Impossible pour le moment de savoir si le conseil municipal tranchera mardi sur l’occupation du futur colisée.
Impossible pour le moment de savoir si le conseil municipal tranchera mardi sur l’occupation du futur colisée.

Un succès basé sur le hockey et l’événementiel

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — À l’approche d’une décision finale du conseil municipal de Trois-Rivières au sujet de l’occupation future du nouveau colisée, le président et chef de la direction du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, est plus que jamais convaincu que l’option du plan d’affaires proposé par les Patriotes demeure la meilleure option pour Trois-Rivières. Et si M. Lamarre estime que Trois-Rivières a entre ses mains une opportunité unique de devenir La Mecque du hockey universitaire au Canada, il n’a pas l’intention de jouer au lobbyiste auprès du conseil municipal pour faire pencher la balance du côté de l’organisation qu’il a accepté d’aider, il y a quelques mois.

«Je ne ferai pas de pression ni sur le maire ni sur les conseillers. Ce que je fais avec les Patriotes et le Lac-en-Cœur, c’est de retourner ce que je peux à ma région», lance-t-il d’emblée, en rappelant qu’il ne joue qu’un rôle bénévole dans cette organisation.

Pour le moment, on ne parle pas de cohabitation avec la ECHL comme l’avait souhaité le promoteur Dean MacDonald. D’ailleurs, il n’y aurait jamais eu de discussions entre lui et l’UQTR pour s’entendre sur une quelconque occupation des deux équipes. «Nous ne sommes fermés à aucune proposition, mais il n’y a eu aucune discussion à ce sujet», a confirmé Jean-François Hinse, responsable des relations médias pour l’UQTR.

De son côté, on sent bien que Daniel Lamarre n’est pas très ouvert à cette idée. «C’est comme demander si les Aigles de Trois-Rivières pensent que c’est une bonne idée d’avoir deux équipes à Trois-Rivières», indique-t-il, détaillant plusieurs points relatifs au plan d’affaires proposé par les Patriotes. Un plan d’affaires qui, s’il se concrétise, laisserait effectivement bien peu de place à une cohabitation possible.

Daniel Lamarre, PDG du Cirque du Soleil.

Toutefois, Daniel Lamarre est convaincu que le plan d’affaires, monté notamment par les responsables du dossier pour l’UQTR, soit Charles Nadeau et Isabelle Lavergne, a tout ce qu’il faut pour faire du colisée un succès. «Ils ont bâti un programme qui dépasse de loin juste la saison des Patriotes de l’UQTR. Ce qui va faire le succès du nouveau colisée, c’est vraiment l’événementiel. Ce qu’on oublie, c’est qu’on ne parle pas de seulement 40 événements hockey. On parle de plus d’événements hockey que ce que les Patriotes offrent actuellement, et on a des concepts qui ont été mis de l’avant et qui sont franchement intéressants. Je pense qu’il faut aussi regarder tout ce qui doit arriver dans le domaine du spectacle», signale Daniel Lamarre, confiant que l’enceinte du nouveau colisée accueillera des artistes qui ne peuvent se produire que dans des salles comme le Centre Bell ou le Centre Vidéotron.

Le maire Jean Lamarche indique, pour sa part, que cette portion du plan d’affaires devrait se déployer avec les organismes du milieu, en partenariat.

Du côté du volet hockey, le plan propose des événements qui rapprocheront les Patriotes des grandes équipes universitaires américaines de la NCAA, là où le courant pour ce niveau de hockey est de plus en plus fort, un calibre où les équipes de la Ligue nationale de hockey recrutent de plus en plus. «Moi je pense que le hockey universitaire canadien va s’inscrire dans ce courant-là, et Trois-Rivières a une chance unique de devenir La Mecque du hockey universitaire canadien. C’est pas banal. Quand j’ai accepté d’appuyer les Patriotes, c’est parce que je croyais philosophiquement à cette approche hockey-études et que ce mouvement va arriver au Canada si les universités canadiennes font preuve de dynamisme. C’est ce qui est en train de se passer à l’UQTR.»

Quant à la proposition de Dean MacDonald, Daniel Lamarre indique ne jamais avoir parlé à l’homme d’affaires et ne pas le connaître, mais n’est pas convaincu que la proposition assurera le succès dans le futur. «Pour avoir parlé à Paul Wilson des Canadiens, il est clair que pour eux, ils ont une priorité dans la vie, à part les Canadiens, et c’est le Rocket de Laval. Ce n’est pas une équipe de la East Coast League à Trois-Rivières, il faut être clair là-dessus. Moi je ne suis pas sûr, comme citoyen de Trois-Rivières, que mon ambition ce serait d’avoir deux ou trois joueurs qui appartiennent aux Canadiens, qui ne sont pas assez bons pour jouer à Laval, qui viendraient jouer à Trois-Rivières», déclare-t-il.

«Ce qui va falloir amener sur la table pour que le colisée soit un succès, c’est du hockey novateur et dans l’air du temps, et également beaucoup de spectacles pour justifier cet espace-là. Et moi je suis très optimiste dans les deux cas. (...) M. MacDonald, je suis respectueux de ce qu’il est. C’est un homme d’affaire du secteur privé, et nous sommes une institution ancrée à Trois-Rivières. Ce sont deux propositions très différentes», déclare Daniel Lamarre, insistant sur le fait qu’il respectera totalement la décision du conseil municipal, peu importe dans quel sens elle s’inscrira.