Jacques Raymond, l’un des derniers vétérans de la Deuxième Guerre mondiale, a rendu l’âme alors qu’il était âgé de 96 ans et 11 mois.
Jacques Raymond, l’un des derniers vétérans de la Deuxième Guerre mondiale, a rendu l’âme alors qu’il était âgé de 96 ans et 11 mois.

Un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale rend l’âme

Pierrick Pichette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Jacques Raymond, l’un des derniers vétérans de la Deuxième Guerre mondiale de la région, s’est éteint, vendredi dernier, à l’âge de 96 ans.

M. Raymond, qui s’apprêtait à célébrer ses 97 ans le mois prochain, a rendu l’âme à la suite de complications liées à la maladie. Il aura pu finir ses jours entouré de tous ceux et celles qu’il aimait.

En tant que soldat, il a entre autres pris part au débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, alors qu’il faisait partie du régiment de la Chaudière. Avec ses compatriotes et des soldats alliés, il avait notamment dû traverser la plage de Juno Beach sous les tirs des soldats allemands, avant d’escalader une falaise pour tenter de déloger l’ennemi de ses bunkers.

Ces réalisations lui avaient valu les honneurs de la filiale 204 de la Légion royale canadienne il y a presque un an jour pour jour. Cet hommage s’ajoutait alors aux nombreux autres qu’il a reçus au cours de sa vie pour sa contribution à la libération de l’Europe des mains de l’Allemagne nazie.

«Ce n’est pas facile, être fantassin, on est comme aveugle, surtout avec les moyens de communication qu’on avait à l’époque. J’ai été chanceux de m’en sortir indemne», avait-il déclaré à cette occasion.

Tout au long de sa vie, Jacques Raymond n’a jamais cessé d’être actif.

Un guerrier jusqu’à son dernier souffle

Résilient depuis sa naissance, Jacques Raymond n’a jamais laissé l’âge ralentir ses ardeurs. Jusqu’à tout récemment il jouait encore au bowling au moins une fois par semaine en plus de ne jamais reculer devant une proposition d’inspirer autrui par l’entremise de conférences au sujet de son expérience à la guerre.

«Toute sa vie, il a été extrêmement actif, il n’arrêtait jamais. Il a toujours adoré les loisirs, mais était surtout un amoureux des gens qui l’entouraient. En plus de ses exploits à la guerre, ce qu’il a réalisé avec ses conférences dans les écoles primaires et secondaires ainsi que dans les résidences pour personnes âgées est tout aussi grandiose», a témoigné la conjointe du défunt vétéran, Étiennette Munger.

Encore tout récemment, l’homme s’est entretenu avec Le Nouvelliste pour commenter le décès de son vieil ami, Jean-Paul Lebel, lui aussi vétéran de la Deuxième Guerre mondiale.

«Il y a eu beaucoup de soldats qui sont morts dans ces coupoles de mitrailleur. C’est très rare qu’un gars fasse au-dessus de 30 envolées comme il l’a fait. Mais c’était un batailleur et ça l’a bien servi. Il fallait avoir de bons nerfs pour être dans cette position-là», avait alors convenu M. Raymond.

C’est donc dire qu’il s’agit d’un deuxième ex-soldat ayant combattu lors de cet événement historique à rendre l’âme depuis les derniers mois.

Au cours des derniers mois, l’homme a même gagné son dernier combat, alors qu’il a été atteint de la COVID-19. Il s’est alors retrouvé hospitalisé pendant huit jours pour finalement recevoir son congé et compléter sa période de quarantaine. Décidément, ça allait prendre plus que cette maladie pour venir à bout d’un amoureux de la vie comme M. Raymond.