La directrice de la Maison Carpe Diem, Nicole Poirier, entourée des ministres Marguerite Blais et Jean Boulet. On reconnaît également à droite le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Une aide de 1,5 million $ pour Carpe Diem

Trois-Rivières — Lors de la dernière campagne électorale, François Legault était venu visiter les installations de la Maison Carpe Diem, à Trois-Rivières. Celui qui est devenu depuis premier ministre du Québec avait été sensibilisé à l’approche unique de la maison auprès des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Près d’un an plus tard, deux ministres de son cabinet viennent annoncer un soutien financier de près de 1,5 million $ qui permet notamment l’ajout de dix places supplémentaires dans les nouveaux locaux de Carpe Diem, dont la construction doit commencer l’été prochain.

Sur les 1,5 million $, un financement récurrent de 650 000 $ permettra en effet la création de ces dix places supplémentaires. Ceux-ci s’ajouteront aux quatorze places déjà existantes. Alors que les besoins sont croissants pour des services aux personnes atteintes de troubles neurocognitifs, un montant de 831 000 $ est destiné à la consolidation de l’offre de services aux patients souffrant de la maladie d’Alzheimer.

«Nous allons d’abord pouvoir avec ce soutien financier accompagner davantage de personnes à domicile. Les gens veulent vivre à la maison plus longtemps et il est reconnu que la qualité de vie des proches aidants est directement liée à la qualité de vie des personnes qu’ils accompagnent ainsi que des services qu’ils reçoivent», explique la directrice de la Maison Carpe Diem, Nicole Poirier.

«À travers cette annonce, on va essayer d’innover dans les façons d’accompagner les gens à domicile. Il y aura différentes formes de répit, soit à domicile ou à la Maison Carpe Diem. On veut vraiment que ça soit un lieu sans rendez-vous pour que les gens viennent chercher de l’information, mais aussi des services concrets.»

L’annonce de l’aide financière de Québec a été faite par la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, ainsi que le ministre responsable de la Mauricie et ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

«Dans nos CHSLD actuellement, 80 % des personnes hébergées sont atteintes d’Alzheimer ou de troubles neurocognitifs majeurs. C’est une réalité au Québec. D’ici huit ans, il y aura plus de personnes atteintes d’Alzheimer que de maladie cardiaque ou de cancer», soutient la ministre Marguerite Blais qui avait de très bons mots pour Nicole Poirier.

«Elle est un modèle à travers tout le Québec. C’est la première qui a mis en place une approche tellement novatrice et qui tient compte de la personne qui vit dans un véritable milieu de vie. Ce n’est pas un milieu où on enferme la personne, mais plutôt où on la laisse respirer.»

Les investissements annoncés par Québec jeudi s’inscrivent en quelque sorte dans le projet plus global d’agrandissement de la Maison Carpe Diem. Un tout nouveau bâtiment mieux adapté aux besoins de la clientèle sera construit dans le stationnement situé derrière l’actuelle maison du boulevard Saint-Louis. Ce projet est si bien avancé qu’une première pelletée de terre est prévue l’été prochain. «L’actuel presbytère, où se trouve la maison actuelle, sera converti en maison de répit. Les 24 places d’hébergement seront dans la nouvelle construction», note Mme Poirier.

Reconnue à l’international pour l’aspect très avant-gardiste de son approche qui mise sur les forces et les capacités des personnes atteintes d’Alzheimer, la maison Carpe Diem offre de la formation jusqu’en Europe. Cette aide de Québec ainsi que la réalisation du projet d’agrandissement va permettre d’offrir davantage de formations aux intervenants d’ici, comme d’ailleurs.

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