David Lemire, président des producteurs de fraises du Québec et propriétaire de trois entreprises en Mauricie.

Une année qui s’annonce exceptionnelle

TROIS-RIVIÈRES — Bien rouge, sucrée et juteuse, la fraise québécoise est très recherchée par les consommateurs. Cette année, les amateurs de ce petit fruit seront comblés, car l’année 2018 s’annonce prometteuse. «À date, c’est une année vraiment exceptionnelle!», lance David Lemire, président des producteurs de fraises du Québec et propriétaire de trois entreprises en Mauricie.

En tant que troisième producteur en Amérique du Nord, après la Floride et la Californie, le Québec tire bien son épingle du jeu. La raison est simple, la fraise québécoise est très demandée. «La raison pour laquelle la fraise québécoise est aussi vendue c’est que les consommateurs la demande. Cela force les grandes chaînes d’alimentation à offrir notre produit plutôt qu’un autre. En réalité, ce n’est pas les chaînes qui décident, c’est le consommateur. Les marchés d’alimentation vont vendre ce que les clients recherchent», explique M. Lemire.

La Mauricie
La Mauricie compte 25 producteurs de fraises.«La Mauricie a un beau climat et le sol est parfait pour la culture de la fraise. Toutefois, en Mauricie ce ne sont pas des monocultures, ce sont des producteurs maraîchers. «Cette année, le climat a été plutôt sec avec beaucoup de soleil. C’est excellent pour la culture de la fraise. Nous n’avons pratiquement pas eu de maladies en raison de l’absence de pluie et nous avons été plus épargnés en Mauricie par le gel que certaines régions comme la Montérégie et Québec qui ont perdu près de 30% de leurs plantations en raison du gel», explique M. Lemire.

Sérieux problème de relève
Le principal problème des producteurs de fraises aux Québec, c’est la relève. «Je trouve que nous n’avons pas beaucoup de relève. La culture de la fraise, ce n’est pas facile. De la première semaine de juin jusqu’au 15 octobre, nous travaillons 7 jours sur 7 pendant 12 heures», raconte le producteur.

Cependant, la culture de la fraise nécessite un moins gros investissement financier au départ. «Avec 5 ou 6 acres, tu peux avoir une belle production. Nous produisons en moyenne 15 000 kg de fraises par acres. C’est très bien», souligne M. Lemire.

Bien rouge, sucrée et juteuse, la fraise québécoise est très recherchée par les consommateurs. L’année 2018 s’annonce prometteuse.

Et la main d’oeuvre?
Pour ce qui est de la main d’oeuvre, elle se fait rare au Québec. Cueillir des fraises dans les champs, ce n’est pas facile et ce ne sont pas des emplois prisés par les Québécois. De plus, c’est difficile d’embaucher des étudiants pour la cueillette, car la saison s’étend bien au-delà des vacances d’été. «Nous avons des employés qui viennent de l’extérieur du Canada. Cependant, c’est très réglementé. Nous devons afficher le poste au Québec un bon moment avant de faire appel à la main d’oeuvre externe. Si personne ne postule aux emplois, alors nous pouvons engager de la main-d’oeuvre externe», explique M. Lemire.

Au Québec, 5500 travailleurs étrangers sont engagés cette année. À la ferme horticole Gagnon dont M. Lemire est propriétaire, 26 employés proviennent du Guatemala. Ils oeuvrent à la plantation et à la cueillette.

Une aide appréciée
M. Lemire souligne que si les travailleurs étrangers ont déjà été perçus comme des «voleurs d’emplois», ce n’est plus le cas, du moins, pas chez eux. Il explique que 150 personnes sont employées dans les trois entreprises de sa famille. «Si nous n’avions pas nos 26 travailleurs étrangers, nous ne pourrions pas produire autant. Ces 26 personnes permettent aux 124 autres québécois qui travaillent chez nous d’avoir un emploi. Sans eux, nous n’aurions pas besoin de toutes ces personnes et ça, c’est bien connu et apprécié», raconte-t-il.

L’autocueillette est commencée
David Lemire invite d’ailleurs les Mauriciens à visiter les différents producteurs cet été. «L’autocueillette est commencée et il faut en profiter car elle ne dure pas longtemps», conclut M. Lemire.