Mario Cossette, président de la Marina de Trois-Rivières, montre ici le navire échoué.
Mario Cossette, président de la Marina de Trois-Rivières, montre ici le navire échoué.

Un voilier échoué depuis le 15 octobre à la Marina de Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — La Marina de Trois-Rivières craint qu’un voilier de 50 pieds, laissé dans son bassin par ses propriétaires, finisse par couler au cours de l’hiver. L’administration n’arrive pas à convaincre ces derniers d’aller le faire réparer, et ce, malgré toute l’aide fournie jusqu’à présent. Elle leur donne jusqu’au printemps pour envoyer le voilier ailleurs sous peine d’une éventuelle saisie.

Cette histoire a commencé à la mi-octobre lorsque les propriétaires de ce voilier ont lancé un appel de détresse, demandant refuge à la Marina de Trois-Rivières parce que leur bateau était en train de prendre l’eau et menaçait de couler.

La Marina a donc prêté assistance au navire, mais a fini par découvrir, grâce à la Garde côtière, que le voilier en question était en fait resté échoué tout l’été dans la région de Lanoraie et qu’il avait fait l’objet de plus d’une trentaine de signalements depuis. La Marina a appris du même coup que ce type de bateau, fait de ferro-ciment, n’est pas assurable.

Or pour être entreposé dans une marina, un navire doit être assuré, explique le président du conseil d’administration de la Marina, Mario Cossette.

Lorsqu’il arrive à la marina, le navire présente une voie d’eau de même que quelques fuites secondaires. Il y a également une fuite de mazout. Les propriétaires, un homme âgé et sa fille, refusent de s’identifier auprès des autorités de la Marina, indique M. Cossette.

La Marina aura déboursé près de 6000 $ pour tenter de mettre le navire en cale sèche. Son poids est toutefois trop considérable pour la machinerie qui pourtant, peut lever 25 tonnes. La Marina n’avait, de toute façon, aucune place pour ranger le navire en cale sèche, sauf la piste cyclable.

Cette saga a retardé la fermeture de la Marina pour l’hiver, raconte M. Cossette. La direction a contacté la GRC et la police pour tenter de forcer les propriétaires à déménager leur embarcation, mais sans succès. Le navire n’a pas été enregistré au Québec et des trous dans la loi empêchent pour l’instant de le saisir, explique-t-il.

Pour lever le bateau et le mettre en cale sèche, explique M. Cossette, il faudrait louer une grue spécialisée dans les grosses charges au coût de 9000 $ et débourser à nouveau le même montant pour le remettre à l’eau. C’est sans compter les réparations qu’il devra subir. Or la valeur de ce bateau n’est que de 16 000 $. Les propriétaires ont tenté d’obliger la Marina à mettre le bateau à terre, mais ils ont été déboutés par la cour.

Une fois sur la terre ferme, le voilier serait en effet devenu la responsabilité de la Marina qui a plutôt offert d’effectuer une réparation temporaire de la veine d’eau, histoire de permettre aux propriétaires d’aller faire faire une réparation navale en bonne et due forme. Depuis, les propriétaires n’ont pas bronché, prétextant qu’ils attendent une pièce. «On leur a même dit que s’ils s’en allaient, on paierait la facture», renchérit M. Cossette.

Ce dernier n’est pas surpris de faire face à ce genre de situation. «C’est un problème mondial», actuellement, dit-il. La Marina est en procédure, en ce moment, pour tenter de sortir deux bateaux abandonnés dans ses installations. «On en détruit un par été à nos frais et on les met dans des conteneurs», raconte-t-il. Il arrive régulièrement, indique M. Cossette, que des propriétaires abandonnent leur navire lorsqu’ils deviennent malades ou que leur bateau ne vaut plus rien. «Le rêve s’effondre ou la santé lâche», dit-il.

La Marina ne pourra pas ancrer le voilier à même ses installations, cet hiver, au risque qu’il endommage ses équipements lorsqu’il coulera.

La Marina s’apprête à signer un nouveau bail avec la Ville de Trois-Rivières. En assemblée extraordinaire, il y a quelques jours, les membres ont adopté les clauses du bail, lequel était échu depuis 3 ans. Ces clauses seront présentées au conseil exécutif lundi. «Si ça passe au conseil exécutif, la signature du bail par les deux parties pourrait se faire au courant de la semaine prochaine», indique Guillaume Cholette-Janson de la direction des communications de la Ville. Parmi les points qui ont été négociés, il y a justement eu l’entreposage des navires, signale M. Cossette.

Notons que trois nouveaux membres ont été ajoutés au conseil d’administration de la Marina, soit un représentant de la Ville, un de la Corporation du parc de l’île Saint-Quentin et un de IDÉ Trois-Rivières. Cet organisme pourra d’ailleurs accompagner la Marina dans ses démarches de financement.