Pierre Leclerc

Un Trifluvien sauve une vie grâce au RCR

TROIS-RIVIÈRES — On ne le dira jamais assez. Le cours de réanimation cardiorespiratoire (RCR) a son utilité et on ne sait jamais quand ni où il permettra de sauver une vie. Pierre Leclerc peut en témoigner. Le Trifluvien de 74 ans a ramené à la vie une dame de 83 ans pendant ses vacances à Sunny Isles, en Floride.

«Les gens devraient se prendre en main, et pour le peu que ça coûte, ils pourraient sauver leur frère, leur mère, leur père ou un voisin», lance-t-il.

M. Leclerc se trouvait à proximité de son hôtel, le 31 janvier dernier, lorsqu’il a vu un attroupement. «Il y avait plusieurs personnes autour de la dame. J’ai demandé ce qui se passait et quelqu’un m’a répondu qu’elle devait être en arrêt cardiovasculaire», raconte-t-il.

Immédiatement, il a écarté les gens. Après avoir constaté que la dame n’avait pas de pouls et demandé d’appeler les secours, il a aussitôt commencé les manœuvres cardiorespiratoires. «Heureusement, j’avais eu mon cours et je savais ce que je faisais.» Il a poursuivi les manœuvres pendant de longues minutes, une dizaine, selon lui. Les gens autour de lui se sont mis à l’encourager. «J’ai une voisine de condo qui criait: ‘‘Lâche pas Pierre. Lâche pas’’». Finalement, la dame est revenue à elle. «Un moment donné, elle a ouvert les yeux et elle m’a souri», se réjouit-il.

Il était soulagé, surtout qu’il a lui-même dû être opéré pour un problème cardiaque au début du mois de janvier. «Disons qu’à la fin, j’avais le souffle court.»

M. Leclerc est très ému lorsqu’il raconte cette histoire. «Ça vient chercher mes émotions chaque fois que j’en parle. Je revois tout le temps la petite dame qui ouvre les yeux et qui me sourit, ça m’a marqué vraiment. Ça valait vraiment le coup.» Les secours sont arrivés et ont pris le relais. «Un ambulancier m’a amené à part. Il m’a fait l’accolade et m’a dit: ‘‘Very good job Sir’’», raconte le septuagénaire. La dame, qui est Américaine, est restée hospitalisée pendant quelques jours et elle est ensuite rentrée chez elle. Elle a tenté d’aller remercier M. Leclerc avant son départ, mais il était absent.

C’est la deuxième fois que son cours de RCR lui permettait de sauver une vie. Son premier sauvetage remonte à environ 25 ans à la salle de quilles de Trois-Rivières-Ouest où il était venu en aide à un homme d’une cinquantaine d’années. Ce nouvel épisode lui a rappelé l’importance de la formation RCR. Lui-même a suivi son cours à l’âge de 17 ans au Manège militaire de Trois-Rivières alors qu’il était cadet.

«Je me suis rendu compte que les gens sont très, très insouciants. Le cours pour sauver une vie coûte presque rien. Là, ils étaient six ou sept autour de la dame, et personne ne bougeait. C’est comme s’ils étaient tous figés. Moi, ça m’a servi deux fois dans ma vie alors ça vaut vraiment la peine. Ça peut arriver à n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. Ça aurait pu être un proche.»