La conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure, ne s’est pas opposée à la résolution, mais a demandé à prendre la parole pour expliquer sa position.

Un vote unanime, à contrecœur

TROIS-RIVIÈRES — Un nouveau développement domiciliaire de 245 portes pourra voir le jour dans le prolongement de la rue Flamand, au sud de la rue Tebbutt à Trois-Rivières et ce, malgré que la conseillère municipale du secteur ait émis de sérieuses réserves sur l’emplacement de ce développement, qui se construira au cœur d’un milieu humide.

Le conseil municipal de Trois-Rivières a donné son aval, mardi soir, au promoteur du projet afin qu’il puisse développer de nouvelles infrastructures dans le prolongement de la rue Flamand, ce qui veut également dire qu’il pourra procéder à l’ouverture de trois nouvelles rues pour un projet domiciliaire.

La conseillère municipale du district des Forges, Mariannick Mercure, s’est rangée derrière le vote de ses collègues pour éviter de plonger la Ville dans d’éventuelles poursuites judiciaires, même si elle émet des questionnements sur l’emplacement de ce projet.

«Le projet qui nous est présenté aujourd’hui est conforme à nos règlements et est très avancé. Il est, à mon avis, impossible pour le conseil de voter en toute liberté, sans crainte de poursuites judiciaires», a-t-elle indiqué lors de l’adoption de ce règlement, où elle a demandé à prendre la parole pour expliquer sa position.

«Le milieu qui sera touché et l’aire écologique constituent en fait un seul et même écosystème et sa destruction partielle pourrait bien affecter le complexe dans son ensemble. Le projet a été approuvé par le ministère de l’Environnement, en échange de la préservation d’une partie de la tourbière qui s’y trouve. On en détruit une partie, on en protège une autre et on diminue ainsi la vitesse avec laquelle on est en train de perdre nos milieux humides», signale-t-elle.

Pour Mariannick Mercure, la science soutient que le maintien des milieux humides a de nombreux effets bénéfiques sur l’environnement, le maintien des écosystèmes, la filtration des eaux polluées et même la prévention des inondations.

La source de revenus des villes demeure au cœur du problème, ajoute-t-elle. «La principale source de revenus des villes que sont les taxes foncières nous poussent à développer toujours plus, toujours plus loin, si on veut augmenter nos revenus. En attendant une réforme du financement des municipalités, le remède réside dans une bonne dose de courage politique afin de modifier nos outils réglementaires», constate la conseillère municipale.

Ainsi, bien qu’elle ait voté à contrecoeur en faveur du projet, Mme Mercure espère que la Ville puisse désormais se pencher sur une vision de développement domiciliaire durable. «Plusieurs membres du conseil souhaitent, tout comme moi, prendre ce virage du développement domiciliaire durable. Je les invite donc aujourd’hui à se joindre à moi dans cette démarche», conclut-elle.

Maire absent

Le maire Yves Lévesque ayant annoncé, la semaine dernière qu’il partait en arrêt de travail au moins jusqu’aux Fêtes sous recommandation de son médecin, il s’agissait de la première séance régulière du conseil municipal à se tenir en son absence pour congé de maladie.

Pour l’occasion, la mairesse suppléante Ginette Bellemare a présidé la séance, un exercice qu’elle avait fait à quelques reprises depuis la dernière année, lors des absences du maire pour vacances ou indisponibilités.

Elle a d’ailleurs profité de l’ouverture de la séance pour offrir au maire Yves Lévesque ses voeux de prompt rétablissement et souhaiter son retour en pleine santé au terme de son arrêt de travail.