Lauréanne Daneau, directrice générale d’Environnement Mauricie.

Une année «mobilisante» autour du développement durable

Trois-Rivières — L’environnement aura certainement pris une place très importante dans l’actualité en 2019. À l’aube de tourner la page sur cette année mouvementée et marquée par de nombreux débats et mobilisations politiques et citoyennes, Environnement Mauricie a dressé le bilan de cette année de bons coups dans la région, qui présage déjà une prochaine année remplie d’initiatives et de gestes pour un avenir plus vert.

«2019 a été une année où les gens ont voulu passer à l’action, une année mobilisante à plein d’égards», reconnaît Lauréanne Daneau, directrice générale d’Environnement Mauricie. L’organisme, dont une partie du mandat est d’assumer une veille environnementale régionale, est d’ailleurs bien placé pour témoigner de ces différentes réussites et des actions mises en place tant par le monde politique qu’auprès des entreprises ou des mouvements citoyens.

«De plus en plus, sur le plan politique, on sent une réelle volonté de mettre des outils et des actions en place, et que ce n’est pas l’exclusivité d’écologistes que de parler d’environnement», constate Lauréanne Daneau. Elle cite en exemple la Ville de Shawinigan, qui a, cette année, intégré le volet développement durable au sein même de son schéma d’aménagement. À Trois-Rivières, on a également fait de la politique de développement durable une politique-cadre en 2019, en plus de créer la Commission sur le développement durable et l’environnement et d’adopter le premier Plan d’agriculture urbaine. «Les décisions doivent désormais toutes se prendre à travers le prisme du développement durable. On le voit avec IDE Trois-Rivières et sa planification stratégique de développement économique, qui a mis le développement durable au cœur de ses actions», mentionne Mme Daneau, qui ajoute que la même chose se fait du côté de la MRC de Maskinongé avec Vision Maskinongé.

Environnement Mauricie a d’ailleurs profité de cet intérêt du monde politique municipal pour donner de la formation sur les changements climatiques pour le monde municipal. Outre une partie informative, l’exercice vise aussi à cibler des problématiques sur lesquelles les municipalités pourraient être interpellées, comme les inondations, la sécheresse des terres agricoles, la biodiversité, ou encore les mesures d’urgence en temps de canicule. La formation a déjà été reçue par plusieurs élus et fonctionnaires de la région et se poursuivra en 2020.

Alors qu’Environnement Mauricie est à établir un portrait diagnostic des enjeux environnementaux dans la région, un outil qui devrait sortir en 2020, l’organisme s’est fait porteur de la campagne «Roulons électrique» pour la Mauricie cette année. Trois essais de véhicules électriques ont été organisés à Trois-Rivières, Saint-Étienne-des-Grès et Louiseville, une initiative tenue également avec le déploiement de 43 nouvelles bornes de recharge à travers la région, un plus sur le plan de l’électrification des transports, note Mme Daneau.

Cette dernière salue la mise en place de l’Institut d’Innovations en Écomatériaux, Écoproduits et Écoénergies de l’UQTR, le contrat conclu entre la RGMRM et Énergir pour la valorisation des biogaz, de même que la volonté exprimée par le CNETE de Shawinigan de devenir un pilier dans le recyclage de piles pour les véhicules électriques.

Le Pôle d’expertise multidisciplinaire en gestion durable du littoral du lac Saint-Pierre, en partenariat avec l’UQTR, a quant à lui terminé sa première année en ayant enclenché divers projets d’études en synergie avec des agriculteurs à travers des projets pilotes, qui permettront d’élaborer des solutions à la fois pour l’agriculture et la santé du lac Saint-Pierre.

«Si on veut que les pratiques agricoles soient davantage durables, les producteurs ont besoin de savoir comment transformer leurs pratiques sans subir les contrecoups et les pertes de ça. C’est un bel exemple qu’on ne peut pas penser en amont une solution et l’imposer aux agriculteurs. Il faut penser avec eux et essayer avec eux, comprendre leurs réalités», mentionne Lauréanne Daneau.

Elle salue par ailleurs des initiatives comme Maski Récolte, qui aura permis d’amasser 8263 kilos de fruits et légumes cette année, évitant autant de gaspillage alimentaire, ou encore l’octroi à la Ville de Trois-Rivières de la certification Communauté bleue. Elle note aussi des initiatives du secteur privé, comme celle du Groupe Bellemare pour l’expérimentation du recyclage du verre, en partenariat avec l’UQTR.

Le projet Économie circulaire Mauricie, chapeauté par Environnement Mauricie, aura tenu son premier atelier de maillage le 6 décembre dernier, en partenariat avec Groupé, afin de faire du réseautage entre les entreprises de la MRC de Maskinongé qui œuvrent dans le domaine du bois et dont les matières résiduelles pourraient servir à d’autres entreprises. Un succès qui pourrait se répéter en 2020 dans d’autres municipalités ou MRC, croit Mme Daneau. «C’est une excellente façon de trouver des solutions de remplacement à l’enfouissement», considère-t-elle, rappelant aussi que le réseau des agents Écoleaders a été mis en place cette année, et réserve un fonds de 18,5 M$ aux entreprises québécoises qui veulent optimiser leur fonctionnement en faisant une transition verte.

Le quartier Saint-Marc de Shawinigan aura aussi eu droit à un coup de pouce vert de la part d’Environnement Mauricie en 2019, avec le projet «Sous les pavés». Face au marché public, l’équivalent de cinq cases de stationnement ont été dépavées, pour ensuite y replanter une centaine de végétaux, arbres et arbustes, faisant du coup la lutte aux îlots de chaleurs et favorisant l’écoulement des eaux de pluie. Une initiative qui pourrait se répéter en 2020, espère Lauréanne Daneau.