Le rappeur Biz est un des 53 Pythagore à avoir reçu une étoile dans la nouvelle Allée de le renommée.

Une allée de la renommée pour le 50e: pluie d’étoiles à l’UQTR

Trois-Rivières — C’était un peu comme à Hollywood, mercredi. Biz, écrivain et rappeur québécois qui s’est fait connaître au sein du groupe Loco Locass, s’est mis à genoux devant son étoile dans un corridor du pavillon Ringuet qu’il a fréquenté pendant cinq ans à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Dans le cadre des festivités de son cinquantième anniversaire, des étoiles comme celle-là, l’UQTR en a installé 53 sur les planchers de ses divers départements afin d’honorer tous ses anciens étudiants qui ont remporté, depuis 2005, un prix Pythagore. Ce prix est décerné aux deux ans, rappelons-le, à ses anciens étudiants qui se sont particulièrement démarqués dans leur carrière.

Biz, Sébastien Fréchette de son vrai nom, a fait un baccalauréat en récréologie et une maîtrise à l’UQTR sans toutefois achever la rédaction de son mémoire. «J’écrivais du rap à l’époque plus que j’écrivais mon mémoire», dit-il.

Biz s’est dit honoré de revoir, mercredi, quelques-uns de ses anciens professeurs. «L’UQTR est mon utérus intellectuel. Donc, imaginez la joie, pour un adulte, de pouvoir retourner dans son utérus», a-t-il mentionné en provoquant quelques éclats de rire. «J’ai appris à apprendre, ici. Ce que j’ai appris me sert, m’a servi dans le rap, me sert dans l’écriture maintenant et va me servir toute ma vie», souligne celui qui est également devenu auteur.

Biz avoue qu’il était heureux de pouvoir fouler à nouveau le campus de l’UQTR, même s’il est revenu plusieurs fois, au cours des dernières années, notamment avec Loco Locass. «Il y a quelque chose de très émouvant à revenir ici et de se faire reconnaître après un parcours. Le but de l’université, c’est de nous donner des munitions intellectuelles pour aller vivre notre vie. Quand j’étais ici, je ne savais pas du tout ce que j’allais faire de ma vie, mais j’ai toujours gardé avec moi, comme un sac à dos, ma formation», explique-t-il.

Au fil de ses activités professionnelles, «j’ai souvent puisé dans mon sac à dos», confie-t-il. «J’ai appris à apprendre avec des professeurs extraordinaires, de grands penseurs», dit-il.

«C’est l’époque de ma vie où j’ai le plus réfléchi», souligne le rappeur. Il compare ses longues discussions dans les bureaux de professeurs «qui ne comptaient pas leurs heures», avec «Socrate et ses disciples; Confucius avec ses élèves.»

De gauche à droite: Michel de la Durantaye, professeur associé au département d’études en loisir, culture et tourisme, Adel Omar Dahmane, doyen au décanat des études, Romain Roult, directeur du département, Marie-Josée Raymond, filleule du professeur Michel Bellefleur et Biz (Sébastien Fréchette).

L’étoile de l’Allée de la renommée et le Pythagore qu’il a reçus mercredi représentent «un temps d’arrêt pour moi. Ce n’est pas pour dire: ‘Bravo, va prendre ta retraite.’ C’est plutôt: ‘Regarde en arrière un peu qu’est-ce qui s’est passé et continue par en avant en pesant sur le gaz encore plus’», analyse-t-il.

Son ancien directeur de recherche, Michel de La Durantaye, se souvient de Biz comme d’un «étudiant exceptionnel».

Le professeur le percevait alors comme le futur Arthur Buies du XXIe siècle, un ancien journaliste et essayiste décédé en 1901 qui s’était opposé au clergé catholique. «Je suis très fier de lui», dit-il, en regrettant toutefois qu’il n’ait par rédigé son mémoire.

Parmi les personnalités les plus connues qui ont reçu un Pythagore, et donc une étoile, à l’UQTR, on compte Fred Pellerin, Mario Jean, Richard Legendre, Daniel McMahon, Daniel Gélinas et Patrick Pellerin.

Profitant de l’occasion, le département d’études en loisir, culture et tourisme, créé en 1969, il y a donc 50 ans, sous le nom de baccalauréat en récréologie, a tenu un hommage très particulier à l’un de ses bâtisseurs, le professeur Michel Bellefleur décédé en 2012. Parents et amis étaient présents à cette activité.

Les écrits du professeur Bellefleur en matière de loisirs au Québec sont toujours reconnus comme des oeuvres incontournables dans la formation des étudiants.

Une plaque commémorative en son honneur a été dévoilée, mercredi après-midi, en sa mémoire tandis que deux bourses exceptionnelles Michel-Bellefleur d’une valeur de 1000 $ chacune ont été décernées à Elsa Ramsay (baccalauréat) et Frédéric Martineau (maîtrise) qui étudient tous deux dans ce département.

Un prix d’excellence en enseignement a également été décerné à la professeure Julie Fortier.