurs, après son annonce, l’ancien directeur aux travaux publics n’a eu aucun retour du maire ou du directeur général du village. Seules deux des six conseillères l’ont contacté pour lui signifier qu’elles n’étaient pas en faveur de sa démission. L’une des deux a même tenté de le convaincre de demeurer à son poste.

Le maire explicitement pointé du doigt

Bien que la signature tardive de son contrat ait pesé lourd dans la balance, M. Marcouiller admet que son geste a principalement été posé à cause du maire de la municipalité, avec lequel il entretenait, semble-t-il, une relation exécrable.

«La signature de mon contrat représente l’une des nombreuses raisons pour lesquelles j’ai démissionné. Mon principal motif a cependant été mon incapacité à endurer le maire. Je n’étais plus capable de travailler aux côtés d’un homme qui outrepasse ses droits de la sorte. À la base, je n’étais même pas supposé avoir affaire au maire dans l’exercice de mes fonctions et, malgré ça, il trouvait le moyen de me rencontrer régulièrement pour me contaminer avec son négativisme», a déclaré Jean-François Marcouiller.

Il a également tenu à souligner que cette relation houleuse entre lui et Robert Gauthier n’a fait qu’empirer au fur et à mesure que le temps passait. «Au début, je n’avais aucune animosité envers lui, mais rapidement, j’ai commencé à le détester de plus en plus jusqu’à aujourd’hui. Je ne suis tout simplement plus capable de travailler avec lui», a-t-il indiqué.

L’ancien directeur aux travaux publics a même joint sa voix à celles de quelques citoyens et anciens démissionnaires, qui croient que la seule solution pour régler cette problématique serait de voir le maire quitter ses fonctions.

Questionné sur sa position face à cette récente démission, le maire de Saint-Élie-de-Caxton n’a pas voulu émettre de commentaires. Selon ses dires, il réagira uniquement lors de la prochaine séance du conseil municipal, le 3 août prochain.

Pour la suite des choses, Jean-François Marcouiller s’est trouvé un autre emploi qui n’a aucun lien avec le village pour lequel il a œuvré pendant plus d’un an. «Je n’ai donc aucun regret. Si c’était à refaire demain matin, je reprendrais la même décision», a spécifié l’ancien directeur aux travaux publics.

Rappelons que depuis l’entrée en poste du maire Gauthier, de nombreux employés et élus municipaux de Saint-Élie-de-Caxton ont quitté leurs fonctions.

Une pétition rédigée dans l’objectif de solliciter l’intervention de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, dans la gestion municipale du village avait même vu le jour en novembre dernier. Celle-ci a récolté un peu plus de 1000 signatures.

«Le développement de toute notre communauté est en jeu. Nous fondons beaucoup d’espoir que cette pétition amènera madame la ministre à intervenir pour aider Saint-Élie-de-Caxton. Les citoyens veulent retrouver leur fierté et la communauté veut redevenir le modèle qu’elle était lorsqu’elle a reçu en 2010, avec Fred Pellerin, Le Grand Prix de la ruralité», avait déclaré à cette occasion l’instigatrice de la pétition, Nicole Garceau.