Michel Rheault a reçu la Médaille du souverain pour les bénévoles des mains de la députée de Champlain et ministre de la Justice, Sonia LeBel. La cérémonie a eu lieu à la salle Aubin de Sainte-Thècle, en février dernier.
Michel Rheault a reçu la Médaille du souverain pour les bénévoles des mains de la députée de Champlain et ministre de la Justice, Sonia LeBel. La cérémonie a eu lieu à la salle Aubin de Sainte-Thècle, en février dernier.

Un Thèclois reçoit la prestigieuse Médaille du souverain pour les bénévoles

SAINTE-THÈCLE — Le 8 février dernier, Michel Rheault, résident de Sainte-Thècle, recevait un grand honneur: la Médaille du souverain pour les bénévoles. Une reconnaissance pour ses nombreuses implications bénévoles, en particulier dans le soutien apporté aux victimes d’un fraudeur et sa contribution dans l’enquête qui a permis de démasquer celui-ci.

Ancien policier de la Gendarmerie royale du Canada, M. Rheault a toujours été impliqué dans la communauté où il vivait.

«Ça fait partie de mes valeurs. Je viens d’une famille de huit enfants, alors on a toujours été enclin à s’aider entre frères et sœurs. Et puis dans le domaine policier, j’étais là pour aider les personnes dans le besoin. Pour moi, c’est une seconde nature de faire ça», raconte le Saint-Titien d’origine.

La liste des implications de M. Rheault à Sainte-Thècle et dans la MRC de Mékinac est longue. Très longue. C’est toutefois le rôle qu’il a joué dans l’enquête qui a mené à la condamnation pour fraude d’Yvon Perreault, un ex-Chevalier de Colomb qui a profité de son rôle pour se prêter à une fraude de type Ponzi auprès d’une vingtaine de victimes dans la région, qui a pesé lourd dans la balance en vue d’obtenir la médaille du souverain.

«La plupart des membres des Chevaliers de Colomb sont assez âgées et beaucoup ne sont pas toujours au courant de ce genre de fraude. Le fraudeur abusait donc de leur confiance. Lorsqu’une première victime, une femme de 83 ans, s’est confiée à moi, j’ai moi-même eu de la misère à croire l’ampleur de cette fraude», relate M. Rheault, lui-même un Chevalier de Colomb.

Ce dernier a alors amorcé une série de conférences sur la fraude dans le but de permettre à davantage de Chevaliers de Colomb de reconnaître de genre de délit. Au fil de ses conférences, d’autres victimes de M. Perreault se sont confiées à lui.

«Sans le nommer, je décrivais les façons de faire de M. Perreault. Alors, d’autres personnes se sont reconnues comme étant des victimes et sont venues me voir après la conférence. Je leur ai dit que si 15, 20 ou 25 victimes venaient témoigner, ça aurait beaucoup plus d’impact en cour. C’est comme ça que j’ai pu convaincre presque chacune des victimes de témoigner», affirme Michel Rheault.

Au fur et à mesure qu’il recueillait ces témoignages, le policier a travaillé avec des contacts qu’il avait à la Sûreté du Québec (SQ) et à l’Autorité des marchés financiers. Le sergent chargé de l’enquête à la SQ fait d’ailleurs partie des personnes qui ont recommandé la candidature de M. Rheault pour recevoir la médaille du souverain.

Après plusieurs années de démarches, M. Perreault a été arrêté, puis accusé d’une vingtaine de chefs de fraude. Il a plaidé coupable et été condamné à une peine de deux ans moins un jour à purger dans la communauté, en 2017. Les Chevaliers de Colomb, quant à eux, ont remboursé les victimes, avant même que le procès ne soit terminé.

L’implication de Michel Rheault, qui avait entre-temps pris sa retraite, ne s’est toutefois pas arrêtée là. Il a continué à donner des conférences, en tandem avec un travailleur social ou un policier de Trois-Rivières, selon l’occasion, dans le cadre du programme Aîné-avisé, lancé par le Réseau FADOQ, la Sûreté du Québec et le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Lutte contre la pauvreté

Outre ces conférences, M. Rheault s’est impliqué activement dans la lutte contre la pauvreté. Un sujet qui le touche particulièrement, lui qui a été témoin de scènes désolantes découlant de la pauvreté au cours de sa carrière de policier. C’est d’ailleurs avec une certaine émotion qu’il parle du Projet Partage, qui a permis de fournir des vêtements d’hiver neufs à 129 enfants de la MRC de Mékinac venant de milieux défavorisés.

«J’ai vu des enfants avec des vêtements usés à la corde, c’est ce qui m’a beaucoup touché. Pendant qu’on coupait les étiquettes des vêtements, une des petites filles qu’on a habillée m’a même demandé si elle pouvait garder les étiquettes. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a dit : ‘’c’est la première fois de ma vie que j’ai un manteau neuf», relate M. Rheault.

Ce dernier se promet d’ailleurs de répéter cette campagne d’ici cinq ans.

Sécurité à vélo et protection des lacs

La liste des autres accomplissements et engagements bénévoles de Michel Rheault est longue. Mentionnons simplement qu’il est instructeur pour le programme Cycliste averti de Vélo-Québec, qui permet aux jeunes de se familiariser avec les pratiques et gestes sécuritaires en vélo, qu’il a fondé l’Association des riverains pour la protection du lac Croche de Sainte-Thècle, qu’il est depuis 2017 conducteur pour Opération nez Rouge Mékinac et qu’il est très impliqué dans la préservation du patrimoine religieux de la paroisse Saint-Cœur de Marie. En plus, bien sûr de ses nombreux projets au sein des Chevaliers de Colomb de Sainte-Thècle et de plusieurs autres associations.

La vie a toutefois rappelé à l’ordre cet homme qui, de son propre aveu, «roule à 100 miles à l’heure». Michel Rheault a subi une hémorragie cérébrale le 12 avril dernier. Alors que cela aurait pu lui être fatal ou le laisser avec de graves séquelles, le jeune retraité devrait être complètement remis d’ici quelques mois. À condition de se reposer un peu.

«Je prends ça comme un avertissement de la part de mon corps, philosophe-t-il. Je roule toujours à 100 miles à l’heure, alors je dois me reposer. Mais dans six mois à un an, je vais être de retour en force. J’ai plein de projets, plein d’idées en tête!»

Par ailleurs, s’il se réjouit de la reconnaissance octroyée par la Gouverneure générale du Canada, il insiste sur le fait qu’aucun des projets qu’il a démarrés n’aurait pu aboutir sans tous les autres bénévoles qui s’impliquent à ses côtés, dont son épouse Josée Croteau.

«Il faut une étincelle pour partir un feu, mais il faut aussi des brindilles pour l’alimenter, sinon, il s’éteint», illustre-t-il.