Claude Villemure
Claude Villemure

Un travail de visibilité à faire au centre-ville de Shawinigan

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Les visiteurs du centre-ville de Shawinigan aimeraient beaucoup y retrouver des commerces spécialisés en alimentation, en plein air ou en mode féminine. Ils ne connaissent visiblement pas l’existence de l’épicerie de quartier Méli-Mélo, de la boucherie Lord ou des boutiques Le Yéti, Abaka ou Fait par une maman, qui offrent ces services.

Pour Claude Villemure, président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan, il s’agit certainement du constat le plus étonnant d’une consultation réalisée par l’Office de tourisme, foires et congrès, au début de l’automne, sur la perception des usagers de ce quartier commercial. Pendant une fin de semaine, 248 personnes ont été invitées à donner leurs impressions et certains commentaires font réfléchir le propriétaire de Caméléon solutions intégrées et des Ailes Buffalo.

«Beaucoup de monde ne connaît pas le centre-ville», constate-t-il. «Souvent, les gens réclament des commerces que nous avons déjà. On dirait qu’ils se tiennent seulement sur la 5e, entre Mercier et Tamarac. Ils ne sortent pas de ça et ne vont pas jusqu’aux extrémités.»

Comment expliquer ce phénomène?

«On ne se vend pas bien», tranche M. Villemure. «On veut faire une vidéo promotionnelle du centre-ville. Il faut qu’on voie davantage nos commerçants.»

Ainsi, 26,2 % des répondants souhaiteraient trouver un commerce en alimentation au centre-ville. En décortiquant les réponses, on constate que plus de quatre personnes sur dix souhaiteraient y trouver un «mini-marché public». Une belle piste de réflexion pour la RGACVS, reconnaît M. Villemure.

«Y a-t-il lieu d’établir un lien avec le marché public de Saint-Marc?», soulève-t-il. L’autre grand besoin exprimé consiste en la présence d’une épicerie fine (biologique ou végétarienne).

Après des commerces de mode, où près d’un répondant sur deux apprécierait des vêtements pour femmes, 15 % des personnes sondées aimeraient retrouver davantage de produits d’arts et de culture au centre-ville. Parmi eux, tout près de 50 % souhaiteraient pouvoir y fréquenter une... salle de spectacle.

Dans le volet plein air et loisirs, outre l’équipement sportif en général, les répondants aimeraient trouver une boutique de location de canots, de kayaks et de pédalos.

Le fait que 12,5 % des répondants citent une grande surface comme type de commerce désiré au centre-ville rend perplexe. Parmi les bannières rêvées, notons Simons, Mountain Equipment Coop, Toys R Us et... Costco.

«Des attentes irréalistes», se désole M. Villemure.

Sans surprise, seulement 9 % des répondants souhaitent plus de restaurants et de cafés au centre-ville. Par contre, il faut mentionner que ces destinations expliquent la présence des visiteurs dans ce secteur dans pas moins de 82 % des cas.

Dans sa consultation, l’OTFC établissait un indice d’attente envers certains types de commerces proposés. Le concept de marché public arrive en première place, suivi d’une épicerie de quartier (!), d’un restaurant ethnique et d’une succursale de la Société des alcools du Québec, qui a quitté la 5e Rue de la Pointe en 2011.

De façon plus générale, 59 % des personnes consultées expriment une satisfaction par rapport à l’offre commerciale actuelle au centre-ville. Les répondants sont également satisfaits de l’architecture (73 %), de la propreté des rues et des trottoirs (86 %), du mobilier urbain (79 %), de l’éclairage (83 %), de la Place du marché (83 %), de la sécurité des piétons (83 %) et des espaces verts (80 %). De plus, 70 % des répondants se disent satisfaits des décorations de saison, une surprise pour M. Villemure qui y voit plutôt une lacune, surtout pendant la période des Fêtes. À noter que samedi, le RGACVS participe à l’organisation d’activités pour souligner l’Halloween à la Place du marché.

Dans un volet moins encourageant, 75 % des visiteurs sont plutôt ou très déçus des vitrines des locaux vides. Par contre, une majorité d’utilisateurs, soit 56 %, se disent satisfaits du stationnement au centre-ville.

À venir

Le RGACVS travaille toujours sur l’organisation d’un événement festif dès 2020, autour du thème de la musique de rue. «Les dates sont décidées», glisse M. Villemure, qui ne veut toutefois rien confirmer avant l’annonce officielle.

Outre sa volonté de mieux faire connaître les membres, M. Villemure croit que le RGACVS doit s’intéresser davantage à ce qui se passe au Parc de l’Île-Melville en saison estivale. Bon an mal an, pas moins de 10 500 campeurs séjournent à environ un kilomètre du centre-ville pendant la belle saison, sans compter les 12 000 adeptes d’Arbre en arbre, qui ne font souvent que passer à Shawinigan. M. Villemure croit que les commerçants devraient ressentir davantage les bénéfices de cette manne.

«Je sais qu’il y a déjà eu une idée de navette entre l’île Melville et le centre-ville et ça vaudrait la peine d’en reparler», suggère-t-il. «Je trouve qu’on ne réagit pas assez à ceux qui passent par là.»