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De gauche à droite: Rosie Ouellet, stagiaire, Annie Lafontaine, enseignante en technique de travail social et Maryane Desrochers-Legault, stagiaire.
De gauche à droite: Rosie Ouellet, stagiaire, Annie Lafontaine, enseignante en technique de travail social et Maryane Desrochers-Legault, stagiaire.

Un stage qui fait du bien aux aînés [VIDÉO]

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — «Avant, le stage se faisait dans les CHSLD», raconte Annie Lafontaine. «Avec la pandémie, ce n’est plus possible.» L’enseignante en technique de travail social au Cégep de Trois-Rivières a pourtant trois stages à faire à ses étudiants au cours de leur formation de trois ans.

Alors que le monde entier est touché par la pandémie de COVID-19, comment continuer ces indispensables stages, s’est-elle demandé. «Comment se rendre utile? Comment mettre l’épaule à la roue?»

L’idée est rapidement survenue d’utiliser le téléphone pour garder contact avec les personnes âgées qui le souhaitent et qui en ont besoin. Le stage en CHSLD s’est donc transformé en un véritable centre d’appel, près de la bibliothèque, au pavillon des Humanités, où des groupes de stagiaires en travail social, supervisés par des professeurs, tendent la main virtuellement aux personnes âgées isolées socialement et qui ne peuvent plus voir leurs proches comme avant.

Il s’agit de les appeler «pour voir comment elles vont, explorer leurs besoins, mais aussi les référer vers des ressources en cas de besoin», explique Mme Lafontaine.

Les jeunes stagiaires connaissent déjà très bien les ressources à qui ils peuvent référer ces gens, selon leurs besoins.

Ces appels ne se font pas, en effet, sans une bonne préparation préalable. «On a créé des partenariats avec différents organismes communautaires. Le Centre d’action bénévole du Rivage est dans le coup avec nous de même que l’Office municipal d’habitation, les Petits frères de Trois-Rivières et la résidence privée Chartwell. Le CIUSSS MCQ fait également partie du projet», précise Mme Lafontaine. Il a d’ailleurs fourni les téléphones intelligents à tous les stagiaires pour leur permettre de faire leurs appels aux aînés.

«Le CIUSSS a ciblé des personnes à contacter pour explorer leurs besoins et vérifier, en contexte de pandémie, comment ils vont», ajoute la responsable du stage.

En tout, quelque 600 personnes âgées recevront ainsi les appels de la cinquantaine d’étudiants au projet durant 15 semaines consécutives. Les stagiaires seront à l’oeuvre à raison de quatre heures par semaine au cours de cette période.

Maryane Desrochers-Legault, qui vient tout juste d’entamer ce premier stage, indique qu’elle interviendra «si jamais on sent que la personne peut avoir besoin d’un petit coup de pouce, ça peut être des visites à domicile, la popote roulante, par exemple. Il y a tellement de ressources qui sont là», fait-elle valoir. Amorcer pareil stage, pour les étudiants, représente un certain stress, «mais c’est un bon stress. Je me sens privilégiée de faire ça pour briser l’isolement des personnes âgées», assure la jeune femme.

Les appels peuvent durer jusqu’à une vingtaine de minutes et les participants peuvent demander de recevoir un appel une fois semaine.

Rosie Ouellet, qui entame elle aussi son stage, explique qu’il y a une façon d’aborder les gens au téléphone pour les rassurer. La plupart de ces personnes ont été avisées, de toute façon, qu’elles recevraient un appel. «Elles ne sont obligées à rien. Elles peuvent refuser», fait valoir l’étudiante.

«Ça nous permet de faire un petit effort de guerre et de contribuer à tout ça», plaide Maryane Desrochers-Legault. «Pendant trois semaines de préparation, on a décortiqué ce qu’est un appel téléphonique, qu’est-ce que les gens vont vivre, quels sont les symptômes de la solitude, de la détresse autant physique que psychologique», souligne-t-elle.

«On a été très bien formé», assure Rosie Ouellet, «ce n’est pas inquiétant. On a fait des simulations et des examens. Je pense que la majorité des stagiaires se sentent prêts.»

Annie Lafontaine prévoit que la formule est là pour rester plusieurs années et prévoit que le local où les jeunes font leur stage sera insonorisé et transformé en véritable centre d’appel. «Déjà, des partenaires d’autres ressources communautaires nous ont contactés pour dire de penser à eux l’an prochain», dit-elle.

«Plusieurs ressources, avec la pandémie, ne sont pas en mesure de visiter les personnes. On pense au Centre d’action bénévole qui fait des visites d’amitié. Les gens, ça faisait une différence pour eux d’avoir une personne qui va les voir, parler, se sentir écouté et accueilli», illustre-t-elle. Or, tout cela ne se fait plus à cause de la pandémie. Le stage en technique de travail social du Cégep de Trois-Rivières permettra donc de combler autrement un vide laissé par les mesures sanitaires.