Ce sont 57 élèves du PEI de l’École secondaire des Pionniers qui ne pourront pas partir au Nicaragua la semaine prochaine en raison des trop fortes tensions politiques dans le pays.

Un voyage annulé pour 57 élèves

TROIS-RIVIÈRES — Les tensions politiques et les affrontements qui ont cours depuis la mi-avril au Nicaragua ont des répercussions jusqu’à l’école secondaire des Pionniers de Trois-Rivières, où 57 élèves de 5e secondaire du Programme d’éducation internationale se voient contraints d’annuler leur voyage de fin d’études, dont le départ était prévu pour le 12 mai. La direction de l’école, en collaboration avec la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, a pris cette décision dans le but d’assurer la sécurité des élèves dans un contexte où les tensions sont vives dans ce pays.

Rappelons qu’une vague de contestations a été lancée au Nicaragua le 18 avril par des étudiants qui protestaient contre une décision du gouvernement de Daniel Ortega, voulant instaurer une réforme des retraites, prévoyant une hausse des cotisations et une baisse des pensions. Depuis, de nombreuses manifestations pour s’opposer à cette réforme ont mené à la mort d’au moins 47 personnes et ont fait des dizaines de blessés dans le pays. Des affrontements se déroulent pratiquement quotidiennement dans les rues de plusieurs villes.

À l’heure actuelle, le gouvernement canadien n’a pas rehaussé son niveau d’alerte aux voyageurs en ce qui concerne la situation au Nicaragua, où l’on conseille toujours aux voyageurs de «faire preuve d’une grande prudence». Mais la direction de l’école estimait qu’il n’y avait aucune chance à prendre.

«Les parents ont été rencontrés la semaine dernière. Nous leur avons exposé les faits et les parents ont bien compris. Nous avons bien évalué la situation, fait le suivi au niveau des ambassades. C’est évidemment triste pour les élèves, mais chacun a su reconnaître que c’était une décision sage et réfléchie», résume Anne-Marie Bellerose, responsable des communications pour la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Le voyage au Nicaragua, pour ces trois groupes de 5e secondaire, est en réalité partie prenante de l’obtention de leur diplôme d’études secondaires internationales, et comprend un nombre d’heures obligatoires de travail humanitaire nécessaires à l’obtention de ce diplôme. Durant les cinq années d’études des élèves de ce programme, on les prépare à ce voyage pour lequel des campagnes volontaires de financement sont également proposées.

Pour Judith Isabelle, dont la fille devait participer à ce voyage, la décision de l’école et de la Commission scolaire a été responsable et réfléchie. «Nous avons été informés régulièrement, à partir du moment où ils ont commencé à réfléchir à la possibilité d’annuler le voyage. Nous avons été convoqués à une assemblée le 1er mai, où tout a été très bien expliqué et où l’on a pu répondre à toutes nos questions. C’était très bien encadré et organisé, et il y avait aussi des représentants du Comité de solidarité Trois-Rivières. Je n’ai jamais senti qu’ils avaient pris une décision spontanée ou teintée de l’émotion du moment. Ils y sont allés avec des faits et l’ont fait pour la sécurité des élèves. Évidemment, ma fille est déçue, mais elle comprend bien la situation», note Mme Isabelle.

Des tentatives ont été faites afin de trouver une alternative à ce voyage, notamment du côté de l’Espagne, mais les trop courts délais n’ont pas permis de mener ce projet à terme, explique Anne-Marie Bellerose.

Pour le moment, la Commission scolaire et la direction de l’école s’affairent à contacter les compagnies d’assurances pour obtenir des remboursements pour annulation pour force majeure. On travaille aussi à faire en sorte que le diplôme d’études secondaires internationales puisse être délivré aux élèves, et ce, même si ce prérequis n’aura pas été complété pour des raisons hors du contrôle de l’école et des élèves.

«On a bien senti qu’ils ont tout tenté pour que les élèves ne soient pas privés de leur voyage, mais c’est complètement hors de leur contrôle et du nôtre. Dans les circonstances, personnellement, je trouve que la situation a été très bien gérée et que la décision a été prise dans le meilleur intérêt des élèves. Il faut savoir reconnaître les bons coups et moi, je suis très satisfaite du travail de l’école dans cette histoire», ajoute Judith Isabelle.